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#LesFilmsDeLaHonte : Embarquez pour Le Tour du Monde en 80 jours

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous font partager l’un de leurs pires films préférés…

Aujourd’hui, c’est au tour de l’hilarant Le Tour du Monde en 80 jours ! Souvenez-vous… En 2004, Frank Coraci nous offrait sa vision de l’œuvre de Jules Verne. Un divertissement bourré d’humour, de kung-fu et de scènes d’actions all around the world ! Avec bien sûr, une touche de romance. Une œuvre originale quelque peu malmenée par la légèreté certes, mais un bon moment de détente tout de même. Et c’est aussi pour cela qu’on adore !

Un peu d’histoire

Le premier tour du monde en quatre-vingts jours fut effectué par George Francis Train en 1870. Ce voyage extraordinaire fut rendu possible grâce à la révolution des transports qui marqua le XIXe siècle. Le développement de nouveaux modes de transport (chemin de fer, bateau à vapeur) et l’ouverture du canal de Suez en 1869 raccourcirent les distances, ou tout du moins le temps nécessaire pour les parcourir.

Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne (1828-1905) fut publié en 1872. L’œuvre raconte la course autour du monde d’un gentleman anglais, Phileas Fogg, qui a fait le pari d’y parvenir en quatre-vingts jours. Il est accompagné par Jean Passepartout, son serviteur français. Verne y a mêlé récit de voyage et données scientifiques, ce que le film a tenté de reprendre avec quelques entorses tout de même. De l’originalité pour s’éloigner de l’œuvre originale en résumé !

De Phileas Fogg à Steve Coogan…

Ou du fidèle Passepartout à Jackie Chan ! Souvenez-vous… Londres, 1872. Lau Xing (Chan) a volé une statue de jade dans une banque anglaise pour la restituer à son village natal. Pour échapper à la police, il se fait passer pour un Français appelé Passepartout et se fait engager comme valet auprès du brillant mais maladroit Phileas Fogg (Steve Coogan). Avide d’être enfin pris au sérieux, l’inventeur lance à Lord Kelvin (Jim Broadbent), le président de la Royal Academy of Science, un pari fou : faire le tour du monde en seulement 80 jours ! Kelvin déclare qu’en cas de succès, Phileas Fogg lui succédera à la tête de l’Académie. À l’inverse, il sera impitoyablement radié. Chan campait effectivement le fidèle valet Passepartout version kung-fu et Cécile de France l’intrépide et attachante Monique.

Le Tour du Monde en 80 jours nous offre un joyeux divertissement ponctué de seconds rôles amusants. Entre autres un Arnold Schwarzenegger polygame à la coupe carrée bouclée (le Prince turc Hapi) et un Michaël Youn en directeur de galerie d’art très dandy. Nous découvrons également Kathy Bates dans le rôle de La reine Victoria, John Cleese en sergent de police ou encore Rob Schneider en clochard !

Un trio détonant

C’est à Paris que la peintre impressionniste Monique (Cécile de France) se joint au tandem Coogan-Chan. Un duo captivant que ces deux-là ! Le maître et le serviteur, le cerveau versus les muscles, la glace face au feu. Coogan se glisse dans la peau de Fogg avec beaucoup de finesse et d’humour tandis que Chan prend une statue de plein fouet sans broncher… Avant d’être gentiment hisser au sein de la grosse montgolfière par Monique et Fogg, non mais ! Commence alors une gigantesque course contre la montre, par train, bateau à vapeur, dos d’éléphant et avion de fortune. De multiples dangers attendent notre trio, au même titre que d’étonnantes rencontres. Mais après tout, faire le tour du monde (en 80 jours ou non) est tout sauf une promenade de santé !

Et pour cause… Lorsque le trio débarque en Chine, Fogg découvre la vérité sur les réelles motivations de Passepartout (restituer la pierre de jade à son peuple) et rejette ses deux amis. Une réaction enfantine suivie d’une bagarre invraisemblable ! Nous avons tous pris un plaisir coupable à regarder les galipettes du gang des scorpions et grands écarts des tigres du Guangdong. Et au milieu de tout ce cirque, le talentueux Wong Fei Hung (Sammo Hung). Du kung-fu, du vrai !

Fans de Jules Verne, s’abstenir !

Le film semble davantage avoir été fait pour Jackie Chan, avant de rendre hommage à Jules Verne. Les cascades de Chan et l’humour rythment en effet cette épopée où la diversité des pays nous offre un beau voyage. Un bon divertissement familial en somme, qui exclut quelque peu les adultes pour davantage s’adresser aux enfants et pré-ados. Au même titre que les projecteurs braqués sur le kung-fu, le ton léger risque fort de grandement décevoir les férus de Verne qui n’auraient pas encore vu cette pépite de la honte ! Et au-delà, les libertés prises par rapport à l’œuvre originale sont nombreuses.

Il faut par ailleurs bien avouer que les effets spéciaux sont assez limités, voire décevants pour une production de 2004… Mais peut-être s’agissait-il d’un choix ? Dans l’idée de conserver l’aspect authentique vernien, sa patte, sa signature autrement dit ? Puisque le roman date de 1872, offrir au public un bon gros blockbuster avec effets visuels époustouflants et explosifs à gogo aurait pu sonner un peu décalé… Moins qu’une adaptation donc, les fervents admirateurs de l’auteur s’accordent pour dire que le film d’aventure est plus inspiré de l’œuvre qu’autre chose. Mais en aucun cas comparable !

Et ils vécurent heureux…

Tout est bien qui finit bien puisque inévitablement, l’amour naît entre la belle parisienne Monique et l’anglais Phileas. Et surtout, nos héros arrivent juste à temps à Londres, pour honorer le pari fou de Mister Fogg. Nous avons tous ri face à la mine déconfite de Lord Kelvin réalisant que la reine Victoria se trouve juste derrière lui !

Alors certes, l’adaptation est légère est bien éloignée de l’œuvre verniene mais Le Tour du Monde en 80 jours nous permet au moins de rire et de nous divertir. Et finalement, n’est-ce pas là le plus important ? Rougir de s’esclaffer autant que nos enfants. Avoir les yeux exorbités et la mâchoire décrochée face aux cascades inconcevables. Mais surtout, surtout… Avoir honte d’apprécier à ce point ce film jeune public !

Notre cher Phileas Fogg alias Steve Coogan campe Stan Laurel aux côtés de John C. Reilly (Oliver Hardy) dans Stan & Ollie de Jon S. Baird. Le film clôturera le 62e festival britannique BFI London Film le 21 octobre !

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