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Jurassic World : Fallen Kingdom, ou quand la paresse reprend ses droits

CRITIQUE FILM – Alors que les dinosaures risquent à nouveau de disparaître de notre planète, Owen (Chris Pratt) et Claire (Bryce Dallas Howard) reprennent du service pour empêcher leur extinction. Et, in fine, préparer les bases pour une suite à ce « Jurassic World : Fallen Kingdom ». Problème, la manœuvre se fait avec de très, très gros sabots.

Après avoir mis une jolie pagaille dans le plus célèbre des parcs d’attractions (Jurassic World, pas Disneyland), les dinosaures risquent désormais de trépasser. En effet, sur leur île désormais abandonnée par les humains, un volcan est entré en éruption. Notre tandem de choc du premier volet, Owen (Chris Pratt un peu mou) et Claire (Bryce Dallas Howard un peu molle) relèvent donc leurs manches pour sauver les dinos restants. Leur priorité : retrouver Blue, l’un des raptors élevés par le dresseur, avant des trafiquants. Bref, rien que vous n’ayez pas déjà vu dans les nombreux trailers … Mais attention, la suite de cet article ne sera pas avare en « divulgâchis ». Vous voilà prévenus !

Ne pas confondre efficacité et facilité

Cadrons les choses d’entrée : non, Jurassic World : Fallen Kingdom n’est pas un mauvais long-métrage. Bien au contraire : en dépit de quelques longueurs, cette mouture se veut assez divertissante et propose sont lot de scènes taillées pour secouer les sièges. Seulement voilà, quelques heures après être sortie de la salle, l’auteure de ces lignes peine (déjà !) à tout reconstituer. Mettant de facto le doigt sur le principal problème du film : un manque évident d’ambition. À notre plus grand dam, cet épisode ne brille pas par son originalité.

Retrouvailles entre Blue et son « papa ». Copyright Universal Pictures International France

 

À contrario, Jurassic World 2 souhaite de toute évidence s’aligner sur les blockbusters classiques et ne prend aucun risque ou parti pris. Batailles de dinosaures à gogo, courses-poursuites en veux-tu en voilà, accalmie nappée de second degré et moments conçus pour vous faire verser la fameuse petite larme… voici peu ou prou tous les ingrédients de ce volet, qui n’a rien à envier à un bon film Marvel. Dès lors, on pourrait difficilement lui reprocher de miser sur l’efficacité, même si celle-ci se confond bien trop souvent avec la facilité.

Resucée sans éclat

Là où le bât blesse au point de faire couler le navire, c’est qu’à bien des égards, ce Jurassic World semble gentiment se foutre de notre poire. On s’explique : dans le premier épisode, l’élément perturbateur est un « Indominus Rex », un tyrannosaure génétiquement modifié censé être le prédateur ultime au top de la chaîne alimentaire. Soit. Sauf que dans Fallen Kingdom, rebelote : les scénaristes, visiblement victimes d’alzheimer, nous réservent exactement la même soupe – à la différence près que cette fois-ci, c’est un raptor dont l’ADN est améliorée.

Les dinosaures sont-ils aveugles ? Copyright Universal Pictures International France

 

Problème, les spectateurs, eux, n’ont pas perdu la mémoire. Et ne peuvent que ressentir la désagréable impression d’avoir payé pour une resucée sans éclat où, une fois encore, le « prédateur » décrit n’est même pas capable de repérer un groupe d’individus cachés à trois mètres (véridique) ou attraper une petite fille ne dépassant guère les 150 centimètres (véridique bis). On a connu plus efficace comme chasseur ! Mais tout ceci n’est rien comparé au dernier acte, que nous ne développerons pas davantage. Retenez juste que tout est minutieusement orchestré pour mieux amorcer l’arrivée d’un troisième volet. À cela, rien de mal, il faut bien quelques éléments pour relier efficacement chaque maillon d’une trilogie. À ceci près qu’ici, tout est fait de façon si grossière et peu spontanée que le long-métrage prend des allures de bande-annonce

Entre Alien et Freddie : Les Griffes de la nuit

Toutefois, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain (et non, nous n’avons pas été payés pour caser cette expression). Au risque de nous répéter, Jurassic World : Fallen Kingdom n’a rien d’une Bérézina. Si bien que tout n’est pas à condamner ou désuet dans cette nouvelle itération. À commencer par quelques scènes d’action dont l’introduction, est particulièrement mordante – littéralement. Ou encore ce plan d’un dinosaure hybride rugissant au clair de lune, façon loup sauvage – plus kitch qu’iconique mais on apprécie tout de même. Enfin, cette idée qui titille chaque réalisateur de la saga préhistorique : quitter quelque peu la sphère de l’œuvre familiale pour verser dans le film d’horreur pur et dur.

Témoin, cette scène surréaliste où le dinosaure hybride –encore et toujours lui- joue avec sa proie, convaincue d’être à l’abri tapie dans son lit. On jurerait regarder un épisode d’Alien ou Freddie, mais il n’en est pourtant rien. Hélas, cette idée sera rapidement sacrifiée sur l’autel de la rentabilité, et le film reprendra aussi naturellement que rapidement le schéma convivial et tout public qu’on lui connaît. Dommage, on détenait enfin un petit quelque chose…

 

Jurassic World : Fallen Kingdom, en salle le 6 juin 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Après avoir mis une jolie pagaille dans le plus célèbre des parcs d’attractions (Jurassic World, pas Disneyland), les dinosaures risquent désormais de trépasser. En effet, sur leur île désormais abandonnée par les humains, un volcan est entré en éruption. Notre tandem de choc du premier volet, Owen (Chris Pratt un peu mou) et Claire (Bryce Dallas Howard un peu molle) relèvent donc leurs manches pour sauver les dinos restants. Leur priorité : retrouver Blue, l’un des raptors élevés par le dresseur, avant des trafiquants. Bref, rien que vous n’ayez pas déjà vu dans les nombreux trailers … Mais attention, la suite…

Conclusion

Note de la rédaction

Peut mieux faire

Blockbuster des plus classiques sans ambition ni fulgurance, « Jurassic World : Fallen Kingdom » peine à se démarquer de la concurrence en dépit de quelques bonnes idées hélas totalement sous-exploitées. Dommage.

Note spectateur : 5 ( 1 votes)
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