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Rocketman : un biopic vigoureux sur Elton John

CRITIQUE / AVIS FILM – Quelques mois après Freddie Mercury, c’est une autre légende du monde musical qui passe par le case biopic. À la réalisation, Dexter Fletcher assure bien mieux que sur le très (justement) critiqué « Bohemian Rhapsody » qu’il avait récupéré après le départ de Bryan Singer.

Rocketman n’entend pas polir l’image d’Elton John. Dès son introduction, le film met les pieds dans le plat. La star, costumée comme à ses grandes heures, débarque dans une séance de thérapie collective. Entouré d’inconnus, il dévoile l’ensemble de ses problèmes. Dépendance à l’alcool, à la drogue, au sexe. Tout cela à cause d’un mal-être que même les millions de dollars remportés et la célébrité ne peuvent changer. Ces premières minutes rassurent, surtout lorsqu’on sait que le principal intéressé produit le film. Quelqu’un d’autre, à sa place, aurait pu essayer de contrôler son image pour ne pas se voir trop égratigné aux yeux du monde. Mais, après tout, qu’a-t-il réellement à craindre ? Ses déviances sont connues. Sa musique, extrêmement franche, ne trompe pas sur les retors émotionnels et psychologiques qui ont habité le garçon durant de nombreuses années.

Ce point de départ est important, car il introduit un rapport de confiance avec le spectateur. Ne reste plus qu’à dérouler, dans l’ordre chronologique, pour voir comment un petit garçon de la classe ouvrière a réussi à monter sur le toit du monde avec ses chansons au succès interplanétaire. L’introduction passée, nous remontons le fil de sa vie en partant de son plus jeune âge. Sa relation tendue avec ses parents, la découverte du piano, la timidité… Puis les premiers pas dans le monde professionnel. Les contrats, les scènes. Et la gloire, surtout la gloire. Le film passe par toutes les étapes importantes, faisant surgir aux moments charnières les musiques les plus importantes de sa carrière. Importantes car elles ne font que parler de lui.

Une réalisation convaincante

Dexter Fletcher, à la réalisation, s’amuse avec cette figure extravagante, embrassant sa démesure au travers d’une mise en scène débridée qui n’a pas peur de se tromper. Quitte à tenter quelques folies visuelles kitchissimes (le décollage en plein concert, par exemple). Rocketman débite ses scènes à une vitesse effarante, ne laissant pas au spectateur le temps de souffler, entre frénésie et pure émotion. Le travail pour rendre l’ensemble digeste est fort remarquable, sans donner une impression de trop. En terme de spectacle, vous en aurez pour votre argent. Fletcher nous branche sur courant électrique et fait varier avec une belle fluidité l’ondulation de celui-ci. Il donne la pleine mesure de son talent avec une caméra sous sa direction dans ces moments d’euphorie enivrante.

Vigoureux, le film a aussi le franchise d’aborder avec une relative justesse l’homosexualité d’Elton John. Point qui n’est pas toujours simple à Hollywood et encore moins dans le cadre d’une production plutôt grosse. Tous les aspects de sa personnalité y passent, ne nous donnant pas l’impression d’être floué sur la marchandise. Le scénario ne met pas toujours l’artiste à son avantage pour mieux dessiner le portrait d’un grand sensible qui se sent toujours autant seul – un sentiment qui trouve un écho dans une belle réplique lancée par sa mère lors de son coming out.

Un étincelant Taron Egerton

Le film doit aussi beaucoup à son interprète principal, Taron Egerton, qui donne de sa personne admirablement. Il enfile un costume parfaitement à la taille de ses capacités et brille en Elton John. Ardent dans les prenantes phases de concert, il exprime une belle sensibilité quand son personnage est face à ses démons. Si Rami Malek a pu décrocher un Oscar pour sa performance en Freddie Mercury, Egerton la mérite tout autant, si ce n’est plus. Il n’est pas le seul responsable, mais son interprétation y est pour beaucoup dans la réussite d’un biopic qui passe par-delà de nombreux pièges pour nous donner un plaisir expansif qu’il serait malhonnête de bouder. 

 

Rocketman de Dexter Fletcher, présenté au Festival de Cannes, en salle le 29 mai 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Rocketman n'entend pas polir l'image d'Elton John. Dès son introduction, le film met les pieds dans le plat. La star, costumée comme à ses grandes heures, débarque dans une séance de thérapie collective. Entouré d'inconnus, il dévoile l'ensemble de ses problèmes. Dépendance à l'alcool, à la drogue, au sexe. Tout cela à cause d'un mal-être que même les millions de dollars remportés et la célébrité ne peuvent changer. Ces premières minutes rassurent, surtout lorsqu'on sait que le principal intéressé produit le film. Quelqu'un d'autre, à sa place, aurait pu essayer de contrôler son image pour ne pas se voir trop…

Conclusion

Note de la rédaction

Un biopic efficace et dynamique, porté par le talent de Taron Egerton. Une réussite qui enterre Bohemian Rhapsody.

Note spectateur : 5 ( 1 notes)
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