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La Fille au bracelet : dans la peau d’une adolescente accusée de meurtre

La Fille au bracelet : Critique du film de Stéphane Demoustier.

« La Fille au bracelet » nous plonge dans le procès d’une adolescente soupçonnée d’avoir sauvagement assassiné sa meilleure amie. En s’intéressant à cette jeune femme silencieuse, réfléchie et acculée, le long-métrage s’inscrit-il dans la lignée des grands films du genre ?

Deuxième long-métrage de Stéphane Demoustier, La Fille au bracelet s’aventure dans le terrain du film de procès. Un genre aussi riche que passionnant, auquel ont contribué des cadors comme Sidney Lumet, Otto Preminger ou Orson Welles. À l’image de la recherche du coupable dans le whodunit, l’un des éléments les plus importants du genre est bien sûr le verdict final, le rendu du jugement tant redouté ou tant espéré par les personnages et les spectateurs.

Avec La Fille au bracelet, Stéphane Demoustier se détourne de ce code emblématique pour mieux surprendre son audience, et rendre son héroïne totalement insaisissable. Cette dernière, une adolescente de 18 ans prénommée Lise, est accusée du meurtre de sa meilleure amie. Deux ans après cet assassinat brutal, le procès de la jeune femme commence.

Coupable ou innocente ?

Le film s’ouvre sur l’arrestation de Lise, alors qu’elle profite d’un moment à la plage avec sa famille. Dès cette introduction, les réactions de l’adolescente ne manquent pas d’interroger. Stéphane Demoustier filme cette scène à une certaine distance, et rend les paroles échangées inaudibles. Le spectateur se focalise ainsi d’emblée sur les gestes de la famille et plus particulièrement sur ceux de l’adolescente qui se voit passer les menottes sans opposer une once de résistance.

Démarre ensuite le procès de Lise, deux ans plus tard. Tournées dans une salle du tribunal de Nantes, les séquences des différentes audiences sont aussi oppressantes que captivantes, et proposent des dialogues de haute volée. Tandis que l’avocate générale essaie d’obtenir un aveu de la part de l’adolescente, celle de l’accusée expose des faits contradictoires. Toutes deux font preuve d’une répartie qui ne fait qu’accentuer la tension du film. Leur froideur et leur pragmatisme sont parfaitement retranscrits par les excellentes Anaïs Demoustier et Anne Mercier.

La Fille au bracelet : Critique du film de Stéphane Demoustier.

Pendant les échanges, les plans sur le visage de Lise s’enchaînent et les doutes du spectateur se renforcent. Sa sexualité et son mutisme deviennent des armes qui servent soit à l’accabler, soit à rappeler que la présomption d’innocence est toujours valable. Le spectateur devient progressivement le juré du procès et après la conclusion déroutante, il lui est tout simplement impossible de rendre son verdict. Porté par la formidable interprétation de Mélissa Guers, La Fille au bracelet s’impose ainsi comme une incursion réussie dans un genre codifié, qui se démarque de bon nombre de ses prédécesseurs en laissant une place constante au doute, terme que le système judiciaire met ici de côté pour tenter d’imposer un semblant de vérité.

Une affaire de famille

Lorsqu’il s’écarte du tribunal, le long-métrage retrace le récit d’une adolescente murée dans le silence et dont la nature échappe à ses parents. Interprété par Roschdy Zem, le père de Lise veut la préserver de tout élément pouvant être utilisé à sa décharge, mais peine à trouver le ton juste pour lui donner des conseils. Sa mère, incarnée par Chiara Mastroianni, redoute de son côté le verdict pour sa fille et préfère prendre une certaine distance. La Fille au bracelet s’intéresse ainsi avant tout au quotidien d’une famille marquée par la violence d’un meurtre et par les nombreuses incertitudes autour de ce dernier.

La Fille au bracelet : Critique du film de Stéphane Demoustier.

La force du film est de dévoiler leur combat à travers une mise en scène dénuée de tout artifice pompier qui serait venu appuyer inutilement les émotions. Le long-métrage s’intéresse au manque de communication entre des parents et des adolescents avec une froideur clinique qui ne fait qu’amplifier le malaise ambiant. La Fille au bracelet n’est donc en rien une œuvre triomphante, comme peuvent l’être certaines références telles que Du silence et des ombres. Le film préfère les silences de son héroïne insondable aux discours solennels, qui n’ont finalement plus aucune valeur.

La Fille au bracelet de Stéphane Demoustier, en salles le 12 février 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Deuxième long-métrage de Stéphane Demoustier, La Fille au bracelet s’aventure dans le terrain du film de procès. Un genre aussi riche que passionnant, auquel ont contribué des cadors comme Sidney Lumet, Otto Preminger ou Orson Welles. À l’image de la recherche du coupable dans le whodunit, l’un des éléments les plus importants du genre est bien sûr le verdict final, le rendu du jugement tant redouté ou tant espéré par les personnages et les spectateurs. Avec La Fille au bracelet, Stéphane Demoustier se détourne de ce code emblématique pour mieux surprendre son audience, et rendre son héroïne totalement insaisissable. Cette…

Conclusion

Note de la rédaction

Film de procès original, « La Fille au bracelet » est une œuvre déroutante, qui assume pleinement son austérité pour nous plonger dans le calvaire d’une famille. Dans son tout premier rôle, Mélissa Guers est impressionnante.

Note spectateur : Sois le premier !
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