Jurassic World 3 : le final laborieux de Colin Trevorrow

Le pire pour la fin

Jurassic World 3 : le final laborieux de Colin Trevorrow

CRITIQUE / AVIS FILM - Colin Trevorrow repasse derrière la caméra pour conclure la trilogie "Jurassic World". Une dernière aventure marquée par les retours de personnages iconiques et les lacunes d'un scénario bâclé.

Une trilogie en dessous des espérances

La trilogie Jurassic World n’a jamais brillé par ses scénarios. Si le premier opus écrit et réalisé par Colin Trevorrow relançait efficacement la saga initiée par Steven Spielberg, le second film était sauvé par la mise en scène de Juan Antonio Bayona. Le cinéaste espagnol a su offrir de grands moments visuels avec Jurassic World : Fallen Kingdom (2018) en dépit d’un récit très laborieux. Malheureusement, ce n’est pas lui qui revient pour conclure cette trilogie. Mais bien Colin Trevorrow qui s’offre à nouveau la double casquette de réalisateur et (co)scénariste. Et bien que ce dernier ne soit pas un total incapable derrière la caméra, il prouve une fois de plus avec Jurassic World : Le Monde d’après qu'il est un piètre scénariste.

Jurassic World 3 : Le Monde d'après
Jurassic World 3 : Le Monde d'après ©Universal Pictures International France

À la fin du film précédent, les derniers dinosaures sur Terre étaient libérés et pouvaient désormais se balader sur le continent américain. Une conclusion qui ouvrait vers un sujet au fort potentiel : la cohabitation entre les humains et les dinosaures. C’est d’ailleurs ce que semblait promettre la promotion de ce Jurassic World 3. Mais le résultat final aura vite fait de nous faire déchanter.

Les malheurs d’un scénario de Colin Trevorrow

Jurassic World 3 nous permet de retrouver Claire (Bryce Dallas Howard), Owen (Chris Pratt) et Maisie (Isabella Sermon) désormais adolescente. Malgré les tentatives de ses parents de substitutions de la protéger du monde extérieur, la jeune fille est enlevée par une mystérieuse entreprise. Il ne faut évidemment pas longtemps pour comprendre que cette corporation mal intentionnée est à l’origine d’un fléau écologique avec l’apparition de sauterelles de la taille d’un ballon de football américain et quasiment increvables. Colin Trevorrow nous ressort alors une aventure old school qui cherche davantage à faire des clins d’œil à d’anciennes productions de Steven Spielberg qu’à nous surprendre.

Jurassic World 3 : Le Monde d'après
Jurassic World 3 : Le Monde d'après ©Universal Pictures International France

Car, nostalgie oblige, le film fait également revenir Alan Grant (Sam Neill), Ellie Sattler (Laura Dern) et Ian Malcolm (Jeff Goldblum), les visages des premiers films. Un trio (ou plutôt duo puisque Malcolm est grandement mis de côté) qui enquête en parallèle de la trame de Claire et Owen, tous les deux prêts à tout pour retrouver Maisie. Même si tout est attendu dans Jurassic World 3, le long-métrage aurait au moins pu donner lieu à un sympathique divertissement. Cependant, Colin Trevorrow et son équipe de scénaristes font preuve d’une fainéantise notable avec un récit bâclé. Principalement dans la dernière partie, qui voit des personnages se retrouver comme par magie pour accélérer la conclusion. Même certains dialogues tombent à plat et ne sont pas d'une grande cohérence.

Les bonnes idées mal exploitées de Jurassic World 3

Mais, comme dit précédemment, la réelle déception vient de la cohabitation attendue avec les dinosaures. Un élément finalement traité dans les cinq dernières minutes d’un film qui préfère tendre vers une sorte de James Bond à l’ancienne, avec un génie démoniaque aux enjeux jamais bien identifiés qui doit être arrêté coûte que coûte. Les dinosaures n'étant, dès lors, qu'un élément du décors qu'on croise avant de passer à autre chose.

Jurassic World 3 : Le Monde d'après
Jurassic World 3 : Le Monde d'après ©Universal Pictures International France

La déception est d'ailleurs d’autant plus grande que Colin Trevorrow est capable de sortir, ici et là, des situations captivantes. L’idée du marché noir où sont revendus des dinosaures donne lieu à une course-poursuite efficace, qui aurait pu être mieux maîtrisée. On retient également ces quelques secondes inquiétantes où Claire rampe jusque dans un marécage pour échapper à une imposante créature. Ou encore le passage d'Owen sur la glace. Des moments marquants mais pas suffisamment exploités. Quant aux dinosaures, ils sont toujours aussi bien faits grâce à des CGI de qualité. Dommage que le long-métrage ne leur fasse jamais honneur. Incapable de se mettre à la hauteur du mythique T-Rex et des quelques nouveaux venus.

Jurassic World 3 de Colin Trevorrow, en salles le 8 juin 2022. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

Voir aussi

Peter von Kant : un hymne magistral et bouleversé à l'amour et au cinéma

Peter von Kant : un hymne magistral et bouleversé à l'amour et au cinéma

CRITIQUE / AVIS - FILM : Film très personnel, adaptation autant qu'hommage au réalisateur allemand Rainer Werner Fassbinder, concentré de références esthétiques et vertige de cinéma, "Peter von Kant" de François Ozon est un film total. Il ne s'autorise ainsi aucun compromis, conscient sans doute d'être parmi les plus grands films français de ces dernières années.