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Le Bonheur des uns : l’amitié et ses contrariétés

Le Bonheur des uns : l’amitié et ses contrariétés

CRITIQUE / AVIS FILM -L’amitié a parfois bien du mal à résister au temps, à la frustration et aux convoitises. C’est ce que découvrent Bérénice Béjo, Vincent Cassel, Florence Foresti et François Damiens dans "Le Bonheur des uns…", comédie qui permet à son excellent quatuor d’acteurs de s’en donner à cœur joie.

Jalousie quand tu nous tiens...

Dans l’entourage de Léa (Bérénice Béjo), les rôles sont bien définis. Marc (Vincent Cassel), son mari, aime lui donner des conseils et adore quand elle lui demande son avis. Karine (Florence Foresti), sa meilleure amie, se considère comme sa grande sœur et apprécie plus que tout lui rappeler qu’elle doit prendre confiance en elle. Quant à Francis (François Damiens), l’époux de Karine, il préfère rire de tout cela poliment, même s’il lui arrive d’avoir un avis tranché et piquant sur ses amis.

Le Bonheur des uns... : Critique de la comédie de Daniel Cohen avec Bérénice Béjo, Vincent Cassel, Florence Foresti et François Damiens.

Face à cette vague de bienveillance, Léa garde le sourire et se consacre discrètement à l’écriture de son premier roman. Lorsqu’elle leur annonce l’existence de ce projet, tous sont convaincus qu’elle ne réussira pas à aller au bout. Mais quand l’ouvrage devient un bestseller et propulse Léa sur le devant de la scène, le parfait équilibre qu’ils tentaient de maintenir au sein de leur petit groupe vole en éclats. Tandis que Karine est profondément jalouse à l’idée de voir sa meilleure amie accéder à la « réussite », Francis éprouve le besoin de se trouver une vocation. De son côté, Marc comprend dans la douleur que Léa n’a pas besoin de lui pour prendre des décisions.

Copains pour toujours ?

Film choral dans la lignée de certaines pièces de Yasmina Reza (Le Dieu du carnage, Trois versions de la vie), Le Bonheur des uns... est un formidable terrain de jeu pour son excellent quatuor d’acteurs. Si les répliques et les situations de cette comédie dramatique sont souvent attendues, Florence Foresti s’en donne par exemple à cœur joie en forçant le trait sur son personnage égocentrique, en comparaison permanente avec sa meilleure amie. Les rires intempestifs de Vincent Cassel, qui a le don pour les interruptions et les signes d’agacement lorsque sa femme est dans la lumière, font partie des autres moments comiques réussis du film, au même titre que les nombreuses reconversions artistiques de François Damiens.

Le Bonheur des uns... : Critique de la comédie de Daniel Cohen avec Bérénice Béjo, Vincent Cassel, Florence Foresti et François Damiens.

Le traitement de Léa, la romancière incarnée par Bérénice Béjo, se veut plus sérieux et teinté d'amertume. Il y a d’ailleurs un décalage énorme qui se crée entre cette héroïne qui ne pense pas en être une et les autres personnages, qui rêveraient justement d'en être. Si ces derniers dévoilent progressivement leurs fêlures et traversent tous une crise existentielle, Léa reste constante malgré la nouvelle vie qui s’offre à elle, et ne renonce pas à ses moments d’observation et de mise en retrait qui déstabilisent son entourage. Le Bonheur des uns… ne cherche d’ailleurs pas la réconciliation et admet que certaines fissures sont creusées pour de bon. Une honnêteté et un penchant pour le fatalisme que l'on retrouve rarement dans les comédies centrées sur les groupes d'amis.

Dans sa manière d’aborder l’évolution de relations qui se délitent avec le temps, avec des ellipses certes hasardeuses et expéditives, le film rappelle certains longs-métrages du tandem formé par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, à commencer par Le Goût des autres. Il manque néanmoins une certaine spontanéité dans les dialogues que l’on sent parfois récités, et qui nuisent quelque peu à la délicieuse cruauté de l’ensemble.

Le Bonheur des uns… de Daniel Cohen, en salle le 9 septembre 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

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