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5 films de Scorsese à redécouvrir

« Les Affranchis », « Raging Bull », « Taxi Driver »… Martin Scorsese a plus d’un chef d’oeuvre à son actif. Le cinéaste est tellement prolifique qu’on oublie parfois certains grands films qu’il a signé. En attendant « The Irishman », retour sur cinq films de « Marty » à redécouvrir !

1) Silence

Silence est le dernier long-métrage qu’on a pu voir de Martin Scorsese. Cette adaptation du roman éponyme de Shūsaku Endō met en scène deux jésuites qui partent à la recherche de leur maître dans le Japon du XVIIème siècle, qui vient d’interdire tout contact avec des missionnaires chrétiens. On commence donc cette liste de films à redécouvrir, avec une oeuvre loin d’être inconnue, mais qui pourtant est restée assez confidentielle. Jugez un peu : là où le Loup de Wall Street avoisinait les 400 millions de dollars de recette dans le monde, le dernier long-métrage n’a pas dépassé les 24 millions.

Bien entendu, les chiffres du box-office ne veulent absolument rien dire de la qualité de l’oeuvre, ni du ressenti qu’ont pu avoir les « quelques » personnes qui ont vu le film. Il faut dire que Silence est l’exact opposé du film avec Leonardo DiCaprio : d’un côté un récit au rythme effréné, (volontairement) excessif à l’image de ses personnages. De l’autre, une puissante oeuvre sur la foi, qui prend le temps de ralentir pour mieux contempler. Scorsese n’a plus rien à prouver, et il arrive à une épure de la mise en scène qui n’en est que plus impressionnante.

2) La Valse des pantins

Bien que considéré aujourd’hui comme un chef d’oeuvre incontesté, Raging Bull n’a pas eu le succès escompté à sa sortie. Le film est en effet mal reçu aux Etats-Unis, par une partie de la critique comme par une tranche du public. Scorsese, qui se sort d’une phase très sombre de sa vie avec cette biographie de Jake LaMotta, n’est pas pour autant K.O., et se lance rapidement sur un autre projet, toujours avec Robert De NiroLa Valse des pantins prend ainsi le contre-pied du film précédent, comme toujours avec le cinéaste.

Si la plupart des films de Scorsese contiennent plus ou moins d’humour, ici c’est une véritable comédie – cynique et amère, mais comédie tout de même – qu’il livreJerry Lewis joue à l’écran un de ses derniers grands rôles, mais est presque écrasé par la performance de De Niro, touchant en comique raté. Tout cela ne suffit malheureusement pas à faire de King of Comedy un succès… Mais on ne peut que vous conseiller de le (re)découvrir !

3) A tombeau ouvert

Pour résumer, peut-être un peu facilement, A tombeau ouvert, on pourrait parler d’un Taxi Driver extravagant avec Nicolas Cage, sorti à l’orée des années 1990. Ce dernier est en effet un chauffeur d’ambulance, qui arpente les quartiers les moins fréquentables de New York. Près de 25 ans après la Palme d’or, on retrouve le même décor et le même malaise vis-à-vis de la société, mais pas les mêmes préoccupations.

Là où Travis Bickle sillonnait les rues de New York à un rythme lancinant, presque malade, Frank, le héros d’A tombeau ouvert, fonce sans s’arrêter, comme pour oublier les fantômes qui le hantent. Les spectres qui le tourmentent vont ainsi venir hanter la pellicule : Nicolas Cage est impeccable dans le rôle, bien entouré de John Goodman et de Patricia Arquette. Moins inoubliable que d’autres films du cinéaste, il n’en reste pas moins un grand film halluciné.

4) After Hours

Directement après l’échec de La Valse des pantins, le cinéaste s’attelle à un projet plus petit : After Hours. Il l’a parfois avoué dans des entretiens : si ce film était encore un échec, Scorsese aurait peut-être arrêté de faire des films. On a du mal à le croire, tellement il semble difficile pour le réalisateur de s’éloigner du cinéma. Pour autant, cela l’aurait sûrement éloigné du grand écran pendant quelques années, mais qu’importe : After Hours a été un succès. Un petit budget, peu ou pas de contraintes, et aucune star à gérer font que « Marty » s’amuse comme un fou à filmer les mésaventures de Paul, un informaticien new-yorkais qui va tenter toute une nuit de rentrer chez lui – sans succès.

After Hours est, tout comme La Valse des pantins, une comédie cynique. Seulement, le film se distingue par une énergie débordante : la caméra virevolte partout, le rythme est délicieusement infernal. Le personnage principal s’enfonce dans l’absurde au fur et à mesure que l’histoire se déroule, et New-York (thème cher s’il en est pour Scorsese) apparaît sous un nouveau jour.

5) Italian American / American Boy

On triche un peu en vous conseillant deux documentaires pour le prix d’un. Il faut dire qu’Italian American et American Boy : a portrait of Steven Prince sont les deux revers d’une même médaille. Sortis respectivement en 1974 et 1978, ils inaugurent une carrière « parallèle », celle de créateur de documentaires. En effet, le cinéaste a consacré de nombreux films à des musiciens, jusqu’au récent Rolling Thunder Revue (que nous avions beaucoup aimé). Mais quand il commence, c’est à sa famille – un des thèmes les plus récurrents de sa filmographie – qu’il s’intéresse .

Dans Italian American, on retrouve ainsi deux visages bien connus : Charles et Catherine Scorsese, les parents du cinéaste. Ces derniers se « contentent » de raconter leurs origines et leur vie dans le quartier de Little Italy, et pourtant on sent (rétrospectivement bien sûr) que l’on est dans un film de Scorsese. Point culminant : la recette de la sauce tomate aux boulettes, dictée par la mama italienne… Une recette que l’on retrouvera, telle quelle, quinze ans plus tard dans les Affranchis !

American Boy : a profile of Steven Prince est lui consacré à un ami de Martin Scorsese. On retrouve le même décor d’appartement new-yorkais, et cette même envie de filmer un proche qui raconte sa vie. Celle de Steven Prince est pour le moins mouvementée : ancien accro à l’héroïne, il a enchaîné plusieurs boulots, sans pour autant sombrer dans le banditisme. La tendresse du réalisateur envers son ami se voit à tous les plans, ne jugeant jamais son ami, de la même manière qu’il ne juge pas les protagonistes de ses films. La légende dit même qu’une anecdote à propos d’une overdose aurait inspiré Quentin Tarantino pour son Pulp Fiction 

Au final, avec ces deux documentaires, on se rappelle que Scorsese avait le choix entre être prêtre ou voyou. Fort heureusement pour nous, il a fini cinéaste !

Voilà de quoi patienter d’ici la sortie de The Irishman, exclusivement sur Netflix. Découvrez la bande-annonce ici.

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