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Sorry to bother you : une satire politique et sociale déjantée

CRITIQUE FILM – Après la production et la chanson, Boots Riley ajoute une corde à son arc en réalisant son premier film, « Sorry to bother you ». Derrière cette histoire où un jeune vendeur découvre un moyen de gagner beaucoup d’argent, le réalisateur offre une critique de la société juste et divertissante.

Il a brillé lors du Sundance Film Festival l’année passée, a récolté des éloges lors du SXSW Film Festival d’Austin et fait presque l’unanimité chez les critiques du monde entier. Sorry to bother you fait fièrement partie de ces perles du cinéma indépendant qui sont nées dans les plus prestigieux festivals de cinéma et qui, grâce au bouche à oreille des festivaliers, s’est fait un nom avant même d’être proposé au public plus lambda. Il faut dire que le film a tout pour plaire : un joli cadre au vernis coloré, un casting fait de têtes d’affiche (Lakeith Stanfield, Tessa Thompson, Terry Crews ou encore Armie Hammer) et un sujet d’actualité, le tout dans un emballage complètement déjanté et jouissif. On y suit Cassius Green, qui après avoir obtenu un boulot de vendeur en télémarketing bascule dans un univers macabre en découvrant une méthode magique pour gagner beaucoup d’argent.

Réalisé par Raymond Lawrence Riley, plus connu sous le nom de Boots Riley, le producteur et rappeur qui s’est fait un nom à travers des groupes comme The Coup, passe pour la première fois derrière la caméra. En reprenant le titre d’une des chansons phares de son groupe, sorti en 2012, il touche le cinéma d’auteur en plein cœur. Ce cinéma qui se fabrique brillamment par une fraîcheur au sein de la réalisation, tout en étant scénaristiquement politique et socialement engagé. Et parce qu’il a plusieurs cordes à son arc, et qu’il a raison d’en profiter, le réalisateur signe la bande-originale du film, en proposant un véritable nouvel album.

Une réalité alternative qui questionne la nôtre

Ces dernières années, les œuvres du petit et grand écran abordant les luttes raciales se sont, très justement, manifestées comme pour marquer au fer rouge l’époque dans laquelle elles sont crées. Il n’est pas très utile de le rappeler, mais ça peut toujours faire un peu de bien, une oeuvre a toujours un contexte au-delà de l’histoire qu’elle aborde. Dernièrement, des œuvres comme BlackKklansman ou Blindspotting petite perle du cinéma indépendant passée trop inaperçue en fin d’année 2018 – ou, actuellement en salles, The Hate U Give, nous rappellent que le racisme se manifeste sous différentes formes : que ce soit de la manière la plus cruelle, à la plus ordinaire.

Critique Sorry to bother you : une satire politique et sociale déjantée

En plaçant intelligemment l’histoire de son long-métrage dans une réalité alternative, Boots Riley met directement son film dans cette veine. Si les spectateurs ont conscience que cette réalité est transformée, ses points communs avec celle dans laquelle ils se trouvent ne fait qu’accentuer les thématiques et les propos du film. Une fois que ce cap est passé, le réalisateur emmène les spectateurs dans un tout autre décor. Semblable, encore une fois, au notre, mais en se permettant toutes les folies possibles et imaginables dans une réalité qui peut être différente. On passe alors d’un film gentillet et presque trop lisse à une comédie dramatique déjantée et presque sans limite, complètement jouissive.

Une autre façon d’aborder le racisme

Si, en effet, Sorry to bother you aborde le racisme, la suprématie blanche et le capitalisme, il le fait d’une manière (en apparence) plus légère. Alors que les débats autour des fameux « on ne peut plus rien dire » ou « on ne peut plus rire » s’animent sur les réseaux sociaux et dans les médias, Boots Riley démontre qu’avec un scénario solide, intelligent et cohérent, les propos les plus graves de notre société peuvent être traités d’une autre manière. De plus, la comédie (dans ses meilleurs moments, bien sûr), a toujours eu le privilège de faire passer des messages d’une manière moins brute, c’est-à-dire sans heurter directement les spectateurs, mais en étant tout aussi frontale afin de faire réagir, de questionner et, concernant les meilleures d’entre elles, les sensibiliser. Sorry to bother you le prouve grandement au fur et à mesure que son récit avance, n’hésite plus à utiliser les mots les plus forts, les situations les plus dures, pour dire et appuyer d’avantage sur les choses déjà abordées au début du récit.

 

Sorry to bother you de Boots Riley, en salle le 30 janvier 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Il a brillé lors du Sundance Film Festival l'année passée, a récolté des éloges lors du SXSW Film Festival d'Austin et fait presque l'unanimité chez les critiques du monde entier. Sorry to bother you fait fièrement partie de ces perles du cinéma indépendant qui sont nées dans les plus prestigieux festivals de cinéma et qui, grâce au bouche à oreille des festivaliers, s'est fait un nom avant même d'être proposé au public plus lambda. Il faut dire que le film a tout pour plaire : un joli cadre au vernis coloré, un casting fait de têtes d'affiche (Lakeith Stanfield, Tessa…

Conclusion

Note de la rédaction

Grâce à son scénario intelligent, à sa réalisation remarquable, "Sorry to bother you" s'impose comme le film indépendant de ce début d'année.

Note spectateur : Sois le premier !

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