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#LesFilmsDeLaHonte : sauvons l’honneur de Milo sur Mars

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour du film d’animation « Milo sur Mars » d’être exploré tant il a pu louper son atterrissage sur la planète rouge. Retour sur un film mal-aimé et incompris.

Souvenez-vous… En 2011, sortait le film de science-fiction aventureux Milo sur Mars signé Simon Wells. Tourné en motion capture (même méthode que Les Aventures de Tintin : le secret de la licorne de Steven Spielberg), le film est le 119éme long-métrage d’animation des studios Disney. Comment est-il possible qu’un Disney puisse nous coller la honte à l’heure de débattre à son sujet ? Tout d’abord le titre. En version originale, le film s’appelle « Mars Needs Moms », littéralement « Mars a besoin de mamans » ou « Des mamans pour Mars » pour nos amis québécois. Un titre pas franchement attirant.

Milo sur Mars fut d’ailleurs tellement un échec Outre-Atlantique qu’il sorti en France uniquement sous format DVD. Pas de salles obscures du côté de l’hexagone pour les Martiens et pas de grande révélation dans le reste du monde. Critiqué pour son scénario tiré par les cheveux, moqué pour son animation douteuse, le film reste toutefois un bel essai qui n’a pas été transformé. Retour sur les points forts et les points faibles du rapt de mamans par les bonshommes venus d’ailleurs. Avis à ceux qui n’auraient pas encore découvert la pépite, notre article contient des spoilers !

Une sombre histoire d’enlèvement

Après s’être disputé avec sa mère pour une histoire de brocolis, Milo sort de son lit pour s’excuser. Mais alors qu’il s’approche de sa chambre, il voit celle-ci se faire enlever par des extra-terrestres. Embarqué malgré lui dans leur vaisseau spatial alors qu’il tente de secourir sa mère, le jeune garçon se retrouve sur la planète Mars. Quelque peu désemparé au départ, Milo fait bientôt la connaissance de Gribble, un enfant humain comme lui qui vit dans des zones désertées, et de Ki, une alien qui accepte de les aider. Ensemble, ils partent à la rescousse de la mère de Milo, mais le temps presse…

On a d’abord ri en découvrant que les mamans terriennes étaient kidnappées par des Martiennes. La raison ? Mesdames n’ont aucun instinct maternelle puisque nullement créées pour procréer. Leurs rejetons germent dans le sol tandis que des sortes de nounous robotisées les éduquent. Ces dernières ayant souvent besoin d’être mises à jour, quoi de mieux qu’une bonne maman vivante et chaleureuse à souhait pour élever vos bambins en alimentant les robots ? Compliqué comme résumé, on en convient… « Direction la planète Terre les copines, on va voler des mamans ! ». Mars est effectivement dépeinte telle une planète castratrice gouvernée par les femmes. Les hommes quant à eux sont relégués au rang de hippies fouillant les décharges, sorte de gentils légumes lobotomisés peace & love qui ne semblent pas bien réaliser leur triste condition. Un film féministe en résumé, dans l’air du temps, mais un peu trop poussé quand même…

Un casting qui refroidit

Milo sur Mars nous proposait des personnages peu attachants voire énervants. Un héros tête à claque sur les bords tout d’abord. Milo est détestable avec sa mère, genre révolutionnaire qui, même quand il apprend qu’elle court un grand danger, est heureux de l’absence de gravité et de règles offertes par Mars. Gribble, le geek qui a passé des années sur la planète rouge ensuite. Un acolyte lourdaud qui n’a pas inventé l’eau tiède, l’eau chaude et froide non plus d’ailleurs…

Des Martiens peu crédibles pour finir, leur physique oscillant entre l’homme de Cro-Magnon, le paresseux et le rasta. Nos petits bonhommes, non pas verts, mais peinturlurés par endroit, ont des locks, un maquillage douteux et des habits trop colorés pour être vrais. Ça sent la tentative d’originalité à plein nez mais nos gentils extra-terrestres ne passent pas la barre du progrès. Certes Ki, la jeune femme qui vient en aide à Milo, est quant à elle épilée de près mais cette peau lisse fait d’autant plus ressortir son côté E.T. E.T l’extraterrestre oui, de Steven Spielberg (encore lui, l’inégalable). L’ovale du visage est frappant de ressemblance, au même titre que les grands yeux bleus. L’absence de nez est toutefois notoire chez nos amis martiens, le bout du doigt rouge et le célèbre « E.T téléphone maison » également. Heureusement, sans quoi Elliott aurait crié au plagiat !

Un échec cuisant

Avec un budget de 150 millions de dollars, Milo sur Mars récolte à peine 39 millions de dollars de recettes de part le monde. 136 millions de pertes estimées pour Disney, ça fait mal à Mickey. Il s’agissait pourtant d’un film d’animation moderne pur race, entre bons sentiments, petite morale à la fin, répliques humoristiques et musiques entraînantes. Bien que loufoque, l’intrigue n’est par ailleurs pas pire qu’une autre. On a bien crié au génie lorsqu’une jeune reine capable de tout changer en glace hurlait « libérée, délivrée » en étant seule comme jamais. Des Martiennes en quête de mamans terriennes, ça se conçoit finalement ? Oui, mais non…

L’histoire s’avérait bien trop complexe pour les bambins et trop moralisatrice pour les parents. L’aspect divertissement était mis de côté au profit d’ouvertures de débats liés à l’éducation, le féminisme ou encore la liberté des enfants. L’ensemble devenait donc ennuyeux, rasoir, lassant. Trop de modernité tue la modernité, Disney devrait rester Disney. Magique et féerique, délassant et léger.

Mi-figue mi-raisin pour Milo

Toutefois, nous ne pouvons que saluer le travail titanesque qui a été mis en place pour la réalisation de ce film tant critiqué. Certes les expressions des personnages sont parfois douteuses, certes on a souvent le sentiment douloureux d’un lifting trop poussé à l’heure des rires et des sourires, mais dans l’ensemble Milo sur Mars tient la route. Les décors sont beaux, tantôt inquiétants tantôt bien plus colorés, les dialogues sympathiques et l’humour au rendez-vous.

Certains auront pris l’intrigue tel un bel hommage aux mamans, indispensables à notre bonheur même si autoritaires. Même si les enfants ont parfois le sentiment que leurs parents ne sont là que pour fixer des règles barbantes, Milo leur rappelle que tout est fait pour le bien des bambins en question. Le mode « fais pas ci fais pas ça » n’existe que pour bien élever sa progéniture, pour préparer à un monde de règles, de codes et de coups durs. Alors, préférez-vous voir votre mère être enlevée par les aliens pour enfin avoir la paix ou la garder auprès de vous pour devenir un/une homme/femme, avec de belles valeurs et un code d’honneur ?

Vous concernant, Milo sur Mars est-il une réussite, un échec ou un ovni dans le monde cinématographique ? À vos commentaires !

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