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#LesFilmsDeLaHonte : explorons Terre champ de bataille

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour de « Terre champ de bataille » d’être pillée. L’idée de montrer l’espèce humaine colonisée sur sa propre planète et réduite en esclavage par des extra-terrestres était plutôt bonne. C’est tout le reste qui fit du film fantastique une honte à l’état pur…

C’est en l’an 2000 que sortait la superproduction d’action fantastique Terre champ de bataille, signé Roger Christian. De son nom original Battlefield Earth, le film s’est directement inspiré de l’une des parties du vaste roman de science-fiction écrit par L. Ron Hubbard (1911 – 1986) et publié en 1982 aux États-Unis. Côté hexagone, l’œuvre fut éditée en trois volumes distincts aux Presses Pocket en 1988. Le projet aurait pu cartonner s’il avait été mieux amené. Si seulement il avait été moins grotesque, lent et lourd à la fois. Mais avec des « si » et des « mais » on referait le monde… Autant alors accepter le projet dans son intégralité en prenant le parti d’en rire. Retour sur un champ de bataille miné de clichés, dynamité de faiblesses et bombardé de ridicule.

Une intrigue sympa mais cata

Voici venir le synopsis de l’intrigue histoire de rafraîchir les mémoires de celles et ceux qui auraient fait l’effort d’oublier… En l’an 3000, la Terre n’est plus qu’un désert et l’homme une espèce en voie de disparition. Mille ans auparavant, les féroces Psychlos ont envahi notre planète, anéanti ses défenses, rasé ses villes et aboli ses institutions. Le chef de la sécurité des Psychlos, Terl (John Travolta), est un des personnages les plus redoutés de cette Terre barbare. Au milieu des Rocheuses, vit un jeune et héroïque chasseur, Jonnie Goodboy Tyler (Barry Pepper), qui décide de redonner espoir et dignité aux siens. Capturé, il rejoint la cohorte des esclaves de Terl. Forest Whitaker faisait lui aussi partie de la clique des méchants chevelus dotés d’étranges pince-nez.

Lorsque la Terre fut attaquée, les soldats du monde entier n’ont pu opposer que neuf petites minutes de résistance. Voilà pourquoi l’espèce humaine est menacée. Nos avancées technologiques n’ont pas suffi face à l’invasion extra-terrestre. La dernière chance de l’humanité a sonné, sur un air étourdissant de techno et de vaisseaux spatiaux qui sonnent faux. Au-delà des décors indigestes et autres costumes qui laissent à désirer, nombreux furent ceux à se demander ce que faisaient Travolta, Whitaker et Pepper au casting de ce film catastrophe ? Entre sérieux à l’extrême et indigestion de kitsch, nous avons eu bien du mal à cerner les motivations de nos vedettes

À vos marques, prêts, fuyez

La bande-annonce nous avisait de nous préparer à l’affrontement… Elle a toutefois omis de nous conseiller l’achat d’Efferalgan pour lutter contre la migraine. Et pour cause, le film fait mal à la tête du début à la fin. Sans demander leur reste, nombreux furent ceux à avoir lâché l’affaire en pleine bataille ou à avoir fui dès les premières minutes du film. Nous concernant, nous avons tenu bon et en avons même redemandé en visionnant de nouveau ce savant mélange de nanar et navet conjugué. Que dire alors avec un regard neuf ?

Les acteurs semblent investis d’une mission… Tant et si bien qu’on a le sentiment qu’ils jouent leurs vies sur le tournage du film. Précisons plutôt qu’ils ont bien failli ruiner leur carrière tant les retombées furent désastreuses. Il est bien connu que quand on a le nez dans un projet, on ne se rend pas bien compte de ce que cela pourra donner. Les comédiens auraient mieux fait de prendre un peu de recul avant d’accepter d’être crédités au générique d’un Terre champ de bataille qu’ils auraient mieux fait de déserter.

De la propagande scientologue ?

Rappelons que l’auteur du roman L. Ron Hubbard est avant tout connu pour avoir élaboré en 1950, avec l’aide de sa future ex-femme Sara Northrup, la Dianétique. Autrement dit une pseudo-science qu’il décrit comme une technique de développement personnel. Fondateur de la « Scientologie », notre homme la déclare religion en décembre 1953, date à laquelle la première Église de Scientologie est fondée. Hubbard supervise ensuite la croissance de ce qui devient une organisation mondiale, avant de revenir à l’écriture de science-fiction à la fin de sa vie. Lorsque la Scientologie fut mise en cause dans les années 1970, l’homme fut condamné par contumace à quatre ans de prison ferme pour escroquerie en France. Du côté du nouveau monde, le gourou de la Scientologie ne fut pas poursuivi sachant qu’il s’était à l’époque retiré de la direction de l’organisation…

Tout comme Tom Cruise, John Travolta est connu pour être un fidèle membre de l’Église Scientologue. Sa croyance l’aurait aidé à surmonter la mort de son fils Jett alors âgé de 16 ans, mort en 2009 d’une insuffisance cardiaque. Et pour cause, la Scientologie enseigne que les humains sont des êtres immortels qui ont oublié leur véritable nature. Elle interroge également sur la place de l’être humain dans l’Univers. Autant de questionnements abordés dans Terre champ de bataille, ce de manière plus ou moins explicite. Toujours est-il que bon nombre de spectateurs ont vu là une forme de propagande en l’honneur de cette religion souvent perçue comme une secte voire une entreprise commerciale. D’autres auront fait l’objet d’un véritable lavage de cerveau en offrant cinq étoiles au navet en question.

N’en jetez plus…

Ou si, juste parce que c’est bon de se moquer (rire diabolique). Terre champ de bataille est au-delà d’une déception un sombre mélange de space expérimentation et de délire hallucinogène. La lenteur des scènes d’actions est à l’image des costumes : dénuée de charme et d’intérêt. Pour les férus de nanars glissant dangereusement vers le navet, faites une place pour Battlefield Earth (ça sonne mieux en anglais mais c’est tout aussi mauvais) bien au chaud dans votre dvdthèque entre Beowulf (voir notre article) et Highlander II (voir notre article) par exemple, n’hésitez pas à relire nos articles sur le sujet. Pardon Lambert mais Travolta et vous devriez bien vous entendre sur ce coup-là.

Grosse question que nous nous posons par ailleurs… Pourquoi le réalisateur s’est-il acharné à filmer une bonne partie du film au ralenti ? Histoire que nous n’en perdions pas une miette peut-être ? Et bien sur ce coup-là c’est plutôt réussi. Le film dure quasiment 2h mais aurait sans soucis pu être amputé d’une bonne demie-heure. A moins que les extra-terrestres n’aient voulu faire durer le plaisir en nous traitant comme des bêtes de somme ? Une fois encore Battlefield Earth nous pousse à nous interroger sur notre place dans l’Univers. Des espèces ont été exterminées tandis que d’autres sont en voie d’extinction par notre faute. Et si l’an 3000 nous apportait un ennemi venu de l’extérieur, colonisateur sans scrupule et sans vergogne, tel que nous avons pu l’être avec l’ensemble de la chaîne alimentaire… Plus que de la science-fiction, le film pourrait donc s’avérer être d’anticipation…

Un ratage complet

Anticipation ou pas, l’adaptation n’est pas parvenue à convaincre le plus grand nombre. En résultat de nombreuses récompenses critique, dont le Razzie Awards du pire acteur pour Travolta et le Razzie du pire réalisateur pour Roger Christian en 2001. Whitaker ne fut pas non plus épargné avec une nomination au Razzie Awards du pire acteur également. En 2005, le film reçut par ailleurs le Razzie Awards du pire drame des 25 dernières années et en 2010, celui du pire film de la décennie.

Enfonçons le couteau dans la plaie en soulignant qu’à la base, Travolta avait pour projet de produire une trilogie, au même titre que Star Wars ou Star Trek. C’est malheureusement bien loin d’avoir décroché la lune ou d’avoir emmené le public au septième ciel que l’acteur renonça sans délai à l’idée. Telle une étoile filante, Terre champ de bataille brilla un instant dans l’univers du septième art avant de disparaître complètement. Pourtant le film demeure gravé dans nos mémoires de cinéphiles honteusement amadoués. Délassant de lourdeurs, divertissant de par son sérieux décapant, le film reste un plaisir coupable dont nous avons à peine eu honte de traiter ce jour…

Et vous, qu’avez-vous pensé de cette course aux étoiles sabordée par les critiques ? À vos commentaires !

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