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La Huitième Femme de Barbe Bleue : l’amour vache en Blu-ray

Librement adapté d’une pièce de théâtre d’Alfred Savoir, La Huitième Femme de Barbe Bleue (1938) en est la seconde adaptation puisque la première tentative a été réalisée par Sam Wood en 1923. Peu populaire à sa sortie au cinéma, le film d’Ernst Lubitsch contient, il faut l’avouer, de nombreux éléments pouvant heurter la sensibilité d’une Amérique alors très puritaine. Une mégère non-apprivoisée L’action commence à Nice, où un Américain milliardaire nommé Michael Branson (Gary Cooper) est en quête d’un haut de pyjama et en refuse le pantalon. Il n’en faut pas davantage pour que la loufoquerie qui caractérise nombre d’œuvres…

Note de la rédaction

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Sur la bonne voie

« La Huitième Femme de Barbe Bleue » est incontournable pour les passionnés des comédies loufoques et sophistiquées. À nouveau, Ernst Lubitsch prend des risques en abordant des thèmes inappropriés pour la première moitié du XXème siècle et ne peut qu’en être félicité. La restauration aurait mérité un dépoussiérage plus poussé (sans tomber dans l’artificiel) mais est de qualité, et les bonus sont indéniablement à voir. Barème : Film ★★★ / Blu-ray ★★★★ / Bonus ★★

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Exclusivement disponible en Blu-ray sur le territoire français, « La Huitième Femme de Barbe Bleu » a récemment débarqué en Blu-Ray. Cette comédie romantique signée Ernst Lubitsch a envahi les salles sombres en 1938, et symbolise le chant du cygne du partenariat entre le réalisateur et Paramount.

Librement adapté d’une pièce de théâtre d’Alfred Savoir, La Huitième Femme de Barbe Bleue (1938) en est la seconde adaptation puisque la première tentative a été réalisée par Sam Wood en 1923. Peu populaire à sa sortie au cinéma, le film d’Ernst Lubitsch contient, il faut l’avouer, de nombreux éléments pouvant heurter la sensibilité d’une Amérique alors très puritaine.

Une mégère non-apprivoisée

L’action commence à Nice, où un Américain milliardaire nommé Michael Branson (Gary Cooper) est en quête d’un haut de pyjama et en refuse le pantalon. Il n’en faut pas davantage pour que la loufoquerie qui caractérise nombre d’œuvres du cinéaste se prouve omniprésente. En effet, la règle est formelle : il est interdit d’acheter ces pièces de tissu séparément. Si la réponse du directeur de l’entreprise au téléphone confirme que le lot est indissociable, le spectateur ne pourra que s’amuser de l’hypocrisie de ce dernier qui sort de son lit… En caleçon. La situation est sauvée in extrémis par une aristocrate dont la fortune fond à vive allure, puisqu’elle est à la recherche d’un pantalon de pyjama pour son père : le marquis De Loiselle (Edward Everett Horton). Il n’en faut pas plus pour faire naître des sentiments romantiques entre l’homme et Nicole (Claudette Colbert).

S’ensuit une période de séduction aboutissant sur une demande en mariage. Tout bascule lorsque la jeune femme découvre que son époux est par sept fois divorcé. Après quelques instants de chocs, elle se reprend en main et semble se plier sous la pression de son géniteur qui est prêt à tout pour que ce mariage arrangé ait lieu. Pour cause : la coquette somme d’argent mise en jeu n’est pas source de désintérêt dans son esprit. La lune de miel, pourtant romantique, se révèle catastrophique. Froide et distante, Nicole décide même de faire chambre à part et refuse de consommer le mariage. Afin de tenir son mari à distance, elle a recours à de multiples stratagèmes plus délicieux les uns que les autres dont un fameux baiser à l’oignon devenu culte.

La complicité du duo principal, qui s’est déjà échangé la réplique dans Sa Femme en 1931, fait des merveilles et parvient à instaurer une authenticité à couper au couteau. Tous deux s’amusent autant que le public qui se prend à rigoler de ces frasques. Les personnages (dont les secondaires) profitent d’une écriture satisfaisante sans jamais s’égarer dans la lourdeur et le trop-plein d’informations futiles. Pétillante et rythmée, cette comédie prend de gros risques puisqu’elle enchaîne les allusions sexuelles frôlant parfois le sadomasochisme.

Car oui, La Huitième Femme de Barbe Bleue mise avant tout sur la frustration du désir inabouti mais également la domestication de la femme. Cela donne naissance à une scène où, inspiré par La Mégère apprivoisée de Shakespeare, Michael s’essaye à deux approches on ne peut plus violentes pour exprimer son mécontentement. En premier lieu, il donne une claque à sa femme. En second lieu, il lui donne la fessée. La représentation d’une telle violence conjugale à l’écran serait discutable si Nicole ne ripostait pas en lui rendant la pareille dans un cas, et en le mordant dans l’autre. Non, elle se refuse d’être un objet (notamment sexuel) pour lui faire plaisir et ne sera jamais une victime. La conclusion du long-métrage est exquise tandis que le spectateur saisit l’ampleur de l’intelligence et de la ruse du protagoniste féminin qui est parvenu à ses fins. Elle sait désormais à quel point il l’aime, et est sûrement la première de ses huit épouses à pouvoir s’en vanter.

Les éditions commercialisées

La Huitième Femme de Barbe Bleue a rejoint la collection Cinéma MasterClass, aux côtés de Sérénade à trois précédemment testé. Il s’agit d’une exclusivité mondiale pour Elephant Films qui est le premier éditeur du globe à avoir acquis les droits de commercialisation de l’œuvre en haute-définition. Ainsi, le Blu-ray est désormais disponible dans un combo à la photographie colorisée, le réunissant avec un DVD actualisé. En 2006, BAC Films avait distribué l’œuvre sur cet ancien support puis réédité à plusieurs occasions. Un nouveau master a judicieusement été réalisé depuis lors.

De gauche à droite : Blu-ray (jaquette avant réversible), Blu-ray (jaquette arrière)

Test Vidéo/Audio

Présenté dans son format original 1:33 (4/3), La Huitième Femme de Barbe Bleue ne souffre pas de recadrages intempestifs pour une adaptation en 16:9. De ce fait, la définition n’est pas mise à mal et les membres inférieurs et supérieurs ne sont pas tronqués. Merci Elephant Films, puisque rien n’est plus désagréable que des gros plans zoomés et une composition ruinée.

La différence entre la qualité vidéo proposée par BAC Films et celle de cette édition Blu-ray est loin d’être quelconque ou superficielle. Le long-métrage n’a jamais été aussi bien présenté. L’image est stable et témoigne d’une finesse certaine avec un grain omniprésent mais jamais intrusif. Ce dernier n’a pas été filtré à outrance, empêchant aux textures de peaux d’arborer un aspect « plastique » caractéristique de la réduction numérique du bruit. Bien au contraire, la présentation est organique ce qui facilite la présence des détails dans les décors, vêtement et gros plans. Un soin supérieur aurait cependant pu se traduire par un nettoyage plus poussé des griffures/rayures et des points blancs. Dommage. En outre, les contrastes gagneraient à être légèrement augmentés dans le but d’augmenter la sensation de profondeur mais également de pallier à des images un peu trop pâlottes (bien que les nuances de gris demeurent plutôt convaincantes).

La partie audio comporte la langue originale et le doublage français en DTS-HD 2.0. La piste américaine a été correctement retravaillée puisqu’elle ne sature pas lors des aigus et des graves, et que les dialogues sont aisément compréhensibles. Le rendu est propre, et bien supérieur à celui de la seconde piste qui a mal vieilli en comparaison. Rassurez-vous : si elle est plus caverneuse, elle reste agréable à l’écoute. À noter que le doublage n’est pas complet, et que deux scènes sont uniquement visionnables en version originale sous-titrée français.

Test Bonus

S’il y a bien une chose à laquelle l’industrie du cinéma ne pensait pas à la fin des années 30, c’était bien de créer des suppléments pour les supports physiques ! Par conséquent, il est logique de ne pas avoir accès à un florilège de bonus dans l’ère du temps comme des scènes coupées et un making-of. Malgré tout, Elephant Films propose une interactivité convenable d’une durée approximative de 30 minutes. Le développement conduit par Frédéric Mercier vaut particulièrement le détour puisque ce dernier a heureusement suffisamment d’arguments et de charisme pour ne pas rendre le tout ennuyant.

  • Introduction (1:13 min) : le critique de cinéma pour Transfuge, Frédéric Mercier, présente brièvement les nouveaux titres du réalisateur Ernst Lubitsch rejoignant la collection Cinema MasterClass. Cette courte vidéo est présentée en préambule du menu de navigation.
  • Le film par Frédéric Mercier (26:59 min) : le professionnel aborde ce que représente La Huitième Femme de Barbe Bleue dans la filmographie et la carrière du cinéaste. Dernier projet en collaboration avec Paramount, Ernst Lubitsch était au terme de son contrat avec le studio. Une liberté créative s’offrait donc à lui, et une page importante se tournait. C’est pourtant durant cette époque qu’un grand nombre de ses classiques a vu le jour puisqu’il était au sommet de sa gloire avec ses « comédies sophistiquées ». Le critique fait ensuite part de la genèse du projet, et en analyse la scène d’ouverture avant de s’arrêter sur le film de façon plus globale. Des quiproquos, un combat (presque) sans fin entre les deux personnages principaux, la dimension animale et les motivations de Nicole sont autant de points soigneusement étudiés.
  • Galerie photo (1:31 min) : la galerie se compose de sept affiches, ainsi que d’un cliché promotionnel. Les images sont propres et de très bonne qualité.
  • Bandes-annonces : au nombre de cinq, elles mettent la lumière sur les titres ayant rejoint la collection. En haute-définition : La Huitième Femme de Barbe Bleue (1:14 min), Si j’avais un million (1:16 min), Une heure près de toi (1:21 min), Sérénade à trois (1:10 min). Quant à L’homme que j’ai tué (1:09 min), la bande-annonce est uniquement proposée en résolution standard. Il s’agit de l’unique œuvre cinématographique à ne disposer que d’une sortie DVD. Si la raison n’est pas explicitée, il est envisageable que les négatifs originaux ont été perdus ou n’ont toujours pas bénéficié d’une restauration.
  • Crédits : petit « bonus » habituel, il s’agit d’un remerciement à l’égard de tous ceux ayant travaillé sur le disque (chefs de travail, studio DVD, graphisme et encodage, etc.).
Librement adapté d’une pièce de théâtre d’Alfred Savoir, La Huitième Femme de Barbe Bleue (1938) en est la seconde adaptation puisque la première tentative a été réalisée par Sam Wood en 1923. Peu populaire à sa sortie au cinéma, le film d’Ernst Lubitsch contient, il faut l’avouer, de nombreux éléments pouvant heurter la sensibilité d’une Amérique alors très puritaine. Une mégère non-apprivoisée L’action commence à Nice, où un Américain milliardaire nommé Michael Branson (Gary Cooper) est en quête d’un haut de pyjama et en refuse le pantalon. Il n’en faut pas davantage pour que la loufoquerie qui caractérise nombre d’œuvres…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Sur la bonne voie

« La Huitième Femme de Barbe Bleue » est incontournable pour les passionnés des comédies loufoques et sophistiquées. À nouveau, Ernst Lubitsch prend des risques en abordant des thèmes inappropriés pour la première moitié du XXème siècle et ne peut qu’en être félicité. La restauration aurait mérité un dépoussiérage plus poussé (sans tomber dans l’artificiel) mais est de qualité, et les bonus sont indéniablement à voir. Barème : Film ★★★ / Blu-ray ★★★★ / Bonus ★★

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