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#LesFilmsDeLaHonte : amis pour la vie avec Les Bronzés 3

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous font partager l’un de leurs pires films préférés. Après le succès retentissant des « Bronzés » (1978) et des « Bronzés font du ski » l’année suivante, Patrice Leconte nous a servi en 2006 « Les Bronzés 3 : amis pour la vie ». Un savant mélange de réchauffé et de difficile à avaler en dépit de l’amitié indéfectible.

Une comédie plutôt cocasse et tirée par les cheveux qu’Amis pour la vie. Les Bronzés 3 est en effet loin d’avoir fait l’unanimité. Michel Blanc alias Jean-Claude Dusse confiait d’ailleurs il y a deux semaines avoir été déçu par ce troisième et dernier volet. S’étant senti contraint de faire le film sachant que les autres comédiens rempilaient, l’acteur de 66 ans n’est au final pas satisfait du résultat. Les goûts de chacun avaient évolué en terme d’écriture, pour un rendu final loin d’être à la hauteur. Un scénario poussé donc, forcé même, réunissant notre troupe de quinquas au sein d’un hôtel de luxe dont Robert Lespinasse aka Popeye (Thierry Lhermitte) est gérant.

Et un, et deux, et trois… zéro

En 1978, Popeye, Gigi (Marie-Anne Chazel), Jérôme (Christian Clavier), Bernard (Gérard Jugnot), Nathalie (Josiane Balasko) et Jean-Claude faisaient connaissance en Côte d’Ivoire dans un club de vacances. Amours, coquillages et crustacés. Un an plus tard, retrouvailles du groupe d’amis à Val d’Isère. Au programme tire-fesses, fartage et pistes verglacées. Après le Club Med et le ski, ils n’ont cessé de se voir, de se perdre de vue, de se retrouver, de se reperdre pour enfin se revoir pour des semaines de vacances volées à une vie civile assommante.

Désormais quinquagénaire, notre bande de potes favorite se retrouvait en effet en Sardaigne, dans un hôtel de bord de mer tenu par le « vieux beau aux yeux fascinants ». Nous avons nommé Popeye bien sûr, qui est l’un des rares à ne pas être concerné par la chirurgie esthétique. Détail toutefois, l’hôtel joliment nommé le Prunus Resort appartient à sa femme Graziella Lespinasse (Ornella Muti), héritière d’une des plus grosses fortunes italiennes. En dépit de l’alliance et de son poste de gérant (qu’il gère plus ou moins bien d’ailleurs), l’obsession sexuelle du célèbre GO n’a pas disparu. Notre homme trompe sa femme sans vergogne, sans doute pour oublier les préoccupations financières qui l’assaillent…

Un troisième film indigeste ou à croquer, tout dépend…

Pacs, spiritualité orientale, thalasso « branchouille », immigration clandestine, autant de thèmes traités au gré de la mesquinerie, futilité, lâcheté et égoïsme des uns et des autres. Ainsi donc les acteurs se sont réunis au grand complet autour du script. De Chazel à Balasko, de Lhermitte à Jugnot, sans oublier Blanc et Clavier. Un sac de nœuds d’idées à décortiquer, de bon à garder et de mauvais à jeter. Place aux rougissements : beaucoup de bons nous concernant. Le bonheur authentique de retrouver nos joyeux lurons avant tout, qu’importe leur dégaine et leur lourdeur malsaine. Pour la petite histoire, la troupe du Splendid devait à l’origine se retrouver autour du film Astérix en Hispanie. Le projet ayant été avorté, l’idée d’un troisième volet a germé.

Nostalgiques de Darla Dirladada et de Just because of you, I’m beging on you, you know it’s for you, vous aurez peur-être pu vous consoler au rythme de Baila morena. Entonnée par Zucchero et le groupe mexicain Maná, en version espagnole s’il vous plaît, la musique phare du film aura au moins permis au public de se dandiner. Ou pas. La joyeuse bande vit quant à elle une seconde jeunesse, entre « reluquage » intempestif et tromperie abusive. Tant de clichés non dégrossis et de vieilles blagues ressorties qu’on en rougit de plaisir. Coupable certes mais félicité tout de même.

De véritables archétypes

Bernard (Jugnot) n’a de cesse de harceler Robert pour savoir s’il a oui ou non coucher avec sa femme Nathalie (Balasko), de surcroît maman de son fils Benjamin (Arthur Jugnot). Et bien qu’il y ait prescription pour la fois il y a un quart de siècle en côte d’ivoire, notre père de famille craint pour Val d’Isère. Côté cliché justement, le fils révélera sa liaison homosexuelle avec le comptable de l’entreprise que le couple Morin possède. La chaîne de magasins d’optique du Nord de la France vient d’ailleurs à peine de sortir d’un contrôle fiscal pour le moins mémorable. C’est ainsi que Madame a tranquillement sombré dans l’alcool.

Contre toute attente, Jean-Claude Dusse (qui ne parvenait jamais à conclure) est en couple avec Gigi. Et c’est là qu’on a ri jaune en découvrant une Marie-Anne Chazel gonflée à bloc et un Michel Blanc à la perruque lisse couleur pisse. La blonde peroxydée appelle son amoureux J.C quand tous deux n’ont de cesse de parler un anglais affreux. En effet, notre homme est propriétaire d’un salon de coiffure très rentable aux États-Unis. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un accent à couper au couteau.

Jérôme (Clavier), dit « le Boulet » ou « le Boucher » c’est selon, est divorcé et semble mal vivre sa nouvelle vie. Notre homme a de surcroît été radié de l’ordre des médecins à la suite d’une opération chirurgicale ratée. Christiane (Dominique Lavanant) est de retour et a rejoint une secte. Comme s’il n’en avait pas assez bavé, « La Folle » cherche à se venger de Jérôme qui l’a défigurée des années auparavant. Ces lèvres sont déformées et sa rage insatiable. Miguel (Martin Lamotte), que nous avions pu découvrir dans Les Bronzés, est devenu le mari de Christiane. Un vrai sac de nœuds on vous dit. Pour finir, Gilbert Jambier (Bruno Moynot), apparu dans Les Bronzés font du ski, se fait injustement licencier de l’hôtel mais continue d’y être hébergé. Toute cette petite bande détient une part minuscule dans l’actif financier de l’hôtel : 500 francs chacun investi vingt-cinq ans plus tôt. Et cela a son importance, un franc est un franc.

Des recettes mensongères

Au box-office français, Amis pour la vie est classé au vingtième rang (tous pays de production confondus) et au sixième rang des films français. Il détenait le record du meilleur score en une semaine avant d’être battu en 2008 par Bienvenue chez les Ch’tis. Il suit Harry Potter et la Coupe de feu et précède Ratatouille comme Numéro 1 du box-office annuel en France pour 2006. En Belgique et en Suisse, Les Bronzés 3 fut le meilleur démarrage pour un film français. Si ce troisième opus des Bronzés cartonne dans les salles où il attire plus de 10 millions de spectateurs, il est moyennement accueilli par la critique et finalement boudé par les spectateurs, loin d’être tendres avec l’équipe du Splendid.

Pour Les Inrockuptibles, ce troisième volet n’est autre qu’une « comédie assez déprimante ». Quant à Chronic’art.com, il assure qu’« il n’y a rien de joyeux dans cette comédie, c’est terrible ». Télé 7 Jours se demande par ailleurs « où sont passés leur humour vachard, leurs réparties cultes et leur inimitable grain de folie qui les ont fait rois ? Autant dire que si c’est une blague, elle n’est vraiment pas drôle ». Pour Première, « tout est là pour que la rigolade soit franche et la satire grinçante mais Leconte et sa belle équipe ne concluent pas ».

Ce troisième volet souffre d’une trop longue exposition, d’un tempo en dents de scie, de l’âge, tout bêtement de certains interprètes qui n’ont plus vraiment la pêche d’antan, a déclaré Positif. Pour autant, il demeure un divertissement de qualité.

Bien dit chers confrères, nous sommes bien d’accord avec vous !

Un public vindicatif

Le public a lui aussi été déçu par ses retrouvailles avec la bande de potes. Certes ils se sont précipités en salles pour goûter à nouveau à la saga culte mais en sont ressortis majoritairement désabusés. La note moyenne attribuée par le public sur Allociné en témoigne : 1,4 sur 5, ce qui en fait le 78e pire film de tous les temps d’après le site Internet. La note n’est guère plus élevée sur le site SensCritique, où la moyenne générale culmine à peine à 2,7 sur 10. Les Bronzés 3 fut d’ailleurs a deux reprises nommé aux Gérard du cinéma 2007. Il remporta ainsi le Gérard du Plus mauvais film.

Les clins d’œil au deux premiers volets n’auront pas suffit à convaincre le plus grand nombre. C’est ainsi honteux que nous devons bien avouer avoir souri en découvrant J.C bloqué en pleine mer sur son jet ski.  La réplique « Je ne vais pas passer la nuit là, on ne va pas me refaire le coup », en hommage au télésiège tombé en panne tombait à pic. C’est nostalgiques que nous nous sommes également rappelés la nuit passée dans le chalet avec les Italiens chauds comme la braise. Leconte en a d’ailleurs profité pour nous faire des révélations inédites. Le bonheur non ? Selon le plus grand nombre, non.

What else ?

C’est en 2015 au micro de Cyril Hanouna, dans l’émission Les pieds dans le plat sur Europe 1, que le réalisateur avait évoqué son souhait de tourner Les Bronzés 4. Leconte avait en effet parlé d’un nouveau film qui pourrait être fait « dans quelques années ». Le synopsis ? Nos héros seraient cette fois filmés en maison de retraite et seraient ainsi devenus irascibles et délicieusement méchants. Un an plus tard, Thierry Lhermitte et Michel Blanc ont annoncé qu’aucune suite ne se ferait. Tous sont ceci dit partants pour tourner un nouveau film ensemble.

Notre équipe a pour rappel rencontré Michel Blanc à l’occasion de la sortie de son dernier film Voyez comme on danse. Que vous soyez ou non désireux de voir ou de revoir Les Bronzés 3, n’hésitez pas à gagner les salles obscures pour découvrir cette délicieuse comédie dramatique.

 

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