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Vice : violent réquisitoire contre l’Oncle Sam

CRITIQUE FILM – Vice est un de ces longs-métrages qui semble à première vue taillé pour les Oscar : récit politique, casting 5 étoiles, acteur principal méconnaissable… Pourtant, le film d’Adam McKay n’est pas un énième film formaté pour la cérémonie, mais un réquisitoire efficace contre les nombreux vices des politiques, et de leurs guerres…

L’homme qui voulait être roi

S’il n’est pas des plus connus en France, Dick Cheney a pourtant été le vice-président de George W. Bush pendant les deux mandats de ce dernier – entre 2001 et 2009 donc. Huit ans d’une présidence décriée, qui viennent s’insérer dans un récit de quarante années de la vie d’un homme qui, au contact de la politique, se transforme inexorablement en monstre. Si le 11 septembre 2001 constitue un pivot dans Vice, Adam McCkay (qui nous avait plus habitué à ses désormais classiques comédies avec Will Ferrell) choisit de nous raconter le parcours de Dick depuis son entrée, en bas de l’échelle, dans le grand jeu de la politique.

Et comme si le futur vice-président ne pouvait inexorablement pas avoir de part d’innocence en lui, on ne le verra jamais enfant. Non, le plus jeune Cheney que le spectateur rencontre est un ouvrier alcoolique qui ne doit son ascension qu’à sa femme. Pour nous raconter la vie et « l’œuvre » de l’ancien vice-président, le cinéaste fait le choix d’une narration éclatée faite de flashbacks, inserts, voix-off énigmatique et autres split-screen. Cette mosaïque d’images s’accompagne de tics de réal un peu lourds au début, nous faisant craindre un énième ersatz scorsesien.

Cependant, ces tics se font oublier sur la longueur pour au final offrir une réalisation efficace, et souvent inspirée. Adam McCkay joue au petit malin, comme semble nous l’indiquer le carton qui ouvre le film, mais cela semble être la meilleure arme trouvée contre un personnage politique encore vivace. Il faut dire que Vice n’y va pas de main morte : le long-métrage est un portrait étonnamment violent des États-Unis, au message « anti-Trump » encore plus explicite que le très bon Pentagon Papers.

Dr Jekyll et mister Vice

De la création de Fox News aux machinations politiques, nombreuses obsessions américaines purement contemporaines se retrouvent ça et là dans le récit. Mais c’est étonnement l’invasion de l’Irak sur laquelle finir par se focaliser Adam McKay, jusqu’à axer toute la dernière partie de son film sur la question. Dick Cheney apparaît ainsi comme un des principaux responsables de l’intervention américaine, et le McKay s’attarde pour déconstruire tous les mécanismes qui mènent le vice-président à s’auto-convaincre du bien-fondé de ses décisions.

L’exercice critique est tellement appuyé qu’il paraît parfois maladroit, et ne convaincra sûrement pas ceux qui refusent de l’entendre. Le film semble d’ailleurs parfois conscient de s’adresser majoritairement à un public partageant son point de vue. Pour autant, son côté cynique fait souvent mouche, nous rappelant d’où vient le réalisateur. Si on a évoqué nos quelques réserves concernant l’aspect visuel de Vice, difficile cependant d’en avoir côté casting.

Comme tout bon film politique visant les Oscar qui se respecte, les noms sont clinquants. Saluons tout d’abord Sam Rockwell, qui interprète un George W. Bush proche d’un personnage des frères Coen, comme une évidence. Autour du vice-président, on retrouve Amy Adams, en madame Cheney beaucoup plus importante qu’elle ne veut bien l’afficher publiquement, ainsi que Steve Carell en ministre « à l’ancienne », naturellement vulgaire. Carell continue ainsi dans son registre dramatique, après son émouvant Bienvenue à Marwen en janvier, et aurait tout autant mérité une  nomination.

Mais bien entendu, on a gardé le meilleur pour la fin : dans la peau du politicien, Christian Bale excelle encore une fois. Bien sûr, le côté de transformation physique pour glaner une statuette s’est transformé en marronnier. Pour autant, la performance n’en est pas moins impressionnante, et son jeu va bien au-delà. Excellant dans tous les plans, Dick Cheney, c’est lui, et on finit par l’oublier sous les prothèses et un maquillage étonnamment invisible. Si Vice est très plaisant sans non plus être un très grand film, l’interprétation de Bale, elle, force le respect !

Vice d’Adam McKay, en salle le 13 février 2019. Ci-dessus, la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

L’homme qui voulait être roi S'il n'est pas des plus connus en France, Dick Cheney a pourtant été le vice-président de George W. Bush pendant les deux mandats de ce dernier - entre 2001 et 2009 donc. Huit ans d'une présidence décriée, qui viennent s'insérer dans un récit de quarante années de la vie d'un homme qui, au contact de la politique, se transforme inexorablement en monstre. Si le 11 septembre 2001 constitue un pivot dans Vice, Adam McCkay (qui nous avait plus habitué à ses désormais classiques comédies avec Will Ferrell) choisit de nous raconter le parcours de Dick…

Conclusion

Note de la rédaction

Vice est donc un film qui fait passer un message politique fort, pas forcément de manière très fine mais avec une certaine habilité. Grimé mais reconnaissable, Christian Bale, lui, nous épate encore une fois !

Note spectateur : 3.68 ( 2 votes)
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