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Matthias & Maxime : Dolan revient à ses premières amours

CRITIQUE / AVIS FILM – Retour aux sources pour Xavier Dolan, suite à deux films habités par de stars françaises puis américaines. Le prodige, qui n’a plus rien de petit désormais, replonge dans un cinéma plus modeste mais qui a gardé sa singularité.

Xavier Dolan avait déclaré vouloir faire une pause. Pour se remettre de dernières années où tout est allé à une vitesse fulgurante. Celui que l’on a découvert à Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs, avec J’ai Tué ma mère, n’a cessé d’enchaîner les films, passant du statut de révélation à celui de nom confirmé. Le rythme effréné qu’il s’était imposé devenant logiquement trop dur à encaisser, il lui a fallu un petit temps pour se retrouver. Depuis 2016 et Juste La Fin du monde, Dolan était devenu un homme dont on attendait des nouvelles. 2019 signe son retour en force avec deux films en l’espace de 12 mois : Ma Vie avec John F. Donovan et Matthias & Maxime. Avec ce second, il revient doublement aux sources. À Cannes, où son cinéma s’est révélé, et au Québec, pour le tourner, entouré d’une bande d’acteurs loin d’être aussi prestigieux que ceux qu’il a pu côtoyer durant ses derniers tournages. Désormais âgé de 30 ans, qu’est-ce que Dolan aurait-il à gagner à refaire du cinéma plus modeste ?

Matthias et Maxime sont deux amis d’une bande. Quand ils participent, plus ou moins volontairement, à un court-métrage qui nécessite qu’ils s’embrassent, leur relation va changer. Matthias se retrouve perturbé par des questions sur sa propre sexualité. Maxime verra que le comportement de son pourtant fidèle ami ne sera plus le même. Ce déjà (!) huitième film de Dolan est tourné vers des thèmes qui irriguent une majeure partie de son travail. En premier lieu, on parle d’identité dans Matthias & Maxime. Mais aussi d’émotions, fortes, qui viennent chambouler l’existence de personnages en proie au doute. Sur eux, mais aussi sur les autres. Le réalisateur rejoue avec ses motifs favoris, comme si le film était fait pour se rassurer, après l’expérience Ma Vie avec John F. Donovan. Pour se prouver qu’il ne s’est pas perdu en chemin et qu’il est toujours l’un des enfants prodiges du cinéma indépendant.

On pourra donc être facilement déçu de ce Matthias & Maxime, qui n’aspire pas à se détourner de la formule dolanienne classique, de la chanson inattendue qui fera mouche (ou pas, cette fois, avec Amir) à la relation toxique avec la mère. Dolan sert du Dolan. Son talent étant intact, il arrive toujours au détour d’une inspiration à faire ressortir une émotion qui vous fracasse. La différence étant qu’il a gagné en maturité pour mieux gérer ses effets forts. Matthias & Maxime a un côté moins flamboyant, plus maîtrisé, ou du moins plus resserré. L’intérêt de revenir à ce cinéma plus modeste est intéressant pour Dolan, l’expérience lui permettant de mieux cerner les besoins de son récit sans se perdre dans des gimmicks pas toujours pertinents. Matthias & Maxime sonne comme un film mineur, au vu du passé de son auteur, parce qu’il a moins ce côté épidermique, viscéral. Or, Dolan prouve qu’il sait faire naître l’émotion sans avoir besoin d’en faire des caisses.

Malgré le fait que l’on soit déçu de l’absence de prises de risque, ce nouvel essai du réalisateur canadien fait office de premier bilan dans sa carrière. On l’a vu monter très haut, chez lui (Mommy), partir à la conquête de la France et des USA, pour revenir à la maison faire le cinéma de ses débuts avec plus de vécu cinématographique. Un tour de piste complet qui doit déboucher sur une refonte de certains composants, pour appréhender les prochaines années sans se reposer sur des bases trop connues. En être déjà à ce stade, à son âge, souligne l’étendu de son immense talent.

Matthias & Maxime de Xavier Dolan, en salle prochainementRetrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Xavier Dolan avait déclaré vouloir faire une pause. Pour se remettre de dernières années où tout est allé à une vitesse fulgurante. Celui que l'on a découvert à Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs, avec J'ai Tué ma mère, n'a cessé d'enchaîner les films, passant du statut de révélation à celui de nom confirmé. Le rythme effréné qu'il s'était imposé devenant logiquement trop dur à encaisser, il lui a fallu un petit temps pour se retrouver. Depuis 2016 et Juste La Fin du monde, Dolan était devenu un homme dont on attendait des nouvelles. 2019 signe son retour en force…

Conclusion

Note de la rédaction

Le réalisateur canadien marque moins les esprits avec Matthias & Maxime, récit aux purs accents dolaniens sans grande surprise.

Note spectateur : Sois le premier !

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