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#LesFilmsDeLaHonte : à l’attaque de Conan le Destructeur

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour du film d’action aventureux « Conan le Destructeur » d’être non plus détruit mais recueilli dans nos cœurs ayant honteusement vibré.

Souvenez-vous… Après Conan le Barbare (1982) de John Milius, c’est en 1984 que sortait Conan le Destructeur signé Richard Fleischer. Un savant mélange d’intrépide épopée et de récit historique où le médiéval côtoie le fantastique. Divertissant sans être transcendant, le second opus a déçu le plus grand nombre. De meneur violent, Conan devient suiveur blagueur. Un Barbare édulcoré qui certes use de l’épée mais semble bien moins impliqué que ce à quoi il nous avait habitués. Le film se transforme ainsi en un plaisir coupable, histoire de se moquer ou de comparer avec le premier volet.

Un guerrier qui divise

Dans le premier opus sorti en 1982, c’est encore enfant que Conan campé par l’irremplaçable Arnold Schwarzenegger assiste impuissant au massacre de ses parents par le cruel Thulsa Doom (James Earl Jones). Il se voit après cela réduit en esclavage. Enchaîné à la roue de douleur, il se forge une musculature peu commune qui lui permet, adulte, de gagner sa liberté comme lutteur. Désireux d’assouvir sa soif de vengeance, notre héros part accompagné de deux voleurs, Subotai (Gerry Lopez) et Valeria (Sandahl Bergman), à la recherche de Thulsa Doom… Le film rapporte envrion 69 millions de dollars de recettes dans le monde entier (dont 40 millions de dollars en Amérique du Nord) pour un budget de 20 millions de dollars. Les critiques sont toutefois partagées tant l’interprétation de Schwarzy divise les journalistes. Alors que certains jugent son physique impressionnant, son accent et son jeu monolithique parfaits pour le rôle, d’autres lui reprochent justement son manque de charisme et d’expressivité.

Dans le second volet, les fans retrouvent l’acteur emblématique dans le rôle du puissant guerrier assoiffé de vengeance. Le Barbare devient le Destructeur pour le plus grand plaisir de ses admirateurs. En effet, Conan se voit confier par la maléfique reine Taramis (Sarah Douglas) la mission d’escorter la princesse Jehnna (Olivia d’Abo) en territoire ennemi afin de voler la corne du dieu Dagoth (André The Giant). En récompense : le retour à la vie de Valeria (cameo de Sandahl Bergman via une image extraite du premier film), la femme qu’il aimait, morte dans le premier épisode. Mais derrière les motifs apparents de cette excursion, la reine cache-t-elle pas de plus noirs desseins ? Grace Jones campait la courageuse et sanguinaire amazone Zula tandis que Mako se glissait à nouveau dans la peau de l’enchanteur Akiro. Une intrigue jugée d’emblée décevante tant aux yeux de ses adorateurs, Conan est tout sauf un garde du corps de princesse à même de croire que la méchante vilaine reine ressuscitera son aimée s’il fait tout ce qu’elle lui a demandé.

Un coup dur pour The Destroyer

The Destroyer demanda 18 millions de dollars de budget pour au final rapporter 31 millions de dollars de recettes en Amérique du Nord. Le film reçut par ailleurs un accueil critique défavorable en récoltant seulement 29 % de critiques positives, avec une note moyenne de 4,4/10 sur la base de 21 critiques collectées, via le site Rotten Tomatoes. Alors que Jones fut nommée au prix du meilleur second rôle féminin lors de l’Académie des films de science-fiction (en dépit de ses hurlements intempestifs tout au long du film), fantastique et horreur, Olivia d’Abo reçut le prix de la plus mauvaise nouvelle star et fut nommé au prix du plus mauvais second rôle féminin lors des Razzie Awards de 1985.

Si le premier opus était centré sur Conan, le héros est dans la suite quelque peu en recul. Et pour cause, la quête tourne principalement autour de la princesse Jehnna, ce au grand regret des fans du guerrier. Conan ne faisait en résumé que l’assister. Le Destructeur faisait par ailleurs bien plus preuve d’humanité, jouait d’humour et se montrait nettement moins violent que dans le premier volet. Adieu les jets d’hémoglobine et bonjour le film grand public ! Notre guerrier devenu bien plus mollasson prend le temps de blaguer sur la virginité et l’héroïsme sachant que le danger est en quelque sorte écarté. Une promenade de santé pour le Barbare qui, devenu Destructeur, se voit à son tour assisté par une amazone qui surjoue et qui, au final, se montre bien plus barbare que lui.

Naissance d’un genre

Conan le Barbare, aussi appelé Conan le Cimmérien, est un personnage créé par Robert E. Howard en 1932, et dont les histoires ont été initialement publiées au cours des années 1930 dans le pulp Weird Tales. C’est grâce à ce héros ainsi qu’à son prédécesseur Kull, le roi barbare, créé trois ans auparavant, que Howard a donné naissance à la forme moderne de l’heroic-fantasy. Pour les fans du genre littéraire, n’hésitez pas à revoir Kull le conquérant de John Nicolella avec Kevin Sorbo en tête d’affiche. Un film honteusement apprécié lui aussi, où le héros bien qu’attachant est trop immuable pour être vrai.

Déroulées dans un passé mythique, les aventures du barbare originaire de Cimmérie sont parues en France dans des volumes contenant les nouvelles de Robert E. Howard, au nombre d’une vingtaine, augmentées des versions des écrivains Lyon Sprague de Camp et Lin Carter. Au-delà du Barbare et du Destructeur, le héros se vit ainsi appelé, au fil des romans, le Vagabond, l’Aventurier, le Guerrier, l’Usurpateur ou encore le Conquérant. Conan a par ailleurs été adapté en bande dessinée, en dessins animés, en jeu de rôle et en jeux vidéo. Côté dessin animé, comment oublier les paroles qui ont bercé notre enfance ?

Par la force de l’épée magique, taillée dans le métal étoile, il mène une lutte fantastique, celle du bien contre le mal. Et il se bat pour sauver la Terre, Au grand galop sur son Tonnerre, Pour délivrer ses pauvres parents, changés en pierre par les méchants… Conan, l’aventurier, héros magique du temps passé Conan, l’aventurier, chevalier de l’éternité. Conan, l’aventurier, ton nom restera à jamais, Conan l’aventurier, le sauveur de l’humanité.

Remaniement et adaptation

Howard abandonna le personnage de Conan en 1935. Son personnage tomba peu à peu dans l’oubli jusqu’à ce que Lyon Sprague de Camp le dépoussière pour au final se déclarer coauteur de la série de par ses pastiches, non voulus par Howard, imposés la série. C’est ainsi que le héros original se transforma en une sorte de barbare analphabète ultra musclé, entouré d’héroïnes aux formes généreuses mais à la conversation limitée.

Ce n’est qu’à la fin du XXe siècle que les textes originaux d’Howard furent publiés, sans les modifications apportées par Sprague de Camp et Lin Carter donc. Le Cimmérien redevint donc l’aventurier aux histoires légères et agréables à lire. Pour autant, et selon les fans de l’auteur, les meilleurs récits du cycle sont empreints de pessimisme tant Howard était persuadé de « la futilité de la civilisation, entreprise humaine vouée à la décadence et à la destruction ».

Après le succès mitigé de Conan le Destructeur et du spin-off Kalidor : la légende du Talisman (Red Sonja), également réalisé par Fleischer en 1985 et qui fera à son tour l’objet d’un film de la honte, Schwarzy a en dépit de son engagement pour cinq films de Conan rompu son contrat. Une fois ça passe, deux fois ça casse comme on dit, et le comédien en a eu assez de décevoir ses fans. Ceci étant dit, c’est en 2012 qu’Universal Pictures a annoncé qu’un nouveau film verrait le jour avec le retour de Schwarzenegger en tête d’affiche. Intitulé La Légende de Conan, le film serait une suite directe de Conan le Barbare. Notre gouverneur de Californie y serait désormais âgé et enfin devenu roi d’Aquilonie. Autant dire qu’il nous tarde d’en apprendre davantage sur le sujet !

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