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Narcos Mexico : la guerre contre la drogue se poursuit sur Netflix

CRITIQUE SÉRIE – La série criminelle ultra-populaire de Netflix revient pour une quatrième saison, « Narcos : Mexico », qui nous fait passer de la Colombie au Mexique. Il faudra faire cette fois sans l’agent Pena et son interprète Pedro Pascal. On a pu voir les 5 premiers épisodes en avant-première. Alors, réussite ou déception ?

Une partie du charme de Narcos s’était perdu en route entre la saison 2 et la 3. Pour quelle raison ? La disparition du scénario autour de Pablo Escobar laissait un immense vide. Cette figure centrale du cartel de Medellín est source de fascination pour le public, un nom qui a lui seul évoque tant de choses. La série arrivait bien, en parallèle de la traque, à ausculter la complexité de son caractère, sans le glorifier ni le réduire au grand méchant loup qui terrorise un pays de par ses agissements discutables. L’acteur brésilien Wagner Moura l’interprétait magnifiquement, lui apportant une remarquable incarnation physique et psychologique à l’écran. Mais le show ne pouvait réécrire l’Histoire et devait passer à autre chose. Ce qu’il a tenté de faire avec le Cartel de Cali. La réussite était moins probante. Les trois têtes pensantes de l’organisation n’arrivaient pas à faire oublier Pablo Escobar.

Il restait néanmoins l’agent Pena, porté par le génial Pedro Pascal. Sa participation à Narcos a été pour lui, et surtout pour sa carrière, un tournant. Lui ouvrant des grandes portes à Hollywood – on le retrouvera par exemple dans Wonder Woman 1984 et la série Star Wars, The Mandalorian. De la même manière que l’après Escobar était difficile à gérer, l’après agent Pena le sera tout autant pour cette saison. Sous-titrée Mexico, elle nous réoriente au sein d’un nouveau pays qui enfante aussi de redoutables bandits.

Une recette qui marche

D’entrée de jeu, la voix-off fait son apparition. Élément central dans le mode de narration mis en place par la série, elle jongle entre les images d’archives et la fiction pour retranscrire la complexité des enjeux qui sont au cœur de Narcos. Elle est nécessaire, grâce à son ton, pour nous initier aux codes de l’univers. D’autant plus qu’il faut quasiment repartir de zéro cette saison avec des nouveaux personnages, un nouveau contexte géopolitique. Des explications qui pourraient être assommantes sans cette voix-off dosée pour faire passer la pilule, ne se privant pas de petits commentaires personnalisés ou d’employer l’ironie pour rendre l’ensemble digeste.

Une voix-off à l’image de la série, à la fois rattachée aux événements tels qu’ils se sont déroulés sans oublier de faire le show. Où s’arrête la part de réalité et où commence la fiction ? Pour nous, simples spectateurs qui avons des connaissances superficielles sur le sujet, la frontière est imperceptible. Qu’importe, l’important, à vrai dire, reste en priorité l’efficacité dont fait preuve la série. Elle ne réécrit pas fondamentalement l’histoire, elle l’ornemente. Puis, quand la réalité dépasse allègrement ce que la fiction peut imaginer (La Catedral de Pablo Escobar, par exemple), à quoi bon chercher où se trouvent les limites ? Depuis son commencement, Narcos joue là-dessus sans s’en cacher, allant jusqu’à annoncer dans un carton situé au début de chaque épisode qu’elle s’autorisait des écarts au nom de la fiction.

Changement de trafic

Ce qu’il faut retenir, pour résumer, c’est que la drogue est toujours au centre (sinon ce ne serait plus Narcos), mais elle aussi change. Le trafic de cocaïne voit un marché parallèle grandir dans le paysage : le cannabis. Félix Gallardo sait qu’il faut évoluer dans ce milieu pour rester à la page. Son patron ne le comprend pas, alors il devra mettre la main à la pâte pour construire l’empire qu’il désire tant. Au même moment, un policier américain, Kiki Camarena, débarque à Guadalajara avec pour ambition de faire bouger les choses au sein d’une police bâillonnée par la corruption et un système qui ne lui offre que peu de marge de manœuvre pour juguler un trafic en pleine expansion. Deux hommes dans des camps opposés qui ne sont pas si différents. Obsédés par la réussite, ils ne supportent pas la frustration liée à l’échec. La série ne se trompe pas sur ce qu’ils sont, en les filmant de la même manière à leur arrivée à Guadalajara, dans un montage alterné qui met en exergue leurs similitudes.

Derrière ces personnages, il y a deux acteurs : Michael Peña et Diego Luna. Le premier, à propos duquel on avait quelques doutes, tient vraiment bien son rôle de flic déterminé, prêt à s’impliquer avec dévouement dans une traque que les autorités croient perdue d’avance. En face, Diego Luna, incarne un méchant avec énormément de relief, qui ne paye pas de mine physiquement de par sa carrure passe-partout, mais qui peut accomplir de grandes choses. L’opposition n’est pas celle entre un bon et un méchant, mais entre des hommes avant tout, avec des failles, leurs souffrances et leurs échecs. On regrettait le départ de Pablo Escobar par le passé, ce Félix Gallardo paraît moins gargantuesque, joue sur un autre registre en laissant transparaître des émotions avec une belle subtilité. La série en vient à créer une part d’empathie à son égard, nous plaçant dans une zone grise, à cheval entre le bien et le mal. Kiki et Félix se rejoignent dans le fond énormément, de par leur comportement dans la sphère privée comme professionnelle. Voir ces figures agir en faisant écho à leur adversaire respectif s’avère une des faces les plus passionnantes de Narcos : Mexico.

Cette fresque criminelle n’est pas que le portrait d’hommes déterminés dans un milieu pourri mais un habile jeu du chat et de la souris, organisé autour de quelques séquences tendues. Narcos : Mexico réussit avec brio à passer après trois saisons en Colombie, en gardant les composants qui font son identité tout en arrivant à renouveler sa galerie de personnages – ce qui était son plus gros défi. En changeant sa géolocalisation, la série met les pieds dans un milieu qui peut la faire s’acheminer doucement jusqu’à notre époque. Dans l’ombre de Félix Gallardo, un certain El Chapo pointe le bout de son nez durant cette saison. On sait ce qu’il advient de lui par la suite et ce vers quoi Narcos peut tendre dans le futur.

 

Narcos : Mexico créée par Eric Newman et Doug Miro, sur Netflix à partir du 16 novembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Une partie du charme de Narcos s'était perdu en route entre la saison 2 et la 3. Pour quelle raison ? La disparition du scénario autour de Pablo Escobar laissait un immense vide. Cette figure centrale du cartel de Medellín est source de fascination pour le public, un nom qui a lui seul évoque tant de choses. La série arrivait bien, en parallèle de la traque, à ausculter la complexité de son caractère, sans le glorifier ni le réduire au grand méchant loup qui terrorise un pays de par ses agissements discutables. L'acteur brésilien Wagner Moura l'interprétait magnifiquement, lui apportant…

Conclusion

Note de la rédaction

Deux personnages passionnants portent cette nouvelle saison sans renier les ingrédients ayant fait le succès de Narcos.

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