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Oz : la série carcérale culte de HBO fête ses 20 ans !

Il y a tout juste vingt ans, la série « Oz » débarquait sur la chaîne HBO. Un anniversaire qui est pour nous l’occasion rêvée de rendre hommage à cette série culte et pourtant méconnue du grand public. Pionnière du monde des séries tel qu’on le connait aujourd’hui, elle fait partie des incontournables pour tous les fans de séries. Une référence inévitable du petit écran.

Créée en 1997 par Tom FontanaOz est un de ces monuments oubliés du monde des séries. Malgré ses qualités, la puissance indéniable qu’elle dégage et surtout l’impact qu’elle a eu sur les séries actuelles, elle n’a pas la place qu’elle mérite dans le panthéon du paysage télévisuel. D’abord parce que dans le genre carcéral, c’est la référence ultime. Rien ne s’est fait de mieux depuis et encore moins avec le ton si particulier qu’a OzPrison Break et Orange Is the New Black en sont les héritières évidentes de part leur sujet mais en dépit de leurs atouts, surtout pour la série Netflix, elles n’atteignent jamais le niveau d’intensité du show HBO.

En plus d’être la référence évidente du genre carcéralOz n’est autre qu’une pionnière de l’âge d’or des séries tel qu’on le connait aujourd’hui. Première production de la chaîne mythique HBO, elle a instauré les codes majeurs des shows de la chaîne mais aussi d’énormément de séries qui ont suivi. Encore aujourd’hui, elle est une source d’inspiration incontestable alors que ses codes sont souvent repris. Des saisons courtes avec des épisodes d’environ une heure. Une façon extrême de mettre en avant les thèmes traités, que ce soit par de la violence, de la nudité ou des atmosphères pesantes. Des sujets difficiles mais importants qui sont souvent portés par des anti-héros, la plupart du temps dans des séries d’ensemble.

Si toutes ces caractéristiques ne se retrouvent pas obligatoirement dans les séries à succès actuelles ou terminées, la plupart d’entre elles sont présentes dans tous les drames reconnus. C’est encore plus vrai pour la chaîne HBO qui en a fait son ADN comme le montre par exemple The Wire diffusée de 2002 à 2008 et connue en français sous le nom de Sur écoute. En ce moment les shows incontournables de la chaîne sont Game of Thrones et Westworld. Deux séries aux histoires et aux genres biens distincts mais qui s’inscrivent complètement dans les gênes HBO et l’héritage laissé par Oz.

L’âge d’or des séries

Nous sommes sans aucun doute en train de vivre un âge d’or dans le monde des séries. Et il ne semble pas près de s’arrêter. Avec toujours plus de nouvelles séries et de talents qui se dirigent vers ce format, l’offre est de plus en plus attractive pour les spectateurs. Les auteurs l’ont bien compris, les studios de cinéma américains sont frileux et n’osent plus prendre de risque sur des histoires dures. Hormis quelques exceptions, les blockbusters sont désormais plus des films pour ados que du vrai cinéma. Le cinéma indépendant continue de lutter pour exister et réussit à produire plusieurs pépites par an.

Toutefois la place des séries ne cesse de s’agrandir depuis vingt ans en proposant des contenus plus risqués, plus intéressants et plus approfondis. Le format sériel permet un développement plus poussé des histoires et des personnages. Une aubaine pour les auteurs mais aussi pour les acteurs, les actrices et les réalisateurs. Même les plus renommés d’entre eux se tournent désormais vers le petit écran. Qu’il s’agisse de relancer leur carrière ou de développer un projet qui leur tient à cœur, ils sont là.

Le mythe HBO

Les mérites de cet âge d’or, ou en tout cas son lancement, est souvent attribué à la chaîne HBO. Une association faite à raison tant la chaîne a produit des séries majeures depuis maintenant vingt ans. La géniale série Les Soprano revient de manière récurrente comme celle qui a changé la donne. Elle y a bien sûr grandement participé mais s’il faut nommer la première série de la chaîne, il s’agit bien d’Oz.
HBO perpétue depuis cette époque sa tradition de séries événements. La concurrence se fait de plus en plus forte avec des chaînes comme Showtime, AMC et FX ou encore les apparitions d’Amazon, Hulu et Netflix dans la danse. Et pourtant la chaîne garde une place de premier ordre.

Avec des séries traitant des tous les sujets et en laissant aux créateurs une grande liberté, HBO a donné naissance à de nombreuses excellentes séries. The Wire, Les SopranoSix Feet UnderBand of BrothersTremeThe Newsroom, Veep, Boardwalk EmpireTrue DetectiveThe LeftoversGame of ThronesWestworld, elles ont toutes une place importante et sont toutes reconnues.
Mais une fois de plus, remettons les choses dans l’ordre: la série originale c’est Oz.

Oz : série carcérale de référence

Dans le pénitencier de haute sécurité Oswald, surnommé Oz, Tim McManus a créé Emerald City. Un quartier expérimental de la prison qui a pour but d’améliorer les conditions de vie des détenus en leur laissant plus de liberté de mouvement. Mais dans cet univers clos, les rivalités, les violences, la peur et la mort règnent. Manipulations, trafics, alliances et coups bas sont de la partie. Personne n’est à l’abri.
Toutes les origines sont représentées à Emerald City: Les afro-américains, les musulmans, les italiens, les bikers, les nazis, les latinos, les gays, les irlandais et pour finir ceux qu’on appelle « les autres ». Comme on peut s’y attendre ce joli melting pot entraîne de nombreux conflits. Guerres de gangs, problème raciaux, de religions et trafics de drogues sont au rendez-vous. Les règlements de compte ne manquent pas et vous obligent à voir l’horreur de la vie en prison. Tout cela nous est raconté par Augustus Hill, membre des « autres » et narrateur du récit.

Des personnages aussi marquants qu’impitoyables

Les personnages forts sont nombreux dans cette série d’ensemble. Ryan O’Reilly, Simon Adebisi, Kareem Said, Vern Shillinger ou encore Miguel Alvarez, les leaders de chaque groupe sont tous aussi charismatiques les uns que les autres. Si certains peuvent devenir attachants, les autres sont complètement flippants et ne semblent avoir aucune limite. Ici il n’y a pas réellement de gentils et de méchants, même en incluant les gardiens. Tous le monde est logé à la même enseigne, une vraie force dans l’écriture du scénario. On plonge également dans le quotidien du personnel de la prison avec l’infirmière Gloria Nathan, le prêtre Ray Mukada, sœur Peter Marie et le directeur Leo Glynn. Ces derniers apportent la touche d’émotion à la série et démontrent l’abnégation de ces personnes travaillant dans les prisons.

Violence physique et psychologique au service de la morale et de l’humanité

Ce qui frappe le plus dans Oz, c’est bien sûr l’extrême violence quasi-permanente. Qu’elle soit physique ou psychologique, brutale ou longuement réfléchie, elle ne nous laisse aucun répit. Autant dire que la série est loin d’être tous publics mais cette tension permanente s’impose comme absolument nécessaire pour comprendre le quotidien d’Emerald City. Bien avant Game of Thrones et autre The Walking DeadOz n’avait pas peur de mettre en danger ses personnages principaux. Un choix qui se justifie d’autant plus dans l’univers si cruel que représente un pénitencier de haute sécurité.

Mais toutes ces scènes très crues, parfois intenables, ne nous sont pas infligées sans raison. Elles ne sont là que pour nous questionner sur notre morale, notre humanité et les traits de caractère de l’Homme. Chaque épisode s’ouvre avec une scène dans ce cube de verre que vous pouvez voir dans la photo ci-dessus. Augustus y aborde à chaque fois un thème différent qui sera le fil rouge de l’épisode. On se rend alors compte que même en regardant les pires horreurs, il y a toujours une leçon à en tirer si on regarde de la bonne manière.

Authenticité et immersion

Si sur le papier l’histoire se veut déjà convaincante, la réalisation et le casting ne font que la rendre plus puissante. L’ambiance si pesante qui règne dans la prison se transforme en un personnage supplémentaire. Les couleurs sont totalement absentes et laissent place à des tons gris et ternes. On est littéralement oppressé entre ces murs de béton. Une situation sans issue tel que la vivent les personnages, à aucun moment à l’abri des leurs ennemis.

Tous les comédiens sont remarquables et servent admirablement le scénario. Chaque personnage est enrichi par un arc narratif approfondi que chaque acteur et actrice incarne à merveille. Pour n’en citer que quelques uns vous pouvez retrouver J.K. Simmons, Dean Winters, Kirk Acevedo, Harold Perrineau, Eamonn Walker, Lee Tergesen, Edie Falco, Adewale Akinnuoye-Agbaje, BD Wong ou encore Christopher Meloni. La liste est longue et si les noms ne vous disent rien, vous avez vu la majeure partie d’entre eux dans d’autres séries.

Ce sentiment d’authenticité se retrouve également dans l’écriture des personnages. Leurs différentes origines, leurs parcours, tous les détails sont peaufinés. On voit se dérouler sous nos yeux des destins brisés, des vies à jamais changées.

L’héritage

Avec six saisons éprouvantes et puissantesOz ne vous laisse pas indemne. Cette immersion intense dans l’univers carcéral américain nous donne une grande claque tout en nous questionnant sur les valeurs humaines. Ceux qui l’ont vu sont marqués et la garde en tête comme comparaison à ce qu’il se fait aujourd’hui. Elle occupe donc une place primordiale dans le monde télévisuel. Bien sûr toutes les séries carcérales en sont ses premières héritières mais pas seulement. Et malheureusement tout ce qu’elle dénonçait déjà il y a vingt ans se retrouve dans Orange Is the New Black aujourd’hui. La preuve que les changements n’ont pas eu lieu.

En dissipant les limites entre les gentils et les méchants, Oz a ouvert la voie à tous les anti-héros qui lui ont succédé. Tony Soprano, Dexter et Walter White n’en sont que les exemples les plus connus. Quant à sa volonté de toujours pousser plus loin les limites, dans son cas de la violence, elle a permis des récits plus approfondis.

En bref: une série culte à découvrir d’urgence si vous ne la connaissez pas.

Quoi de mieux que la bande annonce pour vous imprégnez de son univers? La voici.

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