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Première année : l’oppressant goût du savoir en Blu-ray

Dirigé et écrit par Thomas Lilti, Première année clôt la trilogie médicale du réalisateur composée de Hippocrate (2014) et de Médecin de campagne (2016). Si l’un nous envoie dans les hôpitaux puis le suivant en zone rurale, le dernier arrivant glisse le public dans la peau d’étudiants confrontés aux tant redoutés premiers mois d’entrée en médecine. Accueilli plutôt chaleureusement par la critique, le métrage est actuellement en lice pour deux Prix Lumières (Meilleur scénario et Meilleure révélation masculine) dont la cérémonie se tiendra le 4 février prochain. Première année : présentation et critique Sur les bancs de la FAC, le triplant…

Note de la rédaction

Film
Vidéo
Audio
Bonus

Bilan très positif

« Première année » est un bijou français comme on devrait en créer plus souvent. Sur fond politique, c’est avant tout l’histoire de deux amis qui s’épaulent pour ressortir victorieux d’une année charnière les rapprochant de leurs vies d’adultes. Le montage percutant sans temps mort est flatté par une galette bleue également au top de sa forme. Les bonus sont une réussite en dépit de leur petit nombre et les caractéristiques techniques remportent aisément la mention TB.

Note spectateur : Sois le premier !
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Il y a fort à parier que nombreux sont les étudiants (en médecine ou autre) à se masser la carotide entre amis avant chaque examen depuis la sortie de « Première année » sur les écrans l’an passé. Pour ceux étant passés à côté du tuyau, rassurez-vous puisque l’œuvre se trouve désormais dans les bacs français en Blu-ray et DVD.

Dirigé et écrit par Thomas Lilti, Première année clôt la trilogie médicale du réalisateur composée de Hippocrate (2014) et de Médecin de campagne (2016). Si l’un nous envoie dans les hôpitaux puis le suivant en zone rurale, le dernier arrivant glisse le public dans la peau d’étudiants confrontés aux tant redoutés premiers mois d’entrée en médecine. Accueilli plutôt chaleureusement par la critique, le métrage est actuellement en lice pour deux Prix Lumières (Meilleur scénario et Meilleure révélation masculine) dont la cérémonie se tiendra le 4 février prochain.

Première année : présentation et critique

Sur les bancs de la FAC, le triplant Benjamin interprété par Vincent Lacoste (Plaire, aimer et courir vite) est abordé par le jeune Antoine (William Lebghil) fraîchement débarqué du lycée. Au-delà d’un rapport d’entraide, c’est bel et bien une amitié qui se tisse entre les deux garçons plongés dans un univers au rythme effréné. Soutien, révisions en conciliabule et affinités sont subitement chamboulés puis remplacés par une rancœur profonde le jour où l’élève dépasse le maître. Dès lors, les enjeux des concours revêtissent une dimension relationnelle inattendue dépassant la stricte projection professionnelle.

Non ce n’est pas un documentaire. Pourtant, les 90 minutes sont d’une justesse démesurée tant elles reflètent les conditions de vie des étudiants : amphithéâtres bondés à craquer nécessitant d’abréger ses heures de sommeil, le manque d’enseignants, les longs trajets mis à profit pour réviser dans les transports en commun dans cette course effrénée à la connaissance, etc. Le système éducatif est ici pointé du doigt pour sa violence, son ombre constante oblitérant toute vie sociale et sur son fonctionnement discutable basé sur la compétition cruelle qui pousse certains à vendre des feuilles de révisions volontairement erronées. C’est une jeunesse frôlant et/ou atteignant le burn out qui doit faire face à des remises en question permanentes mais qui ne doit montrer aucun signe de faiblesse sous peine de prendre du retard et de s’enliser. Pour reprendre les propos de Thomas Lilti tenus lors de son entretien avec Le Pacte pour la sortie Blu-ray, il existe un problème de taille lorsque « votre vie entière tient à un classement sur une liste ».

Le duo formé par les protagonistes est aussi idéal pour opposer deux situations opposées. D’un côté se trouve Antoine, fils issu d’une famille d’intellectuels au père aussi implacable qu’exigeant, et de l’autre Benjamin dont les parents de classe moyenne se sentent dépassés, incapables de le soutenir alors qu’il se perd dans son obsession. Le plus jeune bénéficie des codes nécessaires à la réussite grâce à son éducation et son entourage. Dans une quasi-indifférence, il absorbe les ouvrages avec aisance, retenant ce que l’on attend de lui et suivant la route qu’on lui a tracé à ses dépens. Coup dur pour son ami passionné qui en est à son troisième essai sans jamais parvenir à le surpasser. Là est toute l’injustice des études, en particulier dans la filière médecine, où le par cœur sans substance est privilégié au dévouement du corps et de l’âme. Le rôle de Lacoste n’est pas plus bête que celui de son co-star juste moins modelé culturellement pour rentrer dans le moule.

Première année n’est pas un film parmi tant d’autres aux yeux de Lilti. Au contraire, il ressent pour celui-ci un attachement fondé sur deux raisons majeures. La première est que le scénario découle exclusivement de sa plume après s’être immergé en personne dans des lieux de transmission du savoir. En outre, si l’œuvre est, selon ses mots, la « plus intime » de sa carrière, c’est aussi car il lui a fallu surmonter les mêmes défis que ses personnages à la sortie de l’adolescence. Bien que l’aspect autobiographique soit proclamé absent, le cinéaste ne pouvait passer à côté d’une connexion affective en mettant en scène des événements le replongeant dans son propre passé. Romanesque !

Les éditions commercialisées

Sortie basique dépourvue de steelbook et d’édition collector pour Première année. Cependant, cela est loin d’être le plus important alors que Le Pacte a pris la décision de proposer le long-métrage sur le support Blu-ray. Ce remerciement à peine camouflé se justifie à l’heure où les éditeurs sont encore nombreux à se contenter de l’antique DVD à l’ère de la 4K (y compris pour l’apprécié Sauvage avec Félix Maritaud qui n’y a pas échappé). Le fourreau cartonné est une intention appréciée puisqu’il atteste le soin apporté à cette nouveauté.

De gauche à droite : DVD, Blu-ray

Test Vidéo/Audio

L’équipement mobilisé lors du tournage reste un mystère à l’instar de la résolution du master final. Quoiqu’il en soit, l’image 1080p est saine, dépourvue d’anomalies numériques comme le banding et se révèle tout simplement décoiffante de clarté et de précision. Une profondeur convaincante se maintient que ce soit lors de plans rapprochés (où les détails faciaux sont marqués sans jamais s’affranchir d’une douceur naturelle) ou d’ensemble notamment lors des scènes dans les amphithéâtres ou à la bibliothèque universitaire. Guère étonnant au vu de la richesse de ces instants presque suffocants : foule d’étudiants, de livres, d’objets et accessoires… Un challenge qui ne parvient pas à tourner le piqué au ridicule y compris lors de la splendide scène onirique.

Cette dernière offre d’ailleurs un beau de cinéma avec son utilisation du top shot effectuant un dégradé des tons chauds à froids lors d’un lent travelling. L’exécution est une réussite que le disque parvient aisément à restituer sans saccades. Le travail de post-production (étalonnage, saturation, contrastes, luminosité) a une approche réaliste en phase avec l’immersion crédible au cœur de la FAC. Difficile même de trouver quoique ce soit à reprocher aux scènes sombres qui s’en sortent avec brio.

Deux pistes audios sont ici encodées : l’une en DTS-HD 2.0, l’autre en DTS-HD 5.1. En raison de sa multitude de canaux, la seconde est particulièrement immersive. Quiconque a déjà mis les pieds dans un amphi pourra y retrouver cette atmosphère où ratures et confusion se côtoient en un semi-silence. L’audience se pense dans la pièce tandis que tous les étudiants se précipitent en direction des résultats du concours avec le vrombissement des pas résonnants dans les enceintes. Première année n’est pas dépourvu de musique puisque les compositions de LoW viennent ponctuer le récit avec dynamisme. Les dialogues sont clairs, les niveaux adaptés et le tout répond aux nécessités du film. À noter qu’une piste en audiodescription est présente en DTS 2.0.

Test Bonus

La galette ne contient pas un torrent de compléments et l’absence du casting se fait remarquer en-dehors des scènes inédites. Malgré tout, l’échange avec le réalisateur pallie raisonnablement le manque de making-of et de commentaire audio tant il est vaste et approfondi grâce aux questions pensées par Victor Lamoussière.

  • Entretien avec Thomas Lilti (29:28 min) : le cinéaste passe en revue la genèse (désir de dévoiler une jeunesse assidue) ainsi que l’élaboration du film avec son scénario, sa distribution, le processus du montage, etc. Il ne se cantonne pas à son œuvre puisqu’il est amené à partager son avis concernant le système universitaire avec ses pressions et inégalités. Intelligent et argumenté, ce supplément vaut la peine qu’on s’y attarde durant une demi-heure.
  • Scènes coupées (3:12 min) : Oxaloacetate (0:52 min), Fiches (0:41 min), Je parle pas comme ça (1:15 min) et Je suis plus fusion (0:23 min). Visionnables en sélection manuelle ou lecture automatique.
  • Bande annonce (1:55 min) : en HD.
Dirigé et écrit par Thomas Lilti, Première année clôt la trilogie médicale du réalisateur composée de Hippocrate (2014) et de Médecin de campagne (2016). Si l’un nous envoie dans les hôpitaux puis le suivant en zone rurale, le dernier arrivant glisse le public dans la peau d’étudiants confrontés aux tant redoutés premiers mois d’entrée en médecine. Accueilli plutôt chaleureusement par la critique, le métrage est actuellement en lice pour deux Prix Lumières (Meilleur scénario et Meilleure révélation masculine) dont la cérémonie se tiendra le 4 février prochain. Première année : présentation et critique Sur les bancs de la FAC, le triplant…

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Note spectateur : Sois le premier !
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