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Chanson douce : tragique abus de confiance

AVIS / CRITIQUE FILM – L’adaptation tant attendue (et un peu redoutée) du livre choc de Leïla Slimani est une réussite sobre, prenant ses formes de thriller à l’issue tragique. Une histoire d’abus de confiance et de jalousie maladive, dénuée de toute morale.

Un fond noir sur lequel s’affichent lentement la liste des partenaires financiers, tel est le début du film de Lucie Borleteau, l’adaptation du Prix Goncourt 2016, Chanson douce. Mais d’emblée, quelque chose cloche : c’est dans le son. En fond musical, une petite mélodie, pour enfant, se dévoile crescendo. Une particularité de celle-ci nous arrache peu à peu de notre enfance, une espèce de dissonance inquiétante, presque horrifique, qui vient briser tout l’enchantement de départ.

Borteleau (Fidelio, l’Odyssée d’Alice) débute son travail d’adaptation dans les règles de l’art : Myriam et Paul (respectivement interprétés par le duo fusionnel Leïla Bekhti et Antoine Reinartz) sont présentés comme dans le livre. C’est un couple parisien et amoureux, mais débordé par deux enfants en bas âges. Une épreuve de tous les jours qui pousse Myriam à rester à la maison. « J’étouffe » souffle t-elle. Mais heureusement, un « ange » presque tombé du ciel vient les sauver du naufrage, une nounou… aux apparences trompeuses. Elle s’appelle Louise (une Karin Viard qui s’éclate à l’écran, malgré la noirceur de son personnage) et son arrivée dans le foyer bouleversera la famille – elle y amène désir, méfiance et angoisse.

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© Studio Canal

Madame tout-le-monde

Dans la lignée des (plus grandes) productions télévisuelles, qu’on le veuille ou non, Chanson douce est traversé par un certain classicisme. Concentrée sur l’élaboration de la psyché de ses personnages, Borteleau ne s’attache presque pas à la dimension visuelle de son film, si bien que, malgré toute l’attention portée sur la mise en place des décors, des habitudes (Louise qui emmène les enfants au parc, le retour des parents le soir après une rude journée de travail), le film souffre d’une incapacité à réellement nous surprendre. À vrai dire, Chanson douce est avant tout un film reposant principalement sur son scénario, sur les thématiques, la forme y est laissée de côté.

Mais en ce qui concerne le déroulement de péripéties, le long métrage ne décevra pas les lecteurs du livre d’origine (pour les autres spectateurs, cela reste à voir). Viard incarne à la perfection ce personnage au charisme glacial, tranchant, ultra nuancé. Avec Louise, tout peut basculer en une ligne de dialogue, le moindre faux bond peut être fatal. Avec Louise, le couple reprend des couleurs, ré-apprend à s’aimer, à se désirer.

Dès son entrée dans le foyer familial jusqu’à commettre l’irréparable (la fin tragique qui demeure, il faut bien l’avouer, l’argument « vendeur » du projet), Louise fascine, autant qu’elle terrifie. De là, intervient l’imagination du spectateur, sur le passé trouble de cette femme. Tout d’un coup, on cherche à réellement savoir pourquoi elle a fait ça, on cherche à y desceller une morale, pourtant inexistante. Quoiqu’il en soit, on réfléchira désormais à deux fois avant de confier nos enfants à quelqu’un…

 

Chanson douce de Lucie Borleteau, disponible le 27 novembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Un fond noir sur lequel s'affichent lentement la liste des partenaires financiers, tel est le début du film de Lucie Borleteau, l'adaptation du Prix Goncourt 2016, Chanson douce. Mais d'emblée, quelque chose cloche : c'est dans le son. En fond musical, une petite mélodie, pour enfant, se dévoile crescendo. Une particularité de celle-ci nous arrache peu à peu de notre enfance, une espèce de dissonance inquiétante, presque horrifique, qui vient briser tout l'enchantement de départ. Borteleau (Fidelio, l'Odyssée d'Alice) débute son travail d'adaptation dans les règles de l'art : Myriam et Paul (respectivement interprétés par le duo fusionnel Leïla Bekhti et Antoine…

Conclusion

Note de la rédaction

Fidèle au livre d'origine, "Chanson douce" est une adaptation qui se laisse apprécier sans broncher. À défaut d'inventer et de profiter de ce que le cinéma peut offrir.

Note spectateur : Sois le premier !
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