MENU
Accueil > Critiques > Critiques ciné > La Vie comme elle vient : le cœur d’une mère

La Vie comme elle vient : le cœur d’une mère

CRITIQUE FILM – « La vie comme elle vient » est un film bouleversant sur la maternité et le choc provoqué chez une mère par le départ du fils aîné du nid familial.

Si le bonheur familial devait ressembler à un film, ce serait sans nul doute à La vie comme elle vient de Gustavo Pizzi. La famille brésilienne de Irène et Klaus, et de leurs quatre garçons Fernando, Fabiano, Thiago et Matheus respire en effet une telle joie de vivre communicative, que le spectateur n’a d’autre choix que de la partager et d’en faire son miel. Leur vie est un joyeux bazar organisé, dont Irène est le pivot. Deux très belles scènes du film symbolisent parfaitement cette complicité : celle où le portail s’ouvre petit à petit sur chaque membre de la famille. Et celles avec les grenouilles qui sautent sur les garçons, provoquant leurs fous rires.

Irène (Karine Teles) et Klaus (Otávio Müller) ne roulent pas sur l’or, elle vend des tissus dans une camionnette, quand lui monte des entreprises qui périclitent régulièrement. Ils vivent dans une maison rafistolée de toutes parts et qui menace de s’effondrer. Ils ont commencé à en faire construire une autre, mais les travaux n’avancent que lorsque l’argent rentre.

L’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre ruisselle sur leur entourage, comme sur Sofia (Adriana Esteves), la sœur d’Irène, victime de violences conjugales et qui vient vivre un temps chez eux avec son fils. Les gens qu’Irène côtoient lui rendent sa gentillesse et sont admiratifs de son parcours, car Irène, courageuse et humble, s’est remise à suivre des études et vient d’être diplômée.

L’authenticité et la bienveillance, aucunement artificielle, crèvent l’écran et ce n’est sans doute pas un hasard quand on sait que le réalisateur et l’actrice ont écrit ensemble le scénario et ont su insuffler, malgré leur divorce, la quintessence de leur amour familial. Leurs deux fils interprètent d’ailleurs Fabiano et Matheus. Irène est une mère poule, enveloppante sans être étouffante, très attentive à ses fils. Elle va pourtant basculer tout doucement à l’annonce du départ de son fils aîné en Allemagne. Il vient en effet d’être repéré par un entraîneur alors qu’il joue au handball au lycée.

Tiraillée entre le bonheur de son fils et son cœur brisé

Personne ne remet en question ce voyage, car l’avenir  et le bonheur de Fernando préoccupent ses parents. Il faut aussi faire les démarches pour l’émanciper car il est trop jeune pour voyager seul. Mais, l’air de rien, ce départ annoncé va créer en Irène les mêmes fissures métaphoriques que l’on peut voir dans sa propre maison : elle tient le choc à l’extérieur mais l’intérieur se révèle un véritable chaos émotionnel.

La vie comme elle vient est sur ce point une vraie réussite, car le réalisateur parvient à suggérer très subtilement ce qui s’insinue douloureusement chez Irène. La prise de conscience de la fin d’un équilibre qui ne pouvait durer, car on sait bien que les enfants finissent tous par partir un jour. Le film éclaire brillamment sur le deuil d’une vie et le passage à une autre, d’une vie à six à une vie à cinq. Mais aussi sur le manque à venir et la fin d’une complicité quotidienne avec ce premier fils. Car c’est celui qui a fait d’elle une mère et a révélé sa force maternante et sa capacité d’amour pour la chair de sa chair. L’empathie du spectateur est très forte envers Irène car il ressent de façon très puissante son tiraillement entre sa joie de voir son fils réussir son projet et son cœur de mère brisé à l’idée de le voir quitter la maison aussi jeune.

Les couleurs et les musiques du film suivent aussi parfaitement l’évolution de l’état d’esprit d’Irène et la palette d’émotions qui traversent son visage, que la caméra ne lâche pas d’une seconde. Elle qui était si calme et riait tout le temps se met soudain à craquer, pleurer et à passer par toutes les étapes indispensables à l’acceptation du départ de Fernando. Véritable hymne à la joie d’être une mère, qui ne souffre ni ne se sacrifie pour ses enfants, La vie comme elle vient ne se situe pas du tout en ce sens sur le même registre que Une femme heureuse ou Nos Batailles . Le film offre surtout un magnifique portrait de femme lumineuse, inspirante et touchante dans sa façon de réagir à cette étape de sa vie.

 

La vie comme elle vient de Gustavo Pizzi, en salle le 26 décembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce

Si le bonheur familial devait ressembler à un film, ce serait sans nul doute à La vie comme elle vient de Gustavo Pizzi. La famille brésilienne de Irène et Klaus, et de leurs quatre garçons Fernando, Fabiano, Thiago et Matheus respire en effet une telle joie de vivre communicative, que le spectateur n’a d’autre choix que de la partager et d’en faire son miel. Leur vie est un joyeux bazar organisé, dont Irène est le pivot. Deux très belles scènes du film symbolisent parfaitement cette complicité : celle où le portail s’ouvre petit à petit sur chaque membre de la…

Conclusion

Note de la rédaction

L'amour d'une mère donne la force aux enfants de quitter le nid, mais c'est elle qui doit se débrouiller face au vide qu'ils laissent

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

The Hate U Give : poing levé contre les violences policières

CRITIQUE FILM - Plus que jamais le cinéma américain se veut engagé, politique et révolutionnaire. Alors que le pays connaît des ressorts politiques et sociaux alarmants, le cinéma s'en veut le miroir, le constat et, parfois, la solution. "The Hate U Give - La haine qu'on donne" en est un nouvel exemple.

Laisser un commentaire

Copyright © 2019 cineserie.com. Tous droits réservés. Un site E-borealis