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Cannes 2018 : Les films à suivre en compétition officielle

Le 71ème Festival de Cannes approche à grand pas. Pour vous faire patienter, et tandis que les annonces des sélections se succèdent, voici la liste des 50 films que l’on attend à Cannes cette année, classés par sélection. Focus sur les films en compétition pour cette première partie.

En décembre dernier, dans notre seconde partie des « 50 films attendus en 2018 » (à retrouver ici), on s’était déjà pris au jeu des pronostics concernant les prétendants cannois de 2018. Résultat des courses : parmi la quinzaine de films que nous avions évoqué il y a cinq mois, seuls Le Livre d’image de Jean-Luc Godard, Under the silver lake de David Robert Mitchell et Ash is the Purest White de Jia-Zhang Ke font partis de la compétition. Trois films sur les quinze que nous avions cité… Un gros bide donc, en espérant que les sélections parallèles rattraperont nos paris manqués.

À notre décharge, nous évoquions en partie les films prestigieux à destination, certes, de Cannes, mais aussi des autres grands festivals majeurs de l’année. On verra sûrement La vie de John F. Donovan de Xavier Dolan, Sunset de Laszlo Nemes ou Radegund de Terrence Malick, absents de la compétition, à Toronto ou à Venise un peu plus tard dans l’année. Enfin, quelques films risquent d’être ajoutés à la compétition dans les jours à venir, et l’on surveillera ça, bien entendu, de très près (Les Frères Sisters de Jacques Audiard et The House That Jack Built de Lars Von Trier seraient encore en course).

En attendant, parmi les dix-huit films sélectionnés en compétition annoncés par Thierry Frémaux le 12 avril, au sein d’un lot détonnant entre jeunes pousses et ousiders (Hamaguchi, Husson), tous chapeautés par le plus éternel des cinéastes (Godard), nous en avons retenus une quinzaine que nous attendrons au tournant. Les films sont classés par ordre alphabétique du nom des cinéastes.

En guerre de Stéphane Brizé

Qu’est-ce que c’est ?

Dans la veine de La Loi du marché, sélectionné à Cannes en 2015, En guerre donnera la parole aux ouvriers broyés par la course au profit et le capitalisme sauvage dans une usine du Sud-ouest de la France. Toujours avec Vincent Lindon.

Pourquoi on l’attend ?

Parce qu’en plein « printemps social », un focus sur la réalité des travailleurs français est toujours le bienvenu, même si l’on espère que ce ne sera pas l’occasion pour Stéphane Brizé d’opposer entre eux des personnages déjà démunis, comme c’était le cas dans La Loi du marché.

Everybody Knows de Asgar Farhadi (film d’ouverture)

Qu’est-ce que c’est ?

Un drame familial où Laura et son mari, vivant à Buenos Aires, retournent en Espagne à l’occasion d’une fête de famille. Au cours de celle ci, un événement inattendu va réveiller les tensions et les passions.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que même si le pitch nous fait penser à une mauvaise parodie d’un film de Farhadi par Farhadi, ses petits drames sous tension sont toujours l’occasion, pour ses acteurs, de se révéler. À voir comment le duo BardemCruz parviendra à se renouveler dans Everybody Knows.

Dogman de Matteo Garrone

Qu’est-ce que c’est ?

L’histoire vraie d’un toiletteur pour chien Pietro De Negri, qui a assassiné en 1988 Giancarlo Ricci, un ancien boxeur devenu chef de gang.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que l’italien Matteo Garrone s’était fait remarquer il y a dix ans avec Gomorra, un film choral qui mettait en scène la Camorra, le crime organisé napolitain. Et parce qu’en s’attardant sur un fait divers sanglant, Dogman nous fera peut-être oublier l’absence (temporaire… Rien n’est terminé) de The House That Jack Built de Lars Von Trier.

Le Livre d’image de Jean-Luc Godard

Qu’est-ce que c’est ?

Le pitch officiel du Livre d’images promet un film « révolutionnaire » divisé en cinq chapitres. Difficile d’en savoir plus sur un film qui s’annonce, encore une fois, indescriptible.

Pourquoi on l’attend ?

Parce qu’on vous en parlait déjà en décembre : le nouveau JLG sera dans la veine de ses deux précédents essais filmiques, Film socialisme et Adieu au langage et promet de repousser toujours les limites de son cinéma et du cinéma en général.

Nietemo Sametemo (Asako I & II) de Ryusuke Hamaguchi

Qu’est-ce que c’est ?

Un drame japonais où Asako perd son grand amour, avant de rencontrer son sosie parfait deux ans plus tard.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que, pour être tout à fait honnête, on ne sait pas grand-chose de Ryusuke Hamaguchi et qu’il nous tarde toujours de découvrir une nouvelle tête.

Les Filles du soleil de Eva Husson

Qu’est-ce que c’est ?

Le combat quotidien des femmes soldates kurdes des Filles du soleil, sur le point de récupérer la ville de Gordyene, où Bahar, la commandante du groupe, avait été capturée. Mathilde, une journaliste française, couvre l’événement.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que même si le premier long de Eva Husson, Bang Gang, avait fait plus de bruit par sa vision polémique de l’adolescence que pour ses promesses cinématographiques, celle-ci change totalement de registre avec Les Filles de soleil, un film de guerre féministe où Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot tiendront les rôles principaux.

Ash is Purest White de Jia Zhang-Ke

Qu’est-ce que c’est ?

En Chine à Datong, au début des années 2000, Qiao, une jeune danseuse, finit en prison après avoir voulu protéger son petit ami, Bin, un gangster du coin. À sa sortie, cinq ans plus tard, celle-ci part à la recherche de Bin pour recommencer une nouvelle vie.

Pourquoi on l’attend ?

Parce qu’avec cette histoire d’ex-gangster à la recherche d’une rédemption, le réalisateur chinois Jia Zhan-Ke aura sûrement l’occasion de livrer, après A Touch of Sin et Au-delà des montagnes, un nouveau portrait monumental de son pays.

Shoplifters de Hirozaku Kore-eda

Qu’est-ce que c’est ?

L’histoire d’une famille de voleurs à l’étalage et d’une petite orpheline, que Osamu, sa femme et ses enfants vont recueillir et protéger. Mais un incident va mettre à l’épreuve le bonheur fragile de cette famille recomposée.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que Hirozaku Kore-eda filme plus vite que son ombre. Un mois après la sortie en France de l’impressionnant The Third Murder (voir notre critique), le réalisateur japonais revient avec une nouvelle histoire de famille.

Burning de Lee Chang-dong

Qu’est-ce que c’est ?

Un thriller sud-coréen de 2h20 où trois jeunes, deux hommes et une femme, sont réunis à la suite d’un événement improbable : l’un des hommes prétend être pyromane.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que ce nouveau film de Lee Chang-dong, écrivain et homme politique révélé comme cinéaste en 2002 avec Oasis, promet beaucoup après son dernier drame intimiste en 2010 avec Poetry. Burning est certainement l’un des films les plus attendus de cette édition cannoise.

BlacKKKlansman de Spike Lee

Qu’est-ce que c’est ?

L’histoire vraie d’un agent de police noir de Colorado Springs qui a écrit le livre « Black Klansman » après avoir infiltré sous couverture le Klu Klux Klan en 1978.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que Spike Lee promet, encore une fois, un film américain dans tout ce qu’il a de plus effrayant et évident avec cette sorte d’« anti-Naissance d’une Nation » qui fera plaisir à Trump et à ses amis de l’alt-right. On a hâte.

Under the Silver Lake de David Robert Mitchell

Qu’est-ce que c’est ?

Un zonard de Los Angeles, Sam, se met à la recherche de la jeune Sarah. Mais sa quête vire à l’obsession.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que ce qu’après l’événement qu’avait suscité It Follows à la Semaine de la critique en 2014, David Robert Mitchell sera attendu au tournant. Et parce qu’on a sacrément envie de voir ce que peut donner ce croisement improbable et excitant entre Inherent Vice et Southland Tales.

Three Faces de Jafar Panahi

Qu’est-ce que c’est ?

Un road-movie dressant le portrait de trois femmes par le réalisateur de Taxi Téhéran.

Pourquoi on l’attend ?

Parce qu’après Taxi Téhéran, qui l’a révélé à la critique et au public lors de son sacre à la Berlinale en 2015, Jafar Panahi a été interdit de travailler dans son pays. Et parce qu’on est curieux de voir son nouveau film tourné dans ces conditions si particulière.

Cold War de Pawel Pawlikowski

Qu’est-ce que c’est ?

Un film romantique en noir et blanc et en format carré entre la Pologne, Berlin, la Yougoslavie et Paris dans les années 50.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que Cold War sera le premier film du polonais Pawel Pawlikowski, dont le succès surprise de Ida en 2013 avait étonné tout le monde. Et parce que le pitch promet un film unique et hors du temps.

Heureux comme Lazzaro de Alice Rohrwacher

Qu’est-ce que c’est ?

Un drame contemporain s’attardant sur la vie de Lazzaro, un jeune paysan resté à l’écart du monde moderne et des derniers bouleversements de la société italienne.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que la jeune réalisatrice italienne Alice Rohrwacher avait surpris tout le monde avec Les Merveilles, il y a quatre ans, en remportant le Grand Prix à Cannes malgré la réception houleuse de la presse durant le festival.

Yomeddine de A. B. Shawky

Qu’est-ce que c’est ?

Un road-movie égyptien où un lépreux et son apprenti, orphelin, quittent tous les deux la colonie lépreuse et entament un voyage à travers l’Egypte.

Pourquoi on l’attend ?

Parce qu’un premier film en compétition est toujours un événement, même si ni le pitch (fleurant déjà bon le misérabilisme) ni la durée (une petite heure et demi) ne semblent annoncer une grande révolution. En espérant se tromper !

Sinon, il y aura le nouveau film de Christophe Honoré, Plaire aimer et courir vite avec Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste et Denis Podalydès (notez le casting), Capharnaüm de Nadine Labaki (que l’on ne connaît pas assez) ou encore L’été de Kirill Serebrennikov (réalisateur russe du Disciple assigné à résidence à Moscou…). On l’avoue, on est un peu moins chauds pour ceux-là, mais on restera bien évidement attentifs à tous les films de la compétition, juste au cas où.

La deuxième partie des 50 films attendus à Cannes en 2018 à venir très bientôt.

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