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Affaire Weinstein : les accusations se poursuivent

Le nombre de témoignages concernant l’affaire Harvey Weinstein, accusé d’harcèlement sexuel, continue de grandir. Léa Seydoux et Cara Delevingne s’ajoutent à la longue liste des victimes du producteur.

Depuis plusieurs jours, le tout Hollywood est en plein chaos après qu’ait éclaté l’affaire Weinstein. Une affaire sordide, qui concerne Harvey Weinstein, producteur mythique du cinéma américain, accusé de viols et de nombreuses agressions sexuelles. Chaque jour, de nouvelles actrices ayant croisé sa route témoignent de la conduite inappropriée (comprenez dégueulasse) du producteur. Parmi elles, Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Asia Argento, ou encore Ashley Judd.

De nouveaux témoignages

Plus récemment, c’est Léa Seydoux, Cara Delevingne (sur Instagram) et Jamie Lee Curtis (dans le Huffingtonpost) qui se sont exprimées. La première a publié un texte dans le journal The Guardian. Débutant en indiquant que des “Harvey Weinstein”, elle en rencontrait tout le temps, elle raconte par la suite comment « l’homme » a essayé de coucher avec elle.

Nous parlions sur le canapé quand il a soudainement sauté sur moi et a essayé de m’embrasser. J’ai dû me défendre. Il est grand, et gros, alors j’ai dû résister vigoureusement. Je suis partie, complètement dégoûtée, mais je n’ai cependant jamais eu peur de lui car je savais dès le début à qui j’avais affaire.

Une scène assez similaire à ce que d’autres actrices ont pu exprimer. Concernant Jamie Lee Curtis, celle-ci a parlé d’une expérience personnelle de harcèlement, sans pour autant désigner Weinstein – soutenant ainsi indirectement les premiers propos de Léa Seydoux. Néanmoins, une partie de son texte revient sur la déclaration de la designer Donna Karan, qui disait que peut-être, certaines de ces femmes l’auraient cherché.

Est-ce que je l’ai cherché ? Non. Ce que je demandais simplement, c’était un travail, et ce que j’ai obtenue, c’est du harcèlement sexuel.

A rétorqué Jamie Lee Curtis. Par sa publication, la comédienne pointe un des problèmes majeurs de notre société, où la victime peut être considérée comme responsable. Une aberration, que Jamie Lee Curtis fait bien de rappeler, mais qui montre malheureusement les opinions divergentes possibles sur cette affaire, difficilement défendable.

Rose McGowan en porte-parole

A ce jour, l’une des interventions les plus marquantes, reste sans doute celle de Rose McGowan. L’actrice s’est montrée la plus virulente (et à raison !) sur les réseaux sociaux, allant attaquer le producteur, mais également tous ses collaborateurs ainsi que les personnes au courant de ses agissements, et qui n’ont rien fait durant des années. Ainsi, c’est notamment Ben Affleck qui voit l’affaire lui retomber dessus. L’actrice allant le traiter de menteur peu de temps après qu’il se soit officiellement positionné contre les agissements de Weinstein, mais en indiquant ne jamais en avoir entendu parler.

BORDEL ! JE LUI AI DIT D’ARRÊTER CA’, c’est ce que tu m’as dit en face lors de la conférence de presse que j’ai faite après l’agression. Tu mens.

A exprimé l’actrice dans un post Twitter. Aujourd’hui, le compte de l’actrice a été bloqué. S’il ne doit s’agir là que d’une procédure automatique de Twitter, qui suite au signalement d’utilisateurs peut suspendre un compte temporairement, le moment apparaît bien mal venu. Rose McGowan étant, en effet, devenue l’une des principales porte-paroles des victimes de Weinstein, ou de tout autres hommes.

En effet, ce jeudi 12 octobre 2017, l’acteur James Van Der Beek a notamment indiqué que ce genre de situations n’arrive pas qu’à Hollywood. Le comédien a alors tenu à s’exprimer, affirmant alors avoir lui-même été victime harcèlement de la part d’autres hommes d’influence.

Je me suis fait attraper le cul par des hommes plus vieux et plus puissants. Je me suis retrouvé coincé avec eux à avoir des conversations sexuelles inappropriées quand j’étais beaucoup plus jeune.

Des signes mis sous silence

Outre l’attaque envers Ben Affleck, d’autres éléments semblent indiquer que les agissements de Weinstein étaient bien connus dans le milieu. En 2013, Seth MacFarlane devait présenter les Oscars. Durant l’annonce des nommées pour la meilleure actrice dans un second rôle, l’humoriste se permet une blague visant directement Weinstein :

Félicitation mesdames, vous cinq n’aurez plus besoin de faire comme si Harvey Weinstein vous plaisait.

Une blague qui, aujourd’hui, en connaissance des faits, apparaît des plus inquiétantes. Non pas concernant Seth MacFarlane, qui, comme il l’a expliqué dans un post, a voulu faire part de sa colère après que son amie Jessica Barth lui ait confié en 2011 les agissements de Weinstein. Mais bien concernant l’audience présente. Celle-ci s’amusant de cette blague, comme si la réputation du bonhomme était tout à fait normale.

 

On peut alors se demander comment Weinstein a pu ne pas être davantage inquiété durant tant d’années. Certainement grâce à son pouvoir et son influence comme producteur, mais pas que. Il apparaît évident que bon nombre de collaborateurs et amis de Weinstein n’ont simplement pas jugé son comportement suffisamment amoral. Et c’est peut-être à ce niveau que l’affaire Weinstein apparaît la plus choquante.

Cette affaire ne semble donc pas prête de se terminer, et toute l’industrie hollywoodienne risque d’être marquée. Les témoignages devraient se poursuivre durant les jours à venir. Espérons que de cette affaire, ressorte un changement de mentalité et que, peut-être, un jour, les femmes n’auront plus à subir de harcèlement d’hommes comme Weinstein, et pourront être considérées comme il se doit.

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