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1987 : When The Day Comes, souvenirs de dictature

CRITIQUE FILM – Après le cultisime « Save the Green Planet » et « Hwayi : A Monster Boy », le cinéaste Jang Joon-hwan revient avec « 1987 : When The Day Comes » qui traite à son tour de l’année charnière dans la lutte contre la dictature en Corée du Sud. Une histoire méconnue en France mais d’actualité.

En France, on ne connaît pas forcément la période dictatoriale vécue en Corée du Sud. Pourtant, celle-ci est des plus récentes. En 1963, Park Chung-hee instaura une dictature qui dura plusieurs décennies. Après son assassinat (en 1979), Chun Doo-hwan prit sa succession, marquée en mai 1980 par le soulèvement de la ville de Gwangju. Durant des années le gouvernement procédait à des arrestations sous prétexte de lutter contre le communisme nord-coréen, et torturait de nombreux innocents. Plusieurs œuvres ont traité de cette période sombre. L’année dernière, le festival du film coréen à Paris la mettait d’ailleurs en lumière avec des films comme A Taxi Driver et National Security. 1987 : When The Day Comes, qui revient sur la dernière année de dictature du pays, y aurait alors eu une place toute trouvée s’il était sorti à temps. Finalement, c’est pour cette année que le film a été programmé au festival, quelques jours seulement après les élections brésiliennes qui ont vu Jair Bolsonaro l’emporter – connu pour sa nostalgie de la dictature militaire de 1964-1985.

Et alors que l’année dernière, la présidente Park Geun-hye se voyait destituée et reconnue coupable de corruption et d’abus de pouvoir, 1987 : When The Day Comesune importance évidente. Car dedans, le réalisateur Jang Joon-hwan, connu pour le culte Save the Green Planet et Hwayi : A Monster Boy, présente les rouages qui auront permis au peuple de se soulever pour mettre un terme au régime.

Du cinéma instructif et de qualité

C’est par la mort de Park Jong-chul que le film débute. L’étudiant avait été arrêté et est décédé sous la torture. Les autorités tentèrent alors de couvrir l’affaire, allant jusqu’à conclure à une crise cardiaque… À 22 ans. Mais tandis que le jeune homme aurait pu être une victime parmi d’autres, envoyée au crématorium sans que la moindre autopsie ne soit effectuée, il faudra l’intervention presque hasardeuse d’un procureur, refusant de signer les papiers d’autorisation. À partir de là, les choses vont s’accélérer grâce à l’intervention de la presse et à quelques rares officiers de prisons intègres, ainsi que d’une poignée de résistants.

Plutôt que de se focaliser sur un personnage principal, le cinéaste fait le choix de faire graviter une série de personnages autour du jeune homme décédé. On assiste alors au défilé des comédien.ne.s les plus en vogue du moment (Kim Tae-ri de Mademoiselle, Kim Yoon-seok de The Chaser, Ha Jung-woo de Tunnel, Kang Dong-won d’Ilang…). Mais aucun ne vole la vedette aux autres. Park Jong-chul trouvant là le juste équilibre. Un équilibre ressenti également dans l’évolution de son récit. Pour le moins linéaire, il trouve certaines astuces pour éviter de perdre le rythme. Chose peu évidente lorsqu’on fait le choix de traiter au mieux de l’ensemble de cette période. Ainsi, en laissant un temps de côté le procureur et la presse pour évoquer la montée des manifestations étudiantes, tout en filmant en parallèle l’emprisonnement de deux coupables désignés comme boucs émissaires, le film ne cesse de captiver sans pour autant nous perdre.

Sa mise en scène, réaliste et au plus près des événements allant évidemment dans ce sens. Tandis qu’au sein de chaque partie, le cinéaste parvient à adopter des variations de ton et de genre suffisamment subtiles pour offrir un nouveau souffle au film. Seul aspect dommageable, la partie plus romantique entre Yeon-hee (Kim Tae-ri), jeune nièce d’un gardien de prison qui s’amourache d’un étudiant engagé. Avec eux, 1987 : When The Day Comes vire dans ses dernières minutes dans le drame larmoyant trop appuyé, desservant ainsi les qualités de réalisation de Park Jong-chul jusque-là. Pas de quoi impacter, heureusement, l’émotion et les frissons ressentis devant le soulèvement d’un peuple dont les souffrances sont désormais palpables.

 

1987 : When The Day Comes de Park Jong-chul présenté lors du 13e festival du film coréen à Paris du 30 octobre au 6 novembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

En France, on ne connaît pas forcément la période dictatoriale vécue en Corée du Sud. Pourtant, celle-ci est des plus récentes. En 1963, Park Chung-hee instaura une dictature qui dura plusieurs décennies. Après son assassinat (en 1979), Chun Doo-hwan prit sa succession, marquée en mai 1980 par le soulèvement de la ville de Gwangju. Durant des années le gouvernement procédait à des arrestations sous prétexte de lutter contre le communisme nord-coréen, et torturait de nombreux innocents. Plusieurs œuvres ont traité de cette période sombre. L’année dernière, le festival du film coréen à Paris la mettait d’ailleurs en lumière avec des…

Conclusion

Note de la rédaction

"1987 : When The Day Comes" est propre dans son traitement et se laisse porter par un sujet historique majeur, forcément émouvant.

Note spectateur : 0.7 ( 2 votes)
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