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Share : les difficultés de partager un trauma

CRITIQUE / AVIS FILM – Présenté notamment au festival de Sundance, « Share » sera distribué directement sur le petit écran sur HBO. En France, c’est donc sur OCS qu’on pourra découvrir l’histoire de Mandy, une adolescente qui, suite à une soirée alcoolisée se réveille sans le moindre souvenir, mais avec le sentiment qu’il lui est bien arrivé quelque chose.

Tandis que Netflix fait régulièrement les gros titres en annonçant l’achat de droits de diffusion de films, leur empêchant ainsi (dans le système actuel et surtout français) une sortie dans les salles de cinéma, HBO parvient à se faire plus discret sur la question. Pourtant, la chaîne américaine, célèbre pour ses séries, traîne également dans des festivals comme Sundance pour acquérir des œuvres. L’année dernière, c’est donc sur le petit écran qu’on a pu découvrir par exemple The Tale (passé à Deauville et diffusé en France sur OCS). Un film calibré pour Sundance, tout comme semblait l’être Share, présenté en compétition au festival cette année, mais également en séance spéciale au festival de Cannes et enfin au festival de Deauville.

On y suit Mandy, une jeune adolescente de 16 ans à la vie plutôt tranquille. Elle a un groupe d’ami.e.s, traîne en soirée, fait partie de l’équipe de basket et n’a pas vraiment de problèmes familiaux. Pourtant les choses basculent lorsqu’elle reçoit une vidéo d’elle à une soirée, inconsciente dans une salle de bain, avec trois garçons qui rigolent autour d’elle. Mandy n’a aucun souvenir des événements. Un black out complet de la soirée et de ce qu’il s’est suivi, jusqu’à son réveil dans son jardin. De plus, des marques sur son dos et une sensation d’écœurement lui font penser qu’il s’est passé davantage que ce que montre les images.

Un bon sujet ne fait pas tout

Il y avait là un sujet fort à traiter pour Pippa Bianco. Qui plus est avec le choix de le faire sous plusieurs angles. D’une part la difficulté pour Mandy à partager (share) ce qui lui est arrivé, ce qu’elle imagine qui a pu se passer et ce que cela lui fait ressentir (sur elle-même, son corps). D’autre part, la réaction du monde extérieur ; de ses parents qui découvrent en premier la vidéo et réagissent en entamant une procédure auprès de la police, celle des garçons incriminés et de leurs parents qui refusent d’y croire et d’assumer leur responsabilité, ou encore celle de l’école et de l’équipe de basket qui décident de mettre Mandy de côté le temps que les choses se règles.

Mais c’est probablement la réaction de Mandy qui frappe le plus. Ou plutôt son absence de réaction (en apparence). La jeune fille restant tête baissée, agissant comme si elle était la responsable plutôt que la victime, ayant conscience des conséquences qu’aura la révélation sur sa vie – in fine on l’imagine devoir changer d’établissement, voire de ville. Malheureusement le bon potentiel du film ne suffit pas. Car Pippa Bianco ne fait pas preuve de beaucoup d’ambition dans sa réalisation. Avec deux ou trois échelles de plan durant tout le film et en s’appuyant presque uniquement sur son interprète, réduite à un visage mutique au possible.

On ne peut pas vraiment en vouloir à la jeune Rhianne Barreto. Sa mono-expressivité trouvant une justification dans l’écriture du personnage (évidemment qu’on comprend toute la difficulté à exprimer un tel trauma), mais qui ne fonctionne pas pour autant à l’écran. Difficile alors d’éprouver de l’empathie, ni même de s’émouvoir. Le sentiment qu’on a devant le film pourrait se résumer dans une scène. Lorsque la mère de Mandy lui explique qu’elle, savait que ces choses pouvaient arriver, mais que son père n’y a jamais été préparé. Une manière d’appeler le public à une prise de conscience, et en particulier une audience masculine. Sauf que là encore tout passe purement et simplement par le texte. Dès lors, en dépit de sa courte durée (moins d’1h30) Share paraît plat et trop long. Un cas typique de film percutant sur un format court, qui en long-métrage laisse terriblement léthargique.

 

Share de Pippa Bianco sur OCS à partir du 14 septembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Tandis que Netflix fait régulièrement les gros titres en annonçant l'achat de droits de diffusion de films, leur empêchant ainsi (dans le système actuel et surtout français) une sortie dans les salles de cinéma, HBO parvient à se faire plus discret sur la question. Pourtant, la chaîne américaine, célèbre pour ses séries, traîne également dans des festivals comme Sundance pour acquérir des œuvres. L'année dernière, c'est donc sur le petit écran qu'on a pu découvrir par exemple The Tale (passé à Deauville et diffusé en France sur OCS). Un film calibré pour Sundance, tout comme semblait l'être Share, présenté en compétition…

Conclusion

Note de la rédaction

En dépit de ses bonnes intentions et du message fort qu'elle veut faire passer, Pippa Bianco fait preuve d'un réel manque d'ambition.

Note spectateur : Sois le premier !
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