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#LesFilmsDeLaHonte : préservons Kalidor : la légende du talisman

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSéries vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, armons-nous de courage pour défendre le film fantastique aventureux « Kalidor : la légende du talisman », honteusement apprécié en dépit de faiblesses sans précédent.

Après avoir tenté de prendre la défense de Conan le Destructeur (1984), nous sommes de nouveau pris de pitié pour le réalisateur Richard Fleischer qui eût la mauvaise idée de remettre le couvert. Souvenez-vous… C’est un an après le drame que sortait le film d’heroic fantasy Kalidor : la légende du talisman (Red Sonja en version originale), en 1985 donc. Soulignons d’ailleurs que le personnage campé par Arnold Schwarzenegger devait initialement être Conan le Barbare, sachant que Sonia la Rousse et le guerrier évoluent ensemble dans les comics. Le nom légendaire n’a toutefois pas pu être repris à cause de de problèmes de droits, d’où le retranchement sur Kalidor. Au diable les suites donc, pourquoi ne pas s’être simplement arrêté après le cultissime Conan the Barbarian (1982) signé John Milius ? Après l’échec du Destroyer, les deux êtres mythiques ici réunis n’ont nullement suffi à rehausser la barre de la honte en étendard.

Une intrigue basique

La maléfique reine Gedren (Sandahl Bergman) et ses soldats attaquent un temple où des prêtresses gardent un talisman magique assurant de grands pouvoirs à la personne qui le détient. Ils tuent toutes les prêtresses et s’emparent du talisman afin de partir à la conquête des pays voisins. La guerrière Sonia-la-Rousse, campée par Brigitte Nielsen, décide alors de partir en quête de la reine qui a dérobé ce talisman et tué sa sœur, qui faisait partie des prêtresses, afin de se venger et d’empêcher Gedren de nuire. Elle sera aidée dans sa quête par le valeureux guerrier Kalidor campé par Schwarzenegger himself, ainsi que d’autres compagnons qui se joindront à eux.

Pour la petite anecdote, Sandahl Bergman qui joue la méchante reine se glissait dans la peau de la bien aimée du guerrier dans Conan le Barbare, avant de réapparaître en caméo dans le Destructeur. L’actrice s’était par ailleurs vu offrir le rôle de Sonia la Rousse, rôle qu’elle a décliné pour mieux camper l’antagoniste principal de l’histoire.

La reine Gedren

Du kitsch et du surjoué

Nombreux furent ceux à s’accorder pour dire qu’au-delà d’une intrigue très basique, la pâle copie de Conan le Barbare nous offrit un jeu d’acteur médiocre. Tantôt exagérée, tantôt insuffisante, l’interprétation sonnait souvent faux. Conan devenu Kalidor semble sourire exagérément quand Sonia prend un malin plaisir à tout bonnement tirer la tronche. Un air dur pour paraître sauvage et indomptable, ce qui ne l’empêche pas de manier l’épée comme on passerait le balai. Idem pour Schwarzy qui, bien qu’ultra musclé comme à l’accoutumée, semble peiner à fendre l’air avec sa lame.

Point de vue décor ce n’est pas beaucoup mieux. L’ensemble est kitsch à souhait, les monstres en papier mâché tandis que les effets spéciaux laissent à désirer. Certes ils ont mal vieilli mais la reine Gedren qui disparaît des écrans radars sans prévenir provoquait déjà, il y a trente-cinq ans de cela, des fous rires garantis. Fort heureusement, l’envoûtante bande originale signée Ennio Morricone vient pallier au manque de rythme ambiant. Sans le talent indéniable du compositeur, l’esprit aventureux doublé de bravoure serait à coup sûr passé à la trappe.

Schwarzy en retrait

Conan le Destructeur déçut les fans de l’acteur tant son personnage pouvait être effacé contrairement à son importance dans Conan le Barbare. Et pour cause, notre guerrier se voyait chargé d’escorter une princesse (Olivia d’Abo) et devenait plus un garde du corps passif et humoristique qu’un puissant guerrier, de surcroît doublé par une amazone sanguinaire (Grace Jones). Idem dans Kalidor où bien que vedette du film, Schwarzenegger restait dans l’ombre de la véritable héroïne de l’histoire, à savoir Sonia la Rousse.

Le seigneur annonce d’ailleurs d’emblée la couleur en indiquant avoir pour règle de ne jamais prendre une femme qui ne soit pas capable de le battre… Du coup notre guerrier est uniquement là pour accompagner la barbare dans sa quête. Il a toutefois pour devoir de détruire le talisman, faisant ainsi office d’allié de circonstance. Toujours est-il que le film s’intitule Red Sonja en version originale, ce qui place d’emblée notre homme dans l’ombre. L’Hexagone prit toutefois le parti de nommer le film Kalidor et non Sonia la Rousse, afin de rebondir sur la popularité grandissante de l’acteur, fraîchement devenu Terminator (1984).

De Sonya de Rogatino à Sonia la Rousse

Inventée par l’écrivain Robert E. Howard dans une nouvelle intitulée The Shadow of the Vulture publiée en 1934, l’indomptable combattante Sonya de Rogatino inspira le personnage de Red Sonja (prononcée Red Sonia), également appelée « la guerrière d’Hyrkania » ou « la diablesse à l’épée ». Des titres qui annoncent la couleur incendiaire de celle qui évolua par la suite dans les Marvel Comics. Créée par Roy Thomas et dessinée par Barry Windsor-Smith, Sonia la Rousse apparaît pour la première fois en 1973 dans le comic book Conan the Barbarian.

La Sonya d’Howard avait participé à la défense de Vienne assiégée par l’armée ottomane de Soliman le Magnifique en 1529. Depuis les années 70, l’héroïne revisitée par Marvel est une belle et farouche guerrière barbare vêtue d’un bikini en cotte de mailles. Cette dernière évolue durant l’âge hyborien propre aux récits de Conan. En 2011, le Comics Buyer’s Guide classe Red Sonja première de sa liste des « 100 Sexiest Women in Comics ».

L’art de faire les mauvais choix

Après Conan le Barbare, le producteur Dino de Laurentiis n’aurait jamais dû surfer sur la vague du succès pour engendrer le Destructeur suivi de Kalidor. Car au-delà de passer au second plan, notre Conan renommé par la force des choses se voyait affublé d’un petit camarade fort agaçant. Nous avons nommé le Prince Tarn (Ernie Reyes Jr.), certes prodige en arts martiaux et doué à l’épée mais horripilant à souhait. Entre hurlements intempestifs et agilité faisant de Schwarzy un retraité sur le retour, le jeune garçon devenait le side kick inutile d’un side kick déjà presque invisible.

Comment vous dire que sur certaines séquences, Kalidor semblait plus gêner la progression de Sonia le Rousse qu’autre chose ? En résumé Madame surjouait et maternait quand Monsieur campait les bons amis ajouté de force à une intrigue où l’un et l’autre ne parvenaient pas à s’accorder. Sans oublier Falkon (Paul L. Smith), second acolyte imposant avec un os en guise d’armement… Un quatuor improbable pour un résultat insupportable.

Falkon et le Prince Tarn

La sentence sera terrible

Un film qui sent fort la série B, l’amateurisme et l’essoufflement caractérisé. La faute à un budget restreint (17 900 000 $), à une intrigue passe-partout, à une réalisation bâclée et à des acteurs pas franchement investis. Kalidor récolta moins de 7 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis et ne fit plus beaucoup parler de lui, à moins de moqueries. Nous tenons toutefois à souligner qu’en dépit de faiblesses avérées, le film est empreint d’un charme certain. Nostalgie quand tu nous tiens, entre dialogues théâtraux et épopée à l’eau de rose… L’heroic-fantasy made in the 80s, ça ne s’invente pas !

Nous achèverons ce plaidoyer sur le principal défaut de Kalidor. Alors que dans le premier opus Conan assistait impuissant au massacre de ses proches avant d’être aidé par Valeria, Sonia voyait à son tour toute sa famille disséminée par les méchants avant d’être aidée par Kalidor. Un peu redondant comme scénario non, en trois ans d’espace-temps ?

Bien que soporifique et redondant, Kalidor : la légende du talisman s’inscrit tout de même dans la catégorie « coups de cœur de jeunesse ». Le vilain petit canard sommeille ainsi dans de nombreuses DVDthèques de par le monde, sorte d’honteuse pièce de musée planquée derrière les jeunes premiers. Un exemplaire de par chez vous ou l’envie de retenter l’expérience des années après ? À vos commentaires !

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