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Petite Forêt : les délices de la nature

CRITIQUE FILM – Avec une approche simple mais sans être simpliste, « Petite Forêt » (« Little Forest »), avec Kim Tae-ri (« Mademoiselle ») au premier plan, prône le goût des bonnes choses et d’une vie saine. Celle de Hyewon, de retour dans sa petite ville natale pour se ressourcer, par la nourriture, après un échec à Seoul.

Avant la diffusion de Petite Forêt (d’abord titré Little Forest, adaptation du manga éponyme de Daisuke Igarashi), le 13e festival du film coréen à Paris, qui le présentait pour la première fois en France, aurait eu bon d’indiquer en amont aux spectateurs d’éviter de venir le ventre vide, tant le nouveau film de Yim Soon-rye prend plaisir à mettre en avant les délices alimentaires coréens. C’est quasiment envoûté qu’on assiste aux préparations précises d’Hyewon, une jeune fille qui, après avoir raté le concours d’enseignant, retourne dans sa petite ville natale, à la campagne, pour se ressourcer. En arrivant un soir d’hiver, la première chose qu’elle fera sera de se remplir le ventre. Les plats préparés et industriels qu’elle mangeait à Seoul n’ayant jamais pu à la rassasier. Elle, qui a été élevée avec le goût des bonnes choses, des bons aliments, qui se méritent et se préparent avec patience.

Dès son arrivée, dans une maison quasiment abandonnée où l’unique supérette se trouve à une heure à vélo, Hyewon devra trouver une salade dans le jardin et se contenter d’un reste de riz. Suffisant pour se préparer un mets savoureux, qui sera son premier réconfort. Aussitôt, l’aspect chaleureux du film, dans lequel on voudrait se blottir, se fait ressentir. Le plaisir de la jeune fille dans ses préparations devenant un plaisir pour les yeux, grâce à la manière si attentionnée qu’a la réalisatrice de filmer ces scènes. Il faut dire qu’elle dispose devant sa caméra de la sublime Kim Tae-ri. Révélée par Mademoiselle de Park Chan-wook, la comédienne illumine littéralement cette œuvre, d’une grande délicatesse, et s’incorpore avec évidence dans ce décor rural.

Un esprit sain dans un corps sain

Derrière ce retour aux sources, il y a la nécessité pour Hyewon de revivre son passé avec sa mère, qui l’abandonna le jour de son concours d’entrée à l’université. Par les plats qu’elle se cuisine et les aliments qu’elle cultive au fil des saisons (hiver, printemps, été, automne), les enseignements de sa mère lui reviendront, entre compréhension tardive et une certaine tristesse vis-à-vis de ses actes. Des moments durant lesquels la cinéaste peut le plus travailler sa mise en scène, faisant rejouer les flashback du passé (avec sa mère) au sein du présent d’Hyewon. Un attachement profond se fait ainsi ressentir pour la jeune fille. Et on est dès lors conquis par cette ambiance pleine de nostalgie et de questionnements sur la construction personnelle.

Critique Petite Forêt : les délices de la nature

Certes, on pourrait critiquer dans Petite Forêt, qui ne dispose pas d’intrigue à proprement parlé, l’aspect rébarbatif des séquences de repas. Mais elles sont en réalité révélatrices d’une jeunesse qui cherche encore sa voie, et ne dispose de moments chaleureux qu’en étant réuni durant ces moments conviviaux. En effet, outre Hyewon, on découvre ses amis d’enfance, Jae-ha et Eun-sook. L’un a décidé de revenir à la campagne pour échapper au stress de la ville, quand l’autre doit subir la pression quotidienne de son travail à la banque. Le film tisse alors des liens émouvants entre ce petit groupe d’amis qui se retrouve, et se complète à merveille en prônant une vie faite de patience. Les voir s’épanouir et se laisser aller aux bienfaits de la nature est probablement simpliste. Mais l’anti-cynisme de Petite Forêt, avec la vie simple, plaisante et revigorante qu’il propose, est plus qu’appréciable aujourd’hui, car il redonne de la valeur aux choses. On irait alors volontiers se plonger dans les délices gustatifs offerts par Hyewon. Yim Soon-rye illustrant au final son (et le nôtre ?) désir d’échapper à une société de plus en plus nocive.

 

Petite Forêt de Yim Soon-rye, présenté lors du 13e festival du film coréen à Paris, en salle le 3 juillet 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Avant la diffusion de Petite Forêt (d'abord titré Little Forest, adaptation du manga éponyme de Daisuke Igarashi), le 13e festival du film coréen à Paris, qui le présentait pour la première fois en France, aurait eu bon d’indiquer en amont aux spectateurs d’éviter de venir le ventre vide, tant le nouveau film de Yim Soon-rye prend plaisir à mettre en avant les délices alimentaires coréens. C’est quasiment envoûté qu’on assiste aux préparations précises d’Hyewon, une jeune fille qui, après avoir raté le concours d’enseignant, retourne dans sa petite ville natale, à la campagne, pour se ressourcer. En arrivant un soir d’hiver, la…

Conclusion

Note de la rédaction

"Petite forêt" est un film chaleureux dans lequel on ne peut que se sentir bien, avec en prime la jeune Kim Tae-ri au premier plan.

Note spectateur : 4.5 ( 1 votes)
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