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Top des meilleurs films de gangsters

À l'occasion de la sortie de The Irishman, retour sur les meilleurs films du genre. Avec évidemment Al Pacino et Robert De Niro, mais aussi d'autres films, moins célébrés et sans doute plus discutables, mais qui ont aussi droit à leur petite mention.

Il n'y a peut-être jamais eu de meilleur moment pour parler des meilleurs films de gangsters. Avec la sortie sur Netflix de The Irishman, rien ne sera plus comme avant, et le film de Martin Scorsese est venu marquer l'histoire de ce genre.

Puisqu'il faut n'en choisir qu'une poignée, nous avons sélectionné les suivants :

1. The Irishman, Martin Scorsese, 2019

2. Le Parrain 1&2, Francis Ford Coppola, 1972 et 1974

3. Scarface, Brian de Palma, 1984

4. Les AffranchisMartin Scorsese, 1990

5. Heat, Michael Mann, 1996

Sans surprise, les deux premières entrées du top sont les monuments du genre. Il est peut-être un petit tôt pour mettre en première position The Irishman, mais sa position historique de "dernier" film et sa nature réflexive en font un témoignage du maître sur le genre qu'il a créé avec Francis Ford Coppola. Le Parrain sort au cinéma en 1972, avec Marlon Brando et Al Pacino, s'affiche d'emblée comme un chef-d'oeuvre et peut être considéré comme le premier très grand film du genre. Avec une suite, considérée par beaucoup comme encore meilleure, Le Parrain montre en majesté l'aristocratie du crime avec la fresque sur la famille Corleone.

Deux rois

Al Pacino et Robert De Niro sont évidemment les deux acteurs rois du film de gangsters, et c'est pourquoi ils ouvrent et ferment ensemble ce top 5, et sont aussi dans les autres. Leur double réunion est symbolique, et c'était la volonté des réalisateurs, Martin Scorsese et Michael Mann de rassembler à l'écran ces deux "monstres" dans The Irishman et Heat.

Al Pacino est aussi bien Michael Corleone et Tony Montana. Il aura eu le privilège de jouer Michael Corleone dans Le Parrain, incarnant le boss de la mafia new-yorkaise, et l'immigré cubain enragé dans Scarface de Brian de Palma. De Niro, même s'il joue Don Corleone jeune, le père de Michael, dans Le Parrain 2, aura lui excellé dans des rôles d'homme de main, d'intermédiaire, une figure de mafieux plus "populaire", comme dans Les Affranchis. On retrouve cette dimension sociale dans The Irishman, où Robert De Niro joue un tueur à gages et Al Pacino le très puissant et populaire Jimmy Hoffa.

Si on retrouve ces deux acteurs dans les meilleurs films du genre, dirigés par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola, c'est parce que leur origine italo-américaine convenait parfaitement au récit du groupe criminel le plus représenté, étudié, et fantasmé, la fameuse "mafia". Des films comme Scarface et Heat ont volontairement pris le contrepied, pour leur faire incarner d'autres profils, avec tout autant de réussite. En esthétisant façon 80s ou en modernisant la tragédie criminelle, et dans le cas de Heat en déplaçant à Los Angeles une intrigue très côte Est, ces deux films montrent que le genre "gangsters" vit très bien hors des bases créées par Scorsese et Coppola.

Quelques autres perles du cinéma de gangsters

On propose aussi d'accorder des mentions spéciales à quelques autres films : Le Clan des Siciliens d'Henri Verneuil, Les Promesses de l'ombre de David Cronenberg, Sonatine de Takeshi Kitano et Ghost Dog de Jim Jarmusch.

Pourquoi Ghost Dog ? parce que le genre "gangster" est traditionnellement un genre sérieux, qui prend son drame au premier degré et qui veut en extraire une réflexion sur la condition humaine. C'est un genre violent, souvent cynique et parfois cruel. Il fallait bien un film qui se chargerait lui d'y trouver de la poésie, du second degré. En la matière, Ghost Dog qui présente un tueur à gages afro-américain inspiré par les samouraï face à une pègre italo-américaine presque sénile est un bijou de grâce, de références au cinéma asiatique et américain, et une très belle histoire d'amitiés. En ce sens, il est assez proche du Sonatine de Takeshi Kitano, et plus largement de toute la filmographie de celui-ci, qui veut aussi trouver de la poésie à ces sombres histoires.

Les Promesses de l'ombre nous fait voyager, puisque l'intrigue se déroule à Londres, au coeur de la mafia russe, avec un Viggo Mortensen exceptionnel et un Vincent Cassel dans un rôle de chien fou très réussi. Le film de David Cronenberg, qui fait une sorte de suite au magnifique Une Histoire de la violence, est un chef-d'oeuvre de noirceur et une critique élégante d'une masculinité à la fois belle et crasseuse. Enfin, parce que la France aura eu son heure de gloire dans ce cinéma, Le Clan des Siciliens, avec ses gueules : Lino Ventura, Jean Gabin et Alain Delon, est un classique du genre, et son auteur une inspiration revendiquée par Quentin Tarantino.