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Hellboy : une série B sans queue ni tête

CRITIQUE FILM – Après deux opus réalisés par Guillermo Del Toro en 2004 et 2008, « Hellboy » est de retour dans un reboot mis en scène par Neil Marshall et porté par David Harbour. Un résultat malheureusement pas du même acabit que ses prédécesseurs.

A la base, Hellboy est un comic de Mike Mignola. Créé en 1994, le personnage détonnait par rapport aux autres productions. Sombre, violent, plein d’auto dérision, Hellboy offrait autre chose à lire. Dans son univers composé de démons et sorcières, cette série de comics est un véritable plaisir pop et gore, encore aujourd’hui culte. Ainsi, Neil Marshall succède à Guillermo Del Toro, tandis que c’est David Harbour qui récupère le rôle à l’origine tenu par Ron Perlman. Normalement, un troisième opus de Del Toro aurait dû voir le jour, permettant de conclure la trilogie, mais les studios Universal en ont décidé autrement. Et c’est bien dommage, car ce reboot n’arrive pas à la cheville des précédentes adaptations…

Une adaptation désincarnée qui ne rend pas hommage au personnage

Vous vous souvenez de Van Helsing ? Une série B en roue libre totale portée par Hugh Jackman ? Et bien, ce nouveau Hellboy est malheureusement du même acabit. Un film sans queue ni tête, une série Z qui amoncelle les clichés et les mauvaises idées. Ce nouveau Hellboy cherche à être un film subversif, il cherche à surfer sur la vague Deadpool, avec son lot de violence et de gros mots. Malheureusement, ce que les studios ne comprennent pas, c’est qu’il ne suffit pas de classer un film R, de le rendre gore et d’imposer un langage grossier pour en faire un bon film. Hellboy se repose entièrement sur ce statut. Sans arrêt en train de faire du coude à son spectateur en insistant sur sa violence et sur ses propos abjects, le film ne se résume finalement qu’à ça. Alors certes c’est sympa, on ne va pas cracher dans la soupe tant il a été difficile d’atteindre la liberté nécessaire à ce type de film dans le milieu des super-héros. Mais il faut autre chose, il faut une base solide pour que cet aspect soit magnifié, en tout cas utile à l’histoire.

En effet, le scénario de ce Hellboy ne vole pas bien haut. La sorcière Viviane veut s’échapper. Interprétée par une Milla Jovovich dans la surenchère totale, sa relation ambiguë avec Hellboy est à peine effleurée. Le fils de l’enfer va bien sûr devoir l’arrêter. Après une introduction en noir et blanc totalement bâclée qui présente le roi Arthur et Merlin, la légende d’Excalibur est ramenée à notre époque. Malheureusement, ce Hellboy est un produit sans âme, sans but, à l’intrigue sans réel intérêt. Un film spectral, sans incidence, vite vu, vite oublié. Tout est empilé, survolé, interchangeable. Certains passages frisent le ridicule à cause d’un manque de vie, un manque de conviction et de personnalité. Hellboy est fade, insipide, malgré quelques volontés de bien faire.

Un potentiel délaissé

C’est quand même bien dommage, parce que Hellboy est un personnage emblématique au potentiel intéressant. Et on aurait pu y croire, en tout cas l’espace d’un instant. Notamment dans la scène d’introduction du héros, pas forcément originale, mais efficace. A la manière de Wolverine, Hellboy se retrouve propulsé sur un ring, prêt à en découdre. David Harbour convainc directement dans le rôle du démon tandis que la séquence plonge le spectateur dans un univers qu’il connaît bien : de la violence, de l’auto-dérision, beaucoup d’humour et un univers au bestiaire passionnant. Malheureusement, le spectateur déchante vite, et ne retrouve pas la saveur d’antan.

Les effets spéciaux sont parfois hasardeux, donnant l’impression d’être sortis d’une série B fauchée. Alors cela donne un certain style, un peu amateur, crasseux, qui sied parfaitement aux méthodes radicales de Hellboy. Pourtant, un peu de beauté visuelle aurait relevé le film. Hellboy rappelle parfois la série Ash VS Evil Dead. Un what the fuck permanent, un je-m’en-foutisme salvateur, un scénario illogique, de l’humour décalé, du gore à l’excès et surtout des démons imaginatifs, aux CGI aléatoires. Un charme agréable pour les amateurs du genre, certainement le seul point relativement positif de ce Hellboy. Une saveur retrouvée à l’image de ce sanglier humanoïde au maquillage rétro magnifiquement rythmé par le doublage inspiré de Stephen Graham. Il y a aussi cette séquence intrigante avec Baba Yaga, qui dévoile enfin le potentiel créatif de l’univers Hellboy entre ses décors et ses costumes inventifs. Malheureusement, l’idée n’aboutira à rien et cette intrigue tombe dans l’oublie, comme de nombreux autres éléments.

C’est le gros problème du long-métrage. Hellboy ne sait pas exactement où il va. Il veut beaucoup en raconter mais paradoxalement ne s’arrête pas assez longtemps sur les éléments scénaristiques importants ou les idées visuelles créatives. Le montage souffre d’un manque de pertinence, que ce soit dans son enchevêtrement interchangeable ou son rythme inégal. A l’image de ce passage final d’action en plan-séquence, techniquement acceptable, mais totalement inutile au-delà de cela. Un épilogue où les enjeux et la tension sont inexistants, ce qui fait de cet instant une coquille vide.

 

Hellboy de Neil Marshall, en salle dès le 8 mai 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

A la base, Hellboy est un comic de Mike Mignola. Créé en 1994, le personnage détonnait par rapport aux autres productions. Sombre, violent, plein d'auto dérision, Hellboy offrait autre chose à lire. Dans son univers composé de démons et sorcières, cette série de comics est un véritable plaisir pop et gore, encore aujourd'hui culte. Ainsi, Neil Marshall succède à Guillermo Del Toro, tandis que c'est David Harbour qui récupère le rôle à l'origine tenu par Ron Perlman. Normalement, un troisième opus de Del Toro aurait dû voir le jour, permettant de conclure la trilogie, mais les studios Universal en ont décidé autrement.…

Conclusion

Note de la rédaction

Dommage que "Hellboy" ne soit pas une adaptation plus inventive et que le long-métrage se repose paresseusement sur son statut R-Rated.

Note spectateur : 3.01 ( 8 notes)
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