Under the Silver Lake : disparitions et tueur de chiens en Blu-ray

À l’heure où les multiples rediffusions des téléfilms de Noël pullulent sur les chaînes françaises, une œuvre étrange et morbidement loufoque trouve sa place dans les bacs. En effet, le remarqué "Under the Silver Lake" est désormais disponible en Blu-ray et DVD pour une enquête pas comme les autres. Le cadeau idéal à glisser sous le sapin ?

Quatre ans se sont écoulés depuis la sortie du slasher de David Robert Mitchell intitulé It Follows. Le cinéaste signe cette année son retour avec Under the Silver Lake pour lequel il endosse à nouveau la double casquette de réalisateur et scénariste. Bien que le long-métrage ne fasse pas l’unanimité à cause de son histoire farfelue, il fut distingué par le festival de Cannes en 2018 où il entra en compétition afin de décrocher la Palme d’Or.

Under the Silver Lake : présentation et critique

Ne croyez pas un instant que la Cité des Anges n’est que gloire et paillettes. Pour quelqu’un comme Sam (Andrew Garfield), la vie à proximité du panneau Hollywood signifie solitude, oisiveté, débauche et difficultés à joindre les deux bouts. Contrairement à ce qu’il laisse penser à sa mère à chaque appel téléphonique, le trentenaire n’a pas d’emploi et ses journées consistent à épier ses voisines dénudées autour de la piscine ou chez elles à l’aide de jumelles. Pas du tout inquiétant n’est-ce pas ? Pourtant, sa rencontre avec la dénommée Sarah (Riley Keough) va bouleverser sa vie lorsque, paré pour leur rendez-vous le lendemain, celle-ci s’est volatilisée. S’ensuit une enquête effrénée où surprises, frissons et confusion s’enchaînent. Parviendra-t-il à retrouver sa trace tandis que morts et conspirations hantent les rues de Los Angeles ?

Plus tôt cette année, Ready Player One de Steven Spielberg s’est fait remarquer par ses indénombrables clins d’œil à la pop culture musicale et au 7ème art. Le film noir halluciné Under the Silver Lake poursuit cette même trajectoire : cadrages à la Alfred Hitchcock (Psychose), références à David Lynch (Mulholland Drive), Darren Aronofsky (Requiem for a Dream) et tant d’autres. Même les jeux vidéo ont droit à leur moment de gloire à l’instar de la franchise The Legend of Zelda qui est indispensable à l’enquête menée par le nerd. Alors que le premier se déroule dans un monde futuriste (avec pelles d’effets spéciaux), Mitchell propose, lui, un long-métrage contemporain 300% mindfuck où les genres cinématographiques s’entremêlent sans cohérence. Si ce n’est dans l’esprit tordu du personnage principal paranoïaque bien entendu dont la vie et ses issues ne sont déchiffrables qu’à l’aide d’un hobo code. Trouver sa voie n’est pas une évidence pour tous, en particulier dans une ville labyrinthique où des individus las s’enterrent vivants dans l’optique d’échapper à cette société de consommation consumée par l’image.

L’un des points forts de l’œuvre est son imprévisibilité. Il est impossible de prédire ce qui va arriver la minute suivante tant les rebondissements (souvent sans queue ni tête) se suivent mais ne se ressemblent pas. Difficile également de ne pas songer à Alice Au Pays des Merveilles de Lewis Carroll : tout le monde est cinglé là-dedans ! Se pose alors la question de ce qui relève de la réalité ou du mirage. Exercice complexe que d’y répondre. Et ne comptez pas sur la conclusion pour apporter un éclairage ! Le public reste dans le noir complet avec pour débat : et si le but de l’existence n’était pas de trouver les réponses à toutes nos interrogations mais simplement de se forger une raison d’être ?

Bien sûr, certains spectateurs lui préféreront un cinéma plus terre-à-terre avec une construction davantage standardisée. Il n’empêche que le déroutant Under the Silver Lake vaut le coup de s’y arrêter armé de pop-corn ne serait-ce que pour ses performances aussi crédibles que le scénario le rend possible et pour sa mise en scène fracassante. Une curiosité dopée aux névrosés comme l’on en fait trop peu malheureusement !

Les éditions commercialisées

Le Pacte fait dans la simplicité en proposant un DVD simple ainsi qu’un Blu-ray. Pas de steelbook ni même d’une édition exclusive FNAC qui aurait pu intégrer la pétillante bande originale ne sont au programme. Malgré tout, les collectionneurs se consoleront par la présence d’un fourreau cartonné brillant magnifiant du film.

De gauche à droite : DVD, Blu-ray

Test Vidéo/Audio

La résolution du master final de Under the Silver Lake tourné à l’aide de caméras Arri Alexa Mini est inconnue. Néanmoins, on ne peut qu’applaudir la photographie dirigée par Mike Gioulakis dont l’œil expérimenté a déjà contribué à l’atmosphère visuelle de Split (2016). La bonne nouvelle est que le Blu-ray est techniquement excellent. Les images débordent d’une vitalité à toute épreuve grâce à des couleurs primaires acidulées ponctuant des tons d’un naturel à couper le souffle (y compris la carnation des personnages saturée avec soin). En outre, les contrastes aidant, la profondeur omniprésente tout du long de ces 150 minutes est renforcée lors des rares passages animés en noir et blanc qui ne manquent pas de rappeler les visionnages 3D.

La précision est donc à couper au couteau que cela soit au niveau des plus infimes détails (illustrations des magazines, peaux, pilosité, textiles) ou du découpage des silhouettes/objets. La qualité vidéo ne manque jamais le coche même lors des situations plus périlleuses comme la scène de nuit, dans le lac, dénuée de noirs bouchés ou de l’affligeant phénomène de banding. Il n’y a tout simplement rien à redire si ce n’est que Le Pacte s’est surpassé en proposant un encodage au meilleur de sa forme.

Les efforts apportés à cette sortie physique ne s’arrêtent pas là puisque l’audio est aussi irréprochable. Trois pistes sont fournies : une audiodescription en DTS 2.0, ainsi que le doublage français et la langue originale en DTS-HD 5.1. Cette dernière a exactement le punch qu’on attend d’un film accordant tant d’importance à la musique. Les chansons qui y figurent sont énergiques, agréables à l’écoute, sans déformation notable et c’est sans parler des compositions originales de Rich Vreeland (aka Disasterpeace). Elles permettent de retranscrire efficacement l’ambiance tendue et mystérieuse qui rythme l’avancée du protagoniste. De qualité, aucune d’entre elles ne manque de personnalité ou sonne fade. Les voix sont quant à elles claires et prioritisées, tandis que l’apport des multiples canaux est non-négligeable. Point pouvant gêner certains spectateurs : la présence de sous-titres non-optionnels accompagnant la VO.

Test Bonus

L’éditeur n’a tristement pas ajouté de suppléments à la galette bleue. Il n’est cependant pas à blâmer puisque l’Allemagne ne fait guère mieux d’après le listing Amazon, c’est-à-dire un trailer et une jaquette réversible. À croire qu’un making-of par exemple n’a jamais été d’actualité lors du tournage. Les plus curieux n’ont d’autre choix que de se tourner vers divers entretiens tenus dans la presse lors de la phase de promotion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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