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Tulip Fever : les bourgeons d’un amour interdit en Blu-ray

Plus de dix années de développement et de remaniements ont été nécessaires afin de porter les pages de Deborah Moggach sur grand-écran. Intitulé Le Peintre des vanités, ce roman britannique publié en 1999 ne tarda pas à attirer l’attention de John Madden, alors populaire pour son Shakespeare in Love (1998) récompensé aux Oscars. Le projet tombe à l’eau jusqu’à ce que Justin Chadwick (Bleak House) reprenne le flambeau la décennie suivante en s’entourant d’une équipe prometteuse. Tulip Fever : présentation et critique Durant la première moitié du XVIIème siècle, la tulipe est la fleur la plus convoitée de toutes les strates sociales.…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Sur la bonne voie

« Tulip Fever » n’est pas aussi fleur bleue que l’audience pourrait le craindre. Malheureusement, le scénario ne parvient pas à saisir le potentiel du fondement de son intrigue et se disperse. Il est sauvé in-extremis par des prestations à saluer et une photographique efficace. La présentation est solide grâce au support Blu-ray mais l’interactivité est loin de faire des prouesses. Barème : Film ★★ / Blu-ray ★★★★ / Bonus ★

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Disponible en Blu-ray et DVD, « Tulip Fever » entraîne les spectateurs dans une aventure inspirée de faits réels où romance et commerce illégal sont étroitement liés. Ici, ambition et obsession n’ont plus de secret l’un pour l’autre.

Plus de dix années de développement et de remaniements ont été nécessaires afin de porter les pages de Deborah Moggach sur grand-écran. Intitulé Le Peintre des vanités, ce roman britannique publié en 1999 ne tarda pas à attirer l’attention de John Madden, alors populaire pour son Shakespeare in Love (1998) récompensé aux Oscars. Le projet tombe à l’eau jusqu’à ce que Justin Chadwick (Bleak House) reprenne le flambeau la décennie suivante en s’entourant d’une équipe prometteuse.

Tulip Fever : présentation et critique

Durant la première moitié du XVIIème siècle, la tulipe est la fleur la plus convoitée de toutes les strates sociales. Ces multiples variétés font l’objet d’un commerce non-autorisé se déroulant à l’abri des regards. À l’intérieur de l’auberge représentée dans Tulip Fever ont lieu des enchères où les prix ne cessent de grimper en flèche alors que la population se bat pour acquérir les espèces les plus rares. Ce marché clandestin profite particulièrement à l’abbaye St. Ursula qui cultive les pousses dans ses jardins pour mieux les revendre. C’est de cet endroit que s’extirpe la jeune Sophia Sandvoort (Alicia Vikander) alors promise à un veuf quinquagénaire prénommé Cornelis (Christoph Waltz). Présenté comme particulièrement antipathique, il ne semble avoir qu’une préoccupation en tête : celle de concevoir un héritier à qui léguer sa fortune.

Les rapports intimes du couple sont catastrophiques, et la femme n’y prend aucun plaisir. Se sentant négligée, elle se lie d’amitié avec sa femme de chambre Maria (Holliday Grainger) qui, elle, entretient une relation fusionnelle avec le poissonnier Willem Brok (Jack O’Connell). Les mois défilent et Sophia ne parvient toujours pas à tomber enceinte. Elle part prendre conseil auprès du docteur Sogh (Tom Hollander) qui ne lui est d’aucun secours. Son moral est au plus bas jusqu’à ce que son mari embauche un artiste dans le but de peindre leur portrait. Indéniable bouffée d’air frais, Jan van Loos (Dane DeHaan) est un individu séduisant, léger et romantique qui ne tarde pas à s’emparer du cœur de la propriétaire des lieux.

Parallèlement, Maria attend un bébé. Honteuse de l’avoir conçu en-dehors du cadre matrimonial, elle ne peut se résoudre à l’assumer alors que le père s’est récemment volatilisé dans la nature et que sa famille risque de la répudier. Elle conclut un pacte avec Sophia : cette dernière feindra une grossesse et confiera l’enfant aux soins de Cornelis. En proie à une envie de liberté, elle échafaude un plan avec le peintre pour s’enfuir avec lui mais c’est sans compter les péripéties qui les attendent.

La photographie est le meilleur argument de vente de Tulip Fever avec ses tableaux choyés par des décors et costumes d’époque minutieux plongeant le spectateur dans une ère révolue. Il est décevant que cette maîtrise n’ait pas davantage été exploitée puisque la ville ne semble compter qu’une avenue principale utilisée à outrance. Presque toutes les scènes en extérieur semblent y prendre place. Plus nombreux, les intérieurs contrebalancent sommairement cette impression de déjà-vu automatique probablement induite par un budget dilapidé par les cachets des interprètes.

Si Judi Dench (Philomena) apparaît comme sous-exploitée dans son rôle de l’abbesse, la tête d’affiche remplit sa part du marché avec brio. Vikander se prouve convaincante en tant que femme tiraillée entre son plaisir, son amour-propre et sa culpabilité envers son mari car elle ne parvient pas plus à faire de lui un père qu’à éprouver de l’amour à son égard. De ce fait, sa prestation est touchante lors de l’exploration psychologique de son personnage bien que légèrement ternie par une idylle subite et mal amenée. Beaucoup de sous-intrigues se lient les unes aux autres, sans jamais que l’une d’entre elles soit réellement approfondie. Ainsi, le lien l’unissant à Jan ne parait guère organique. Du jour au lendemain, ils se retrouvent dans les bras l’un de l’autre – dénudés bien souvent – et, à l’exception d’une balade sur la plage, ne partagent guère d’instants « magiques » où leur complicité donne tout son sens aux actions futures du personnage féminin.

Malgré une spéculation autour des tulipes abordée avec trop de précipitation, Tulip Fever est accrocheur. L’ennui ne se fait pas sentir lors de ces 107 minutes puisque l’intrigue est dense, ponctuée de rebondissements et dépourvue de temps mort. Il faut dire que trois ans ont été attribués au montage. Un processus anormalement long qui a probablement fait perdre de sa substance au long-métrage. En conclusion : un résultat en demi-teinte où le moins bon flirte constamment avec le meilleur.

Les éditions commercialisées

Avec seulement 8,40 millions de dollars de recettes à l’international, Tulip Fever n’a pas marqué le box-office mondial en dépit de son casting prestigieux. Si la foule ne s’est pas précipitée dans les salles obscures, TF1 Vidéo donne une seconde chance à ce film fané avant l’heure en éditant un DVD et un Blu-ray. Les boîtiers plastiques sont recouverts d’un fourreau cartonné simple, sans embossage, mais élégant. Il n’existe ni Blu-ray 4K ou steelbook et le marchand FNAC a passé son chemin quant à une exclusivité. Une sortie en toute discrétion donc.

De gauche à droite : DVD, Blu-ray

Test Vidéo/Audio

Tournée à l’aide de caméras Arri Alexa, l’œuvre dispose d’un master final d’une résolution 2K. Aux commandes de la photographie : Eigil Bryld. Le danois est connu pour avoir supervisé l’apparence de Jane (2007) et dernièrement d’Ocean’s 8 (2018), sans oublier la série télévisée House of Cards. Dans l’optique de donner vie à la vieille Amsterdam, il semble puiser son inspiration chez des peintres de renom à l’instar de Pieter Brueghel comme en témoigne ses choix d’éclairage, de mise en scène (notamment en extérieurs) et la palette de couleurs sur laquelle il s’appuie. Comprenez par-là que Tulip Fever baigne dans une large gamme de marrons, d’auburn, voire de jaunes. Dès lors, la robe bleue éclatante de l’héroïne fait presque figure de provocation. Elle vient à l’encontre de ce parti pris visuel en apportant une touche d’originalité et d’élégance, symbole de la rébellion de Sophia. Elle rejette les attentes de la société et c’est cette image que son amant garde d’elle en immortalisant son portrait.

Cette atmosphère se retranscrit par une qualité certaine au grain discret où les détails foisonnent lors des gros plans. Les visages sont complexes puisqu’ils permettent de distinguer pores, cils, barbes et ainsi de suite. Cependant, la définition est moins tranchante lors de visions plus éloignées où la basse luminosité empêche les éléments du décor de se détacher des ombres de façon optimale. Le piqué est une réussite tandis que la scène d’ouverture constituée de dessins est tout simplement splendide.

Deux pistes sonores en DTS-HD 5.1 sont accessibles. La première est le doublage français, peu recommandé car dénué de la saveur de la VO. L’audio original bénéficie d’un travail soigné avec une scène respectablement spatialisée prenant de l’ampleur lorsque les protagonistes se glissent dans les rues mouvementées. L’agitation de la foule se retrouve bel et bien via les différents canaux restituant rires, conversations, et diverses nuisances sonores. À noter que, parfois, l’ambiance sonore est un peu trop concentrée sur les enceintes frontales. Les voix sont claires et audibles.

Test Bonus

Comme souvent avec les disques gérés par TF1, l’interactivité est peu développée. Ce n’est guère étonnant puisque le studio est régulièrement en charge d’œuvres étrangères n’ayant pas imposé leur marque dans le panthéon du cinéma. Les retours financiers étant limités par un faible engouement (justifié ou non), il est plus complexe de proposer une foule de suppléments qu’il faut éditer. Sans oublier la négociation des droits selon les territoires. Bref, la galette bleue contient un unique supplément d’un quart d’heure. Les Français peuvent s’estimer heureux puisque les américains n’ont été gâtés que par une featurette de seulement quatre minutes.

  • Making of (15:33 mn) : il ne s’agit pas des coulisses à proprement parler puisqu’il n’y a que de très rares images capturées sur le tournage. À vrai dire, ce bonus coupé à la hache regorge surtout d’extraits de Tulip Fever et d’aperçus d’interview avec le casting et le réalisateur. La distribution se bouscule à travers des témoignages extrêmement succincts et peu pertinents. Ainsi, Alicia Vikander résume le film et d’autres acteurs s’attardent à présenter leur personnage respectif. Rien qui ne soit hors de portée de la compréhension du spectateur s’étant contenté du long-métrage. Un arrêt sur l’art et le commerce des tulipes au XVIIème siècle aux Pays-Bas est néanmoins intéressant bien que survolé. De plus, ces minutes présentent leurs lots de compliments en faveur de Judi Dench et de Justin Chadwick. Une note sur le compositeur Danny Elfman (Les noces funèbres) aurait été la bienvenue en vue de son statut.
Plus de dix années de développement et de remaniements ont été nécessaires afin de porter les pages de Deborah Moggach sur grand-écran. Intitulé Le Peintre des vanités, ce roman britannique publié en 1999 ne tarda pas à attirer l’attention de John Madden, alors populaire pour son Shakespeare in Love (1998) récompensé aux Oscars. Le projet tombe à l’eau jusqu’à ce que Justin Chadwick (Bleak House) reprenne le flambeau la décennie suivante en s’entourant d’une équipe prometteuse. Tulip Fever : présentation et critique Durant la première moitié du XVIIème siècle, la tulipe est la fleur la plus convoitée de toutes les strates sociales.…

Note de la rédaction

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Sur la bonne voie

« Tulip Fever » n’est pas aussi fleur bleue que l’audience pourrait le craindre. Malheureusement, le scénario ne parvient pas à saisir le potentiel du fondement de son intrigue et se disperse. Il est sauvé in-extremis par des prestations à saluer et une photographique efficace. La présentation est solide grâce au support Blu-ray mais l’interactivité est loin de faire des prouesses. Barème : Film ★★ / Blu-ray ★★★★ / Bonus ★

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