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#LesFilmsDeLaHonte : cap sur L’Âme Sœur de Jean-Marie Bigard

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous font partager l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour de la comédie romantico-fantastique L’âme sœur de Jean-Marie Bigard d’être passée au détecteur de la honte. A découvrir absolument pour les férus de navets comestibles.

Souvenez-vous… En 1999, sortait L’Âme Sœur de l’humoriste Jean-Marie Bigard. Aujourd’hui âgé de 64 ans, notre homme s’est fait connaitre grâce à ses stand-up innovants. Son premier spectacle à succès Vous avez dit Bigard ?, mis en scène en 1988 par Franck Godard au Point-Virgule, lui permet de s’installer dans un style dont la caractéristique est de ne pas jouer de sketches, mais de s’adresser directement au public. Un one-man show captivant qui offre à l’humoriste de brûler les planches pour mieux rejoindre le 7e art. Bigard décroche ainsi de petits rôles dans Arlette (1997), Le Clone (1998), La Boîte (2001), Le Missionnaire (2009) et plus récemment dans Chacun sa vie (2017) et Vive la crise ! (2017). Mais c’est en 1998 que l’acteur enfilait la double casquette de scénariste (avec Christian Biegalski) / réalisateur pour L’âme sœur.

Et l’intrigue dans tout ça ?

Valentina (Yvonne Sciò) et Rémi (Bigard) sont nés le même jour à la même heure, il y a deux mille ans. Et depuis ils s’aiment, se croisent sur terre et sont sans cesse séparés. Ils décident de prendre leur destin en mains depuis le Paradis, quitte à en supporter les conséquences sur Terre. Aussi, quand Valentina est assassinée, Rémi la ressuscite aux dépens de sa propre vie. Bien incapables d’être séparés une nouvelle fois, ils choisissent de combattre les meurtriers, la police qui a du mal à croire à un assassinat sans victime, et un émissaire du Vatican peu enclin à laisser la concurrence s’emparer du marché des miracles. Vous comprenez, cela pourrait faire de l’ombre à Jésus… Eric Prat, Luc Florian, Candide Sanchez, Marina Tomé ou encore Armelle étaient également présents au casting.

Bigard au registre amoureux, c’est déjà étrange en soi. Plutôt coutumier des blagues salaces, gros mots et autres prout-pipi-caca, le roi de la scène humoristique a eu bien du mal à s’accorder en terme de corde sensible. Notre homme a par ailleurs choisi d’ajouter à sa romance une dimension fantastique alourdie de comédie. Lourd pari en résumé, duquel résultent une intrigue tirée par les cheveux, des bons sentiments indigestes et des blagues lourdingues.

Un point pour Bigard

Pour autant le concept est sympathique même si mal amené. Une femme qui aime un homme né le même jour et à la même heure qu’elle, ce même homme qui l’aime plus qu’hier et moins que demain ce depuis deux mille ans. L’idée de base est attrayante et de ce fait, les fausses promesses rageantes. Pour autant cette comédie à l’eau de rose fantasmagorique nous offre un bon moment de détente. Si on est disposés à se laisser aller sans prise de tête et sans espérer s’esclaffer tout du long, L’âme sœur reste un bon compromis face à tant d’autres navets de la même catégorie.

Certaines scènes saugrenues retiennent notre attention tandis qu’une poignée de répliques nous aura fait sourire. Les plus jeunes auront particulièrement noté celle de Rémi à Valentina « J’ai quand même été élu cunnilingus d’or à Montréal, en 1987 ! » et les plus âgés celle de Lacaze (André Pousse) : « Le Saint Siège risque de me couper les c… Remarque, pour ce que je m’en sers… ». Toujours aussi délicat ce Bigard ! Mais il fallait bien ajouter à la romance sa marque de fabrique, sa patte, son empreinte, autrement dit ses blagues de mauvais goûts.

L’art de faire les mauvais choix

Nombreux furent les fans de l’humoriste à s’être retrouvés décontenancés face à ce scénario loufoque. Déroutés également par la prestation très limite de leur idole dans le premier rôle. Un mauvais choix pour beaucoup, tant son manque d’assurance transpirait derrière l’écran. Un comique qui fait sa comédie, ça peut autant toucher qu’agacer. Et malheureusement, le plus grand nombre n’aura pas accroché. Entre surdosage de lourdeurs, scènes surjouées, intrigue enfantine, décors et costumes bon marché, L’âme sœur reste une sorte d’expérience ratée.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que Bigard à insulter le genre non ; il a seulement été incapable de lui rendre hommage. En effet, nous sommes bien loin du cultissime Les Visiteurs (1993), alors que le comte de Montmirail (Jean Reno) voulait remonter le temps pour reconquérir le cœur de sa promise (Valérie Lemercier). Rien à voir non plus avec l’ovni Edward aux mains d’argent (1991) qui nous contait avec finesse et fantaisie l’histoire d’un garçon créé de toutes pièces, avec un cœur pour aimer et un cerveau bien actif, mais des ciseaux en guise de mains puisque son créateur succomba avant de l’avoir achevé. L’histoire d’amour qui s’en suivit entre Johnny Depp et Winona Ryder nous aura ravis.

La mafia en soutane ?

Coup de foudre ou coup bas ?

Retenons toutefois que le ridicule ne tue pas et qu’il nous faut au moins allouer le courage qu’a eu Bigard de se lancer. Oser n’est pas donné à tout le monde. Se mouiller, sauter dans le grand bain, quitte à être éclaboussé. L’humoriste avait envie de créer son propre film et mérite pour cela nos applaudissements. Même si le résultat n’a pas été à la hauteur de nos attentes et espérances, notre homme a œuvré sur l’écriture, la réalisation et s’est également impliqué jusqu’au bout en s’octroyant le premier rôle.

Pas de coup bas donc, pas de moqueries, juste des constats. Bigard s’est trompé de genre et n’est ainsi pas parvenu au résultat escompté. Bien loin d’être tombés amoureux de son œuvre, avouez au moins être tombés sous le charme de son audace. Chapeaux bas donc, en espérant qu’un jour, Bigard saura trouver sa voie et tentera à nouveau sa chance derrière la caméra. En attendant cette éventualité, vous pouvez retrouver votre idole dans la pièce Dernier Tour de Piste face à Patrice Laffont.

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