Batman le défi : retour sur la création de l'armée de pingouins

Batman le défi : retour sur la création de l'armée de pingouins

"Batman le défi" (1992) fut un sacré challenge pour Tim Burton. En plus de Michael Keaton, Michelle Pfeiffer et Danny DeVito à diriger, le réalisateur dû gérer une armée de pingouins, qu'ils soient réels ou fabriqués.

Les pingouins, un vrai défi pour Batman

Il est toujours compliqué sur un film de tourner avec des enfants ou des animaux de compagnie comme des chats ou des chiens. Lorsqu’il s’agit de diriger plusieurs dizaines de pingouins, la tâche pourrait alors sembler impossible. Pourtant, c’est le pari qu’a su relever Tim Burton avec Batman, le défi (1992). Trois ans après un premier film sur le Chevalier noir, le réalisateur revient avec une proposition encore plus sombre et dérangeante. On y retrouve Michael Keaton pour incarner le justicier Bruce Wayne, tandis que Michelle Pfeiffer jour la complexe Catwoman et Danny DeVito l'effrayant Pingouin.

Batman, le défi
Batman, le défi ©Warner Bros.

Dans le long-métrage de Tim Burton, ce dernier est abandonné enfant par ses parents en raison de son physique difforme et d'une violence naturelle. Jeté dans les égouts, le jeune Oswald Cobblepot est recueilli par les manchots du zoo de Gotham. Il va grandir avec une haine profonde et, des années plus tard, il devient le leader d'un groupe de criminels qui terrorise la ville. Mais sa vraie famille reste les pingouins réfugiés par centaines dans les égouts.

La création d'une armée de manchots

Tim Burton a donc tout fait pour les montrer à l'écran par dizaines. Pour cela, il a pu user de plusieurs techniques de trucages et se servir de vrais pingouins. Au total, ce sont trente pingouins aux pieds noirs et douze manchots royaux qui ont été utilisés et dirigés par différents dresseurs. Avec, des problèmes se sont logiquement posés, comme raconté en bonus du coffret Collector du film :

Ce n’est pas simple de trouver beaucoup de pingouins. Et leur rituel d’accouplement est très compliqué. Quand ils naissent, ils doivent s’accoupler, ils doivent avoir froid, puis avoir chaud. On en avait des grands, des petits, c’était très drôle. Mais c’était compliqué de faire marcher tout ça pendant des mois.

Une autre difficulté s’est ajoutée lorsqu’il a fallu enfiler aux pingouins un petit missile sur le dos pour la dernière partie de Batman, le défi. Une étape qui prenait du temps car il fallait leur mettre le costume petit à petit et doucement pour qu’ils comprennent qu’il n’y a pas de danger pour eux. Pour les habituer, cette étape a pris plusieurs semaines.

Batman, le défi
Batman, le défi ©Warner Bros.

Une fois la question du costume réglée, les pingouins se sont montrés plutôt faciles à gérer. Grâce au dressage, ils pouvaient être baladés d’un point A à un point B sans trop de difficulté (le poisson donné en récompense aidant). Néanmoins, comme l’explique Michael Fink, responsable des effets visuels, “ils ne pouvaient pas tout faire, comme lancer les missiles dans leur dos” ou encore “escorter le corps du Pingouin dans l’eau”. Logique. Mais résultat, "ils ne pouvaient pas faire ce qu’ils devaient faire dans le film".

Des animatroniques de toutes les tailles

C’est la raison pour laquelle la production de Batman, le défi s’est tournée vers Stan Winston pour créer des animatroniques. Ce sont donc ces marionnettes qui ont été utilisées pour la plupart des gros plans et des séquences d’action. Mais si certaines étaient de “simples” marionnettes, d’autres étaient conçus y mettre dedans des personnes de petites tailles. Un déguisement qui aura permis d’avoir une plus grande liberté d’action.

Grâce à cela, il a été possible de mettre sur le plateau de vrais pingouins, d'ajouter des marionnettes immobiles, et de faire interagir les personnes déguisées. C'est notamment le cas lorsque le Pingouin kidnappe Max Shreck (Christopher Walken). Ce sont principalement de faux animaux qui se trouvent à ses côtés.

Batman, le défi
Batman, le défi ©Warner Bros.

En mélangeant les faux pingouins avec les vrais, le public ne peut plus se rendre compte de la supercherie. Un travail impressionnant qui nécessitait en moyenne cinq opérateurs par pingouin animatronique. Au total, la production a utilisé des pingouins animatroniques de trois tailles différentes, et dix de chaque, ainsi que six pingouins animatroniques pour des personnes déguisées. Un travail déjà colossal, mais insuffisant pour créer une véritable armée.

Du numérique pour combler

À la fin de Batman, le défi, plusieurs centaines de pingouins se baladent dans Gotham pour faire sauter la ville. Pour cette partie, et plus précisément les plans larges, il n’y a pas eu d’autre choix que de passer par des effets spéciaux. Ce qui à l’époque n’était pas si facile à réaliser qu’aujourd’hui. Il a d’abord fallu filmer des pingouins toute une journée en train de marcher et de s’arrêter. Après, une photographie était reproduite sur ordinateur avec un quadrillage. L'équipe en charge pouvait ensuite les animer et ajouter la peau sur les zones quadrillées.

Au final, Batman, le défi aura nécessité le travail de trois départements distincts uniquement pour les séquences avec les pingouins. Une équipe de dressage, une équipe pour les animatroniques et les membres de l'animation numérique. On ne peut que se ravir du résultat tant on croit véritablement à cette armée de pingouins qui se balade dans Gotham et dans les égouts. Des personnages à part entière à retrouver dans le coffret Collector 4K actuellement disponible, qui contient le making of de cette création.