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Kingdom : juste une autre série de zombies pour Netflix

CRITIQUE SÉRIE – Netflix se lance dans une série de zombies coréenne avec « Kingdom ». Après « Hard Day » et « Tunnel », Kim Seong-hun s’est chargé de réaliser les épisodes de cette série d’horreur, où un jeune Prince découvre qu’une étrange épidémie grandit dans le royaume et que les morts reviennent à la vie.

Après l’échec de son premier film, How the Lack of Love Affects Two Men (2006), qu’il justifie lui-même par une vision pseudo-élitiste qu’il pouvait alors avoir, Kim Seong-hun aura mis quasiment dix ans avant de pouvoir à nouveau réaliser un long-métrage. C’était Hard Day (2014), une comédie policière jouissive qui a fait plus de trois millions d’entrées en Corée. Un succès qui lui aura permis d’enchaîner deux ans plus tard avec le très bon Tunnel (2016) qui a réuni sept millions de spectateurs coréens. Cette ascension fulgurante lui a ainsi ouvert la porte à un autre format : la série.

C’est généralement dans l’autre sens que les choses se font. Mais par curiosité, et en attendant de réaliser son quatrième film, le cinéaste a accepté de rejoindre le projet de Netflix, Kingdom, une série de zombies scénarisée par Kim Eun-hee, connue en Corée pour ses dramas.

Critique Kingdom : juste une autre série de zombies pour Netflix

En observant le travail de Kim Seong-hun jusque-là, on note une certaine continuité. Avec Hard Day, un policier corrompu cherchait à s’en sortir après avoir renversé un piéton. Dans Tunnel, un homme bloqué par l’éboulement d’un tunnel attendait les secours. Deux thèmes ressortent et se rejoignent : la survie de l’homme et la notion de peur liée. De plus, avec ses deux films, on trouvait déjà quelques séquences qui tendaient vers une forme d’épouvante. Il y avait ce sentiment d’étrangeté inquiétante lorsque le policier d’Hard Day se décidait à cacher le corps de sa victime dans le cercueil de sa mère avant sa mise en bière. Et on aurait bien cru qu’une créature allait surgir lorsque le héros de Tunnel observait inquiet des débris sur le point de l’enterrer définitivement. Kingdom dispose ainsi de la base parfaite pour continuer dans cette direction pour le réalisateur, puisque cette fois il est question de zombies.

Un décor original, et c’est tout

Située en pleine période médiévale, durant la dynastie Joseon, on y suit le Prince du royaume. Alors que son père est gravement malade, et que sa jeune belle-mère et le père de celle-ci l’empêchent de lui rendre visite, il décide de partir à la recherche du dernier médecin présent sur les registres. Son parcours l’amène à un petit village éloigné de la capitale où les morts reviennent à la vie. Kingdom va alors naviguer entre deux histoires principales. D’un côté, le prince qui découvre la naissance d’une épidémie de zombies, et de l’autre, les têtes pensantes du gouvernement qui prétendent que le roi est encore vivant en attendant la naissance d’un héritier qui pourra remplacer le Prince. On a là les habituelles manipulations et trahisons en vue de garder le pouvoir. Des éléments finalement peu pertinents, qui ne font que combler une autre partie qui aurait mérité un meilleur traitement dans Kingdom.

En effet, après quelques épisodes, un petit groupe se forme avec le Prince (Ju Ji-hoon), son garde du corps, une médecin (Bae Donna, qu’on a connu en meilleure forme) et un mystérieux vagabond. En ne se concentrant pas suffisamment sur eux, en n’approfondissant pas davantage ces personnalités, Kingdom ne dispose pas de l’empathie nécessaire pour vraiment emporter dans une histoire déjà trop ressassée. On peut même aller jusqu’à s’interroger sur l’absence de traiter du sentiment de culpabilité du vagabond, pourtant responsable de l’épidémie.

Critique Kingdom : juste une autre série de zombies pour Netflix

Là où Dernier train pour Busan est parvenu à relancer un peu le genre, en mettant en scène une attaque de zombies dans un cadre spécifique (un train), où se joue une métaphore de la lutte des classes, la série de Netflix est bien moins originale. Certes la réalisation de Kim Seong-hun est bien huilée. Le cinéaste maîtrisant son sujet, il sait gérer les moments de tension, offre quelques beaux plans, et n’épargne rien au spectateur qui verra femmes et enfants subir un destin tragique. Mais au-delà de ça, Kingdom se contente d’un récit classique durant lequel le Prince devra se révéler en héros d’un peuple abandonné. Là encore, l’anti-héros propre aux films de Kim Seong-hun s’effaçant bien trop vite. Les mystères se devinent alors assez vite, et seul un ultime rebondissement à la fin du dernier épisode justifie qu’on s’intéresse à une saison 2 déjà en préparation.

 

Kingdom réalisée par Kim Seong-hun, à partir du 25 janvier 2019 sur Netflix. Ci-dessus la bande-annonce.

Après l’échec de son premier film, How the Lack of Love Affects Two Men (2006), qu’il justifie lui-même par une vision pseudo-élitiste qu’il pouvait alors avoir, Kim Seong-hun aura mis quasiment dix ans avant de pouvoir à nouveau réaliser un long-métrage. C’était Hard Day (2014), une comédie policière jouissive qui a fait plus de trois millions d’entrées en Corée. Un succès qui lui aura permis d’enchaîner deux ans plus tard avec le très bon Tunnel (2016) qui a réuni sept millions de spectateurs coréens. Cette ascension fulgurante lui a ainsi ouvert la porte à un autre format : la série.…

Conclusion

Note de la rédaction

"Kingdom" bénéficie de la réalisation maîtrisée de Kim Seong-hun mais au-delà de ça, la série de zombies de Netflix reste assez convenue et ne renouvelle en rien le genre.

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