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Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile : Zac Efron en Ted Bundy sur Netflix

CRITIQUE / AVIS FILM – Joe Berlinger n’en a pas fini avec Ted Bundy. Après son docu-série sorti sur Netflix en début d’année, il revient sur la plateforme de streaming avec « Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile », un biopic qui présente Zac Efron dans la peau du tueur.

Les criminels sont à la mode. Et Netflix n’y est pas pour rien dans leur omniprésence. Plusieurs documentaires se sont occupés de disséquer les méfaits les plus horribles, pour satisfaire la curiosité légèrement mal placée d’une audience demandeuse de sensations fortes. En début d’année, Ted Bundy, prolifique tueur à la personnalité sulfureuse, était l’objet d’étude du docu-série Ted Bundy : autoportrait d’un tueur. La promesse était un peu différente de d’habitude puisque Joe Berlinger, son réalisateur, s’appuyait sur les témoignages audio du bonhomme pour agrémenter son exploration de sa trajectoire macabre. Belle gueule, répartie fulgurante et intelligence indéniable, Bundy avait tout pour lui. Jusqu’à une brillante carrière d’avocat qui se profilait à l’horizon. Mais au lieu de devenir une star du barreau, il embrassa ses instincts les plus sombres.

La précédente tentative de Berlinger sur le sujet (dont nous vous parlions à sa sortie) n’a pas été une époustouflante réussite. Complet et didactique, le docu-série n’arrivait pas à capitaliser sur les enregistrements captés depuis la prison. On vous recommande néanmoins de vous tourner vers lui si vous méconnaissez totalement le sujet et que vous cherchez à comprendre de A à Z l’histoire de Bundy. Pour les initiés, pas de quoi sauter au plafond. Le film Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile réussira-t-il à les emballer ? Là est toute la question.

La promesse ce coup-ci est une affaire de point de vue. Tout a déjà été raconté en long, en large et en travers. Berlinger choisit alors de s’intéresser à Liz, sa petite-amie, campée par Lily Collins. Mère célibataire, elle rencontre le bellâtre lors d’une soirée dans un bar. Directement sous son charme, elle entame une relation sérieuse avec. Pourquoi s’en méfier ? Il prépare le petit-déj, sait se montrer à l’écoute de sa fille et ne profite pas d’elle. L’idée du metteur en scène est de voir l’histoire à travers ces yeux de femme qui refuse de croire ce que disent les médias. Berlinger trouve une fenêtre de tir mince pour raconter son histoire avec ce petit goût d’inédit en infiltrant la sphère intime. Le traitement de Bundy dépend donc de comment Liz le voit. Puis, à mesure qu’il gagne en influence sur elle, le tueur reprend le pas sur la narration, accaparant l’attention de la caméra. Durant son enfermement et le procès, Liz devient quasiment absente du récit, subissant le battage médiatique depuis chez elle, quelques verres pour l’aider.

Ce basculement de point de vue est particulièrement bien vu de la part de Berlinger pour dépeindre comment cet homme, vif d’esprit, pouvait prendre le dessus dans son propre intérêt. Le film devient ensuite le récit de l’épisode du procès largement médiatisé à l’époque. Les femmes se ruaient pour voir de près le monstre, les caméras du pays étaient braquées sur le déroulé du jugement. Ted Bundy s’est donné en spectacle, rejetant son avocat pour se défendre par lui-même, persuadé de pouvoir gagner.Cette partie du film, bien que fidèle aux faits, est bien moins intéressante que ce qui la précède à cause justement des images captées à l’époque par la télévision. Berlinger ne fait que répéter, paraphraser, surligner le traits de caractères de Bundy. Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile a le désavantage de passer après le docu-série qui évoquait longuement le déroulé du procès. Le réalisateur n’arrive pas par sa mise en scène à apporter un éclairage nouveau.

Encore une fois, tout dépend de votre niveau de connaissance sur le sujet. Les initiés n’y verront qu’un intérêt limité, quand les néophytes seront fascinés par le charisme du personnage, bien servi par l’interprétation de Zac Efron, dont le pouvoir de séduction est indéniable. Lui est totalement dévoué à la cause. Derrière son beau sourire, il restitue grâce à de belles dispositions l’ambiguïté de cette figure. Avec pour apothéose cette scène finale, au parloir, où toute la monstruosité du personnage ressort sous les yeux de Liz. Ceux qui ne seront pas surpris par le contenu du film y verront au moins un acteur y accomplir une performance de grande qualité. Une de ses plus belles prises de risque depuis qu’il s’est échappé des comédies pour adolescents.

Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile, de Joe Berlinger, sur Netflix le 3 mai 2019. Ci-dessus la bande annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Les criminels sont à la mode. Et Netflix n'y est pas pour rien dans leur omniprésence. Plusieurs documentaires se sont occupés de disséquer les méfaits les plus horribles, pour satisfaire la curiosité légèrement mal placée d'une audience demandeuse de sensations fortes. En début d'année, Ted Bundy, prolifique tueur à la personnalité sulfureuse, était l'objet d'étude du docu-série Ted Bundy : autoportrait d'un tueur. La promesse était un peu différente de d'habitude puisque Joe Berlinger, son réalisateur, s'appuyait sur les témoignages audio du bonhomme pour agrémenter son exploration de sa trajectoire macabre. Belle gueule, répartie fulgurante et intelligence indéniable, Bundy avait tout…

Conclusion

Note de la rédaction

Joe Berlinger trouve un angle d'approche intéressant mais ne sait élever son film dans sa seconde partie, plus classique.

Note spectateur : 2.8 ( 1 votes)

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