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Mary et la fleur de la sorcière : un enchantement en Blu-ray

Lorsque le géant de l’animation japonaise a annoncé la fermeture de ses portes après avoir dévoilé Souvenirs de Marnie en 2014, la question suspendue sur toutes les lèvres était : qui va succéder à Ghibli et devenir LA nouvelle référence ? Si le studio Ponoc doit encore fait ses preuves sur le long terme pour prétendre à un tel honneur, il dispose d’un avantage certain : celui de compter parmi ses fondateurs et membres principaux Hiromasa Yonebayashi (Arrietty, le petit monde des chapardeurs) et Yoshiaki Nishimura (Le Château ambulant). Le duo d’artistes a été nommé aux Oscars par le passé et bénéficie d’un…

Note de la rédaction

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Sur la bonne voie

« Mary et la fleur de la sorcière » est pour ainsi dire une réussite pour le jeune studio Ponoc. S’il ne parvient pas à emprunter une voie inédite à Ghibli, le film d’animation est visuellement splendide et sait divertir tout en abordant des questions importantes. Les prestations techniques du Blu-ray en font une référence pour le format, et ce triomphe n’est entaché que par l’absence de bonus plus conséquents. Barème : Film ★★★ / Blu-ray ★★★★★ / Bonus ★

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Abracadabra ! La première œuvre cinématographique du studio Ponoc, « Mary et la fleur de la sorcière », est désormais disponible en Blu-ray et DVD chez Diaphana Édition Vidéo.

Lorsque le géant de l’animation japonaise a annoncé la fermeture de ses portes après avoir dévoilé Souvenirs de Marnie en 2014, la question suspendue sur toutes les lèvres était : qui va succéder à Ghibli et devenir LA nouvelle référence ? Si le studio Ponoc doit encore fait ses preuves sur le long terme pour prétendre à un tel honneur, il dispose d’un avantage certain : celui de compter parmi ses fondateurs et membres principaux Hiromasa Yonebayashi (Arrietty, le petit monde des chapardeurs) et Yoshiaki Nishimura (Le Château ambulant). Le duo d’artistes a été nommé aux Oscars par le passé et bénéficie d’un savoir-faire tiré de nombreuses années auprès de Hayao Miyazaki. Bien que Mary et la fleur de la sorcière n’ait pas explosé au box-office, ce premier essai est d’une qualité indéniable.

Mary et la fleur de la sorcière : croire en soi-même et dépasser son mal-être

Isolée temporairement dans une campagne aux allures britanniques, Mary (Hana Sugisaki) ignore comment s’occuper ; contretemps terrible pour une demoiselle aussi dynamique qu’elle. Dénuée de relations à qui elle pourrait adresser la parole, si ce n’est à sa grand-tante Charlotte (Shinobu Ôtake) et ses domestiques, l’enfant de onze ans papillonne du salon au jardin en quête d’aider son prochain. Cela n’est pas aussi évident que ça n’y paraît puisqu’elle multiple les tentatives catastrophiques de prêter main forte de par sa profonde maladresse qui lui joue bien des tours.

Sa vie prend un tout nouveau tournant lorsqu’elle fait la connaissance d’un couple de chats, Tib et Gib, qui la conduisent au sein de la forêt avoisinante. À l’intérieur, elle y fait la découverte d’une fleur rare qui ne pousse que tous les sept ans : la fleur de la sorcière. Mary s’envole alors dans une épopée extraordinaire tandis qu’elle met la main sur un vieux balais dissimulé contre un arbre, et se retrouve parmi les nuages en direction d’une école de magie baptisée Endor.

Mary et la fleur de la sorcière est un tendre récit où le personnage principal, victime d’un triste désamour envers sa personne, doit apprendre à s’aimer, à dépasser ses doutes ainsi que ses limites et à embrasser ses qualités comme ses défauts. Si les tours de passe-passe l’aident dans un premier temps à se sentir mise en avant, ce n’est pas à l’aide de ces artifices qu’elle doit avoir recours si elle désire remporter cette bataille. Il lui faut faire appel à des moyens plus organiques. Son jugement, son intelligence, son courage, sa compassion et sa ruse sont autant d’atouts qu’il lui faut mobiliser à bon escient pour s’en sortir grandie et victorieuse. Le message du réalisateur est simple : donner le meilleur de soi-même et ne jamais reculer face aux défis est l’unique manière d’avancer, de progresser dans la vie.

Désiré pour un public composé d’enfants et d’adultes, Mary traite malgré tout de thèmes assez sombres et complexes qui pourraient ne pas convenir aux plus jeunes. Certains passages sont relativement horrifiques, à l’instar des manipulations scientifiques réalisées sur les animaux (ici, critique de la biotechnologie). Aussi, bien que les clins d’œil au studio Ghibli se succèdent et que la structure ainsi que ses dessins sont proches des films de celui-ci, certains spectateurs pourraient justement regretter ce manque d’originalité empêchant Ponoc de se créer une personnalité propre. À juger à la sortie des prochaines œuvres !

Les éditions commercialisées

Depuis le 3 juillet dernier, Diaphana Édition Vidéo a rendu disponible à l’achat Mary et la fleur de la sorcière en Blu-ray et DVD. Le marchand FNAC propose quant à lui une édition exclusive qui se caractérise par un étui en carton du plus bel effet qui se déplie dans le but de faire apparaître un visuel tiré du film, mais aussi par un DVD bonus d’une durée de 37 minutes. À la rentrée, les Britanniques auront quant à eux droit à un steelbook dans lequel se trouveront des cartes illustrées et le script en anglais. Aucune piste sonore française ni même de sous-titres dans cette même langue ne sont hélas inclus.

De gauche à droite : DVD, Blu-ray, Édition Blu-ray FNAC, Steelbook + Blu-ray + Cartes + Script (Grande-Bretagne)

Test Vidéo/Audio

Que dire si ce n’est que le Blu-ray est une véritable référence visuelle pour le format ? Difficile d’imaginer ce qu’auraient été les aventures de Mary en 4K avec un mode HDR contrôlé ! En tous les cas, la galette bleue restitue les plus fins détails imaginés par les dessinateurs avec des gros plans particulièrement révélateurs et des arrières plans jonglant eux entre aquarelles et une précision à couper le souffle. Grâce à l’univers graphique du film on ne peut plus vaste, le public est confronté à des environnements multiples, splendides et travaillés (jusqu’aux tapis, murs en briques, etc.). Tandis que la vision de la mer vue du ciel est épurée, la visite de l’école regorge d’objets en tous genres et d’inventivité. Si les décors au sein de la forêt sont riches en nuances de vert, la palette de couleurs estomaque lors des « effets visuels » induits par l’utilisation de la magie. Les noirs profonds couplés aux contrastes élevés renforcent une impression de profondeur agréable, et aucun défaut de compression n’est à relever.

Quatre pistes sonores sont mises à disposition par Diaphana puisque la version originale en japonais et le doublage français sont aux formats DTS-HD 2.0 et DTS-HD 5.1. L’audio est tout aussi admirable que la qualité vidéo qu’il illustre. L’ouverture de Mary est le reflet exact de ce que les scènes épiques ultérieures seront ultérieurement avec des effets surrounds poussés et des basses fréquences marquées. Les instants plus calmes ne sont pas dénués d’intérêt puisqu’ils sont enrichis de sons d’atmosphères naturels tels que le chant des oiseaux et le mouvement sans fin de l’eau dans la fontaine d’Endor. Les dialogues sont clairs, et la musique composée par Takatsugu Muramatsu (Souvenirs de Marnie) est soigneusement retranscrite.

Test Bonus

Lorsque des œuvres cinématographiques ne sont pas mises sur le marché par le même éditeur à l’international, bien souvent des suppléments se perdent en cours de route. Mary n’est malheureusement pas une exception à la règle et son Blu-ray propose une section assez pauvre dans sa version française.

  • Entretien avec Hiromasa Yonebayashi (réalisateur) et Yoshiaki Nishimura (producteur) (13:46 min) : divisée en cinq parties, cette entrevue commence par aborder la fondation du studio Ponoc (« minuit »  en croate, synonyme d’un nouveau jour pour l’animation japonaise) suite à l’arrêt du célèbre studio Ghibli. Retour ensuite sur la conception des personnages, de l’apparence physique à leur personnalité. Mary allie ces deux points à merveilles puisque c’est une enfant complexée par sa chevelure incontrôlable. Le troisième grand temps développe la création de l’environnement. Les artistes révèlent s’être inspirés des paysages de la Grande-Bretagne dans laquelle ils se sont rendus lors de la phase des repérages. Les intervenants s’arrêtent sur la magie et la science, avant de clôturer sur les messages du film. Ce bonus est court, mais se révèle suffisamment riche en information pour être pertinent.
  • Bande-annonce (1:41 min) : disponible en version française et version originale sous-titrée français.
  • Crédits : simple fenêtre dans le menu où les participants à l’élaboration du disque sont mentionnés (éditeur, studio Blu-ray, production Blu-ray…).
  • DVD exclusif FNAC (non pris en compte dans la notation finale) (37:16 min) : la narratrice du documentaire n’est autre que l’actrice Hana Sugisaki qui prête sa voix à l’héroïne. S’il y a quelques rares redondances avec la featurette présentée ci-dessus concernant la création du studio en 2015, ce supplément est captivant et aurait mérité de figurer sur la galette bleue standard. Le spectateur y découvre des esquisses et storyboards, un extrait vidéo de l’inauguration datant du 12 février 2016 et une table ronde avec le groupe Sekai no Owari en charge de la chanson principale. En outre, le réalisateur confesse que son choix de ne pas se tourner vers l’animation numérique provient de la chaleur conférée par le dessin à la main. Après le département de création, direction l’enregistrement des voix à Tokyo où Sugisaki donne le meilleur d’elle-même afin de délivrer une prestation parfaite. Les dernières minutes se consacrent au jour du mixage de la chanson, survenu deux mois après la première apparition du groupe. Le mois de juin 2017 marque la fin de la production avec ses dernières vérifications (bruitages, équilibre du film), mais aussi les doutes de Yonebayashi.

Il est regrettable que ce dernier ne soit pas gravé sur un disque haute-définition, alors qu’il se trouve dans l’édition Blu-ray dans le cas présent. C’est une décision de la part du marchand FNAC qui peut faire grincer des dents mais qui est aussi valable pour la grande majorité de ses sorties. Le bonus est en HD aux USA, et est accompagné de deux inédits sur le territoire français : Une discussion avec Sekai No Owari, Hiromasa Yonebayashi, and Yoshiaki Nishimura (31:34 min), et une conférence de presse d’une durée de 14:18 min. À cela s’ajoutent un quart d’heure de spots publicitaires et de trailers.

Lorsque le géant de l’animation japonaise a annoncé la fermeture de ses portes après avoir dévoilé Souvenirs de Marnie en 2014, la question suspendue sur toutes les lèvres était : qui va succéder à Ghibli et devenir LA nouvelle référence ? Si le studio Ponoc doit encore fait ses preuves sur le long terme pour prétendre à un tel honneur, il dispose d’un avantage certain : celui de compter parmi ses fondateurs et membres principaux Hiromasa Yonebayashi (Arrietty, le petit monde des chapardeurs) et Yoshiaki Nishimura (Le Château ambulant). Le duo d’artistes a été nommé aux Oscars par le passé et bénéficie d’un…

Note de la rédaction

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Sur la bonne voie

« Mary et la fleur de la sorcière » est pour ainsi dire une réussite pour le jeune studio Ponoc. S’il ne parvient pas à emprunter une voie inédite à Ghibli, le film d’animation est visuellement splendide et sait divertir tout en abordant des questions importantes. Les prestations techniques du Blu-ray en font une référence pour le format, et ce triomphe n’est entaché que par l’absence de bonus plus conséquents. Barème : Film ★★★ / Blu-ray ★★★★★ / Bonus ★

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