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The Outsider : quand Richard Price rencontre Stephen King

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – Un homme peut-il être à deux endroits au même moment ? C’est la question qui se pose dans « The Outsider », adaptation du roman de Stephen King par HBO, qui navigue entre série criminelle réaliste et récit fantastique.

En début d’année 2019 en France (mai 2018 aux Etats-Unis) est paru le roman de Stephen King, L’Outsider. Étant donné que l’auteur est adapté à toutes les sauces ces dernières années, il n’aura pas fallu attendre longtemps avant que quelqu’un songe à tirer également quelque chose de ce dernier ouvrage. C’est finalement HBO qui s’est penchée sur cette œuvre pour proposer The Outsider, mini-série de dix épisodes dont nous avons pu voir les six premiers. Pour assurer la transition sur le petit écran, la chaîne américaine a (re)fait appel à Richard Price, qui avait participé à The Wire et The Deuce, et surtout œuvré sur l’excellente The Night of.

Il ne faut pas longtemps devant The Outsider pour retrouver justement cette ambiance sombre et réaliste de The Night of. À l’image, mais avant tout dans l’écriture. Comme dans la mini-série de 2016, The Outsider part d’un crime et d’un coupable tout désigné pour montrer les conséquences d’une erreur judiciaire. Sauf que si avec The Night of l’erreur venait du système, The Outsider pointe en premier lieu l’humain, en la personne du Détective Ralph Anderson.

D’une enquête classique

Tout commence lorsqu’est retrouvé le corps mutilé d’un jeune garçon dans une petite ville de l’Oklahoma. Ralph arrive sur les lieux, mais son visage reste dans la pénombre jusqu’à ce que les éclairages installés sur la zone du crime permettent d’identifier Ben Mendelsohn, qui interprète à la perfection le policier. Puis, c’est durant les quelques interrogatoires menés par Ralph que ce dernier semble toujours vouloir se dérober, se cachant derrière sa main ou en évitant le regard de son interlocuteur. Des choix de mise en scène qui annoncent que la vérité ne sera pas si facile à voir, pour Ralph comme pour le spectateur.

Critique The Outsider : quand Richard Price rencontre Stephen King
© 2019 Home Box Office, Inc. All rights reserved

Pourtant, tout désigne comme coupable Terry Maitland, l’entraîneur de l’équipe locale de baseball : des témoins, mais aussi ses empreintes et son ADN retrouvés sur les lieux du crime. Ralph ne se pose pas de question et fonce en arrêtant en public Terry. Un acte non-professionnel qui aura de graves conséquences tout au long des premiers épisodes – pour la famille de Terry. D’autant plus qu’une fois l’accusé arrêté, celui-ci dévoile un alibi en béton. La preuve vidéo qu’il était à plusieurs dizaines de kilomètres au moment des faits. Curieusement, d’autres preuves vidéo le montre bel et bien proche des lieux du meurtre. Une personne ne pouvant pas être à deux endroits à la fois, c’est ainsi que la part fantastique propre à Stephen King s’ajoute à ce qui partait comme une « classique » histoire de crime et procédurière.

À un récit surnaturel maîtrisé

La force de Richard Price est alors de garder The Outsider (dans ses premiers épisodes) la plus éloignée possible du fantastique. Pour cela, il peut s’appuyer sur la maîtrise de Jason Bateman, qui en plus de tenir le rôle de Terry (excellent aux antipodes de ses rôles habituels comiques), est à la réalisation des deux premiers épisodes qui donnent le ton de la série. Et si sous la direction d’Andrew Bernstein (épisode 3 et 4) le rythme s’affaiblit, Igor Martinovic (épisode 5) et Karyn Kusama (épisode 6) le sauvent en redonnant un coup de boost au show et en instaurant une tension palpable.

Critique The Outsider : quand Richard Price rencontre Stephen King
© 2019 Home Box Office, Inc. All rights reserved

Cependant, l’arrivée de l’enquêtrice Holly Gibney (Cynthia Erivo), ouverte justement aux possibilités mystiques, force Ralph (et le spectateur) à revoir sa position sur le surnaturel. Lui, qui dit n’avoir aucune tolérance pour l’inexplicable, se retrouve face au mur lorsque sont découvertes d’autres personnes accusées d’un meurtre qu’elles disent n’avoir jamais commis – comme Terry. L’opposition entre ce qu’incarne Holly et Ralph dicte ainsi parfaitement le ton de la série.

Et c’est même nos propres croyances et acceptations vis-à-vis du surnaturel qui s’en retrouvent troublées. En oscillant entre rêve et surnaturel, le doute s’installe sur ce qui est vrai ou simplement vraisemblable. The Outsider rappelant les certitudes limitées de la science, elle offre un climat fantastique captivant et dérangeant qui, s’il ne bascule pas dans le grotesque sur les derniers épisodes (ce qu’on imagine difficilement avec notamment Dennis Lehane au scénario), pourrait même faire oublier des longueurs certaines.

 

The Outsider créée par Richard Price, à partir du 12 janvier 2020 sur HBO et OCS. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

En début d’année 2019 en France (mai 2018 aux Etats-Unis) est paru le roman de Stephen King, L’Outsider. Étant donné que l’auteur est adapté à toutes les sauces ces dernières années, il n’aura pas fallu attendre longtemps avant que quelqu’un songe à tirer également quelque chose de ce dernier ouvrage. C’est finalement HBO qui s’est penchée sur cette œuvre pour proposer The Outsider, mini-série de dix épisodes dont nous avons pu voir les six premiers. Pour assurer la transition sur le petit écran, la chaîne américaine a (re)fait appel à Richard Price, qui avait participé à The Wire et The…

Conclusion

Note de la rédaction

Malgré des longueurs et un manque de rythme au cours de certains épisodes, "The Outsider", portée par un très bon casting et une mise en scène maîtrisée, se présente comme une série de qualité qui oscille entre série procédurière et ambiance surnaturelle.

Note spectateur : 3.85 ( 1 notes)
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