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The Boy La Malédiction de Brahms : énième poupée démoniaque

The Boy La Malédiction de Brahms : énième poupée démoniaque

CRITIQUE / AVIS FILM – Après un premier opus surprenant, « The Boy : La Malédiction de Brahms » fait le choix de mettre de côté son principal intérêt pour rentrer dans le moule des films d’épouvante mettant en scène des poupées démoniaques.

En 2016 sortait le film d’épouvante The Boy. Dedans, on y suit Greta, une Américaine engagée comme baby-sitter dans une grande demeure de la campagne anglaise. Un hic cependant, l’enfant à garder n’est pas un enfant, mais une poupée… Brahms, avec qui il faut se comporter comme s’il s’agissait d’un être en chair et en os. Evidemment, une fois que Greta est seule avec Brahms, des choses étranges commencent à se passer. Des objets disparaissent, des bruits dans la maison et la terrible sensation que la poupée est vivante. Dès lors, on pouvait craindre que The Boy ne fasse que reprendre le concept de poupée possédée, déjà vu avec Chucky ou Annabelle. Mais heureusement, un twist génial (qu’on ne révélera pas) donnait au film tout son intérêt.

Que peut donc apporter de plus The Boy : La Malédiction de Brahms, dès lors que ce retournement de situation est connu ? Sur le papier, pas grand chose a priori. Pourtant, les premiers instants de cette suite laissaient penser à une nouvelle bonne idée. En effet, Lisa (Katie Holmes) et son fils Jude (Christopher Convery) sont réveillés un soir par des cambrioleurs. Rien de trop dramatique, heureusement, mais le choc psychologique provoque un mutisme chez Jude, et des cauchemars pour Lisa. Une situation qui oblige la famille à partir se ressourcer dans une petite maison de campagne, près de la demeure du premier opus.

D'un bon thriller à une version pauvre d’Annabelle

Dès lors, il aurait été intéressant de mettre en scène une certaine paranoïa de Lisa, pour garder une raison plausible au malaise provoqué par Brahms, la fameuse poupée aussitôt retrouvée et adoptée par Jude. Ainsi, il aurait été malin de maintenir le mystère sur les pouvoirs maléfiques de l’objet en justifiant les événements à venir par une folie de la protagoniste. Sauf que cette possibilité s’avère rapidement mise de côté, pour un parti-pris fantastique dommageable à plusieurs niveaux. D’une part, The Boys 2 apparaît en contradiction directe avec le film précédent, et repousse d’un revers de main sa qualité première. Préférant la banalité à l’originalité. D'autre part, les révélations de ce second film viennent réécrire toute la psychologie infantile et le concept fascinant d’enfant tueur.

Critique / Avis The Boy La Malédiction de Brahms : énième poupée démoniaque

Les représentations d’enfants meurtriers sont nombreuses dans le cinéma d’horreur (ou autre). Mais une explication permet souvent au spectateur d’accepter que l’enfant puisse ne pas être innocent. Généralement, pour justifier les agissements de l’enfant, le cinéma en passe par la possession (L’Exorciste, et donc The Boy 2). Seul un démon pouvant être tenu responsable de tels actes. Halloween est de son côté un des rares films à établir un constat glaçant ; que, sans raison, un enfant peut commettre l’irréparable.

The Boy 2 aurait bien entendu mieux fait de suivre cette direction plutôt que de se contenter de s’enfoncer dans une origine mystique. On remarque d’ailleurs que, par ce choix, la mise en scène même de William Brent Bell (déjà présent sur le premier film) perd en intérêt au fil des minutes. Pourtant efficace pour faire grandir la tension dans la première partie, le cinéaste s’effondre dans un final grotesque et dérisoire. Difficile alors de vraiment se passionner pour The Boy 2. S’il n’est pas déplaisant de retrouver Katie Holmes, rien dans son personnage ne parvient à toucher suffisamment. Il en va de même avec le reste de la famille : un père trop cool et un enfant à qui on donnerait bien deux claques. Et à défaut de séquences capables d’effrayer, il ne reste alors plus grand chose dans The Boy : La Malédiction de Brahms pour nous faire frissonner.

 

The Boy : La Malédiction de Brahms de William Brent Bell, en salle le 26 février 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.