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#Female pleasure : halte aux préjugés contre les femmes !

CRITIQUE / AVIS FILM – « #Female Pleasure », réalisation de Barbara Miller, montre le long chemin qu’il reste encore à parcourir pour que les femmes du monde entier ne subissent plus les violences et aient droit au plaisir.

On se souvient toutes et tous du discours enflammé de Houda Benyamina en recevant la Caméra d’Or au Festival à Cannes en 2016 pour son film Divines. Elle avait alors interpellé le Délégué Général de la Quinzaine des Réalisateurs en lui disant « Tu as du clito !« . Par ce cri du cœur, elle avait osé prononcer fièrement et pour la première fois sur une scène internationale un mot encore tabou : clitoris. #Female Pleasure, c’est aussi un cri du cœur poussé par la réalisatrice Barbara Miller, pour permettre une prise de conscience absolument indispensable de ce qui se joue pour les femmes dans le monde en matière de violences et de sexualité.

Ce documentaire puissant donne ainsi la parole à cinq femmes qui dressent un bilan plutôt terrifiant des difficultés pour les femmes à disposer de leur corps et dénoncent des faits qu’elles ont elles-mêmes vécu. Toutes s’interrogent sur cette peur du plaisir féminin qu’ont manifestement les hommes dans certains pays et dans certaines communautés religieuses. Mais elles ne se contentent pas de parler de leurs expériences ou de s’interroger, elles sont proactives et apportent aussi des solutions pour changer les mentalités et les regards, parfois au péril de leurs vies. Cinq combattantes courageuses qui ont osé partir, briser le mur du silence et se reconstruire.

Critique #Female pleasure : halte aux préjugés contre les femmes !

Ces témoignages mettent ainsi en exergue une société encore soumise aux contraintes patriarcales, qu’il s’agisse des représentants des religions, des gouvernements ou des traditions ancestrales. Comment ne pas être choqué que circulent encore, au XXIème siècle, les mêmes préjugés imbéciles proclamés par des hommes depuis des millénaires pour culpabiliser les femmes à propos de leur soi-disant impureté pendant leurs règles ou du désir qu’elles inspirent ? Que de prétextes pour cacher leurs corps, les priver de parole, les agresser, les exciser ou leur interdire la jouissance !

Un combat pour sortir les femmes de l’obscurantisme dans lequel elles sont maintenues

La réalisatrice suit donc l’Américaine Deborah Feldman, issue d’une communauté hassidique, et l’Allemande Doris Wagner, ancienne religieuse. Ces deux femmes ont toutes deux publié un livre racontant ce que subissent les femmes au sein de communautés très pratiquantes et comment elles ont eu le courage d’en partir. Toutes deux dénoncent ainsi le tabou du viol, qu’il s’agisse de celui commis par un mari choisi par la communauté ou de celui commis par des prêtres. Le pire de ces histoires est évidemment que ces actes se perpétuent avec l’ascendant d’autres femmes, qui prennent part au système sans parfois même imaginer qu’elles pourraient le remettre en question.

Critique #Female pleasure : halte aux préjugés contre les femmes !

Tout comme les nombreuses femmes musulmanes, qui continuent à faire exciser leurs propres filles, ce que dénonce Leyla Hussein, Londonienne d’origine somalienne qui parcoure le monde pour (r)éveiller les consciences. Sa démonstration de l’excision sur un sexe en pâte à modeler faite devant de jeunes hommes musulmans est particulièrement édifiante. Enfin, la réalisatrice évoque ces pays où il est encore interdit de parler de sexualité féminine. Elle suit l’artiste japonaise Rokudenashiko, qui moule ses organes génitaux et a dû faire face à un procès pour obscénité, et Vithika Yadav, qui dénonce le harcèlement et les agressions sexuelles en Inde et a créé une plateforme d’éducation sexuelle.

Car évidemment, c’est grâce à l’éducation des femmes, mais aussi l’éducation des hommes, que ces mentalités et pratiques d’un autre siècle pourront changer et offrir, un jour, l’espoir à de nombreuses femmes. Pour faire avancer la cause des femmes, il faut aussi des hommes à leurs côtés. Même si les témoignages ne provoquent pas tous la même émotion ou la même colère, #Female Pleasure est un film militant nécessaire qui bouscule et doit absolument participer à cette éducation, en étant montré le plus possible dans les collèges et les lycées, et servir ainsi de base d’échanges et de débats.

 

#Female Pleasure de Barbara Miller, en salle le 1er mai 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

On se souvient toutes et tous du discours enflammé de Houda Benyamina en recevant la Caméra d’Or au Festival à Cannes en 2016 pour son film Divines. Elle avait alors interpellé le Délégué Général de la Quinzaine des Réalisateurs en lui disant "Tu as du clito !". Par ce cri du cœur, elle avait osé prononcer fièrement et pour la première fois sur une scène internationale un mot encore tabou : clitoris. #Female Pleasure, c’est aussi un cri du cœur poussé par la réalisatrice Barbara Miller, pour permettre une prise de conscience absolument indispensable de ce qui se joue pour les…

Conclusion

Note de la Rédaction

"#Female Pleasure " est un film indispensable pour changer les mentalités et permettre aux femmes de ne plus subir de violences et de revendiquer leur droit au plaisir.

Note spectateur : Sois le premier !

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