Bienvenue chez les Rozes : retour sur le faux départ au cinéma de Jean Dujardin

Bienvenue chez les Rozes : retour sur le faux départ au cinéma de Jean Dujardin

Pour ses grands débuts au cinéma dans un rôle principal, Jean Dujardin s'embarque dans la galère "Bienvenue chez les Rozes". Un échec et un faux départ pour l'acteur, dont à l'époque "personne ne voulait"...

Des débuts laborieux

En 2003, Jean Dujardin n'est encore que "Jean" de la série Un gars, une fille. Si le comédien fait justement ses adieux à ce personnage cette année-là, c'est qu'il a souhaité se lancer dans le cinéma. Le succès viendra en 2005 avec Brice de Nice, et la consécration avec The Artist en 2011. Mais les débuts n'auront pas été facile pour celui devenu une des plus grandes stars masculines du cinéma français. Et son premier rôle principal, dans la comédie Bienvenue chez les Rozes, n'augurait rien de très bon...

En avril 2003, la comédie de Francis Palluau, deux gentils petits voyous qui se retrouvent dans leur cavale chez une famille de psychopathes, ne convainc personne. Ni le public avec moins de 250 000 entrées, ni la critique qui trouve qu'à peu près tout y est raté, malgré un casting de luxe : Carole BouquetMichel DuchaussoyAndré Wilms, Clémence Poésy... Et dans les rôles principaux, Lorànt Deutsch et Jean Dujardin.

Ce premier rôle principal, l'acteur l'a décroché presque par hasard. Il l'expliquait au moment de la promotion du film à la presse :

J'avais accepté un petit rôle dans "Ah ! si j'étais riche" de Michel Munz et Gérard Bitton qui me voyaient bien en vendeur de chaussures. Le film était produit par Charles Gassot. J'ai tourné une journée, et Charles était sur le plateau. Je sentais qu'il m'observait. À la fin, nous nous sommes dit au revoir mais un au revoir qui n'était pas un adieu. Trois jours plus tard, j'ai reçu un coup de téléphone de Francis Palluau qui me disait qu'il voulait me rencontrer.

La rencontre se passe bien, et le voilà donc embarqué dans Bienvenue chez les Rozes.

"Il n'excitait aucun producteur"

Drôle dans la série avec Alexandra Lamy, Jean Dujardin l'est d'abord beaucoup moins sur grand écran. La magie n'opère pas et sa force comique, faute peut-être d'une meilleure direction d'acteurs, est peu décelable dans Bienvenue chez les Rozes. Erreur de direction artistique ? Acteur en manque de confiance ? Rôle principal trop précoce ? À l'époque, Jean Dujardin navigue à vue dans un milieu qui ne veut pas de lui. Nicolas Boukhrief, qui lui offre alors un rôle important dans l'excellent thriller Le Convoyeur (2004), le racontait dans L'Express en 2012.

Dans Un gars, une fille, j'ai vu en lui un acteur dans la tradition de la comédie italienne, capable de jouer les mesquins et les lâches, d'accepter et d'assumer les défauts d'un personnage. (...) Je l'ai appelé un lundi pour lui parler du Convoyeur, il a lu le scénario le mardi, et il a accepté le mercredi. Il avait envie de cinéma. Mais à l'époque, personne ne voulait de lui. 1,5 million de DVD d'Un gars, une fille avaient été vendus, mais il n'excitait aucun producteur.

Le Convoyeur
Le Convoyeur ©Mars Distribution

Un raté vite effacé

Dans un rôle à contre-emploi pour Le Convoyeur, Jean Dujardin livre une performance remarquable et, comme le souligne Nicolas Boukhrief, celle-ci lui permet "de gagner du temps et de se poser tout de suite en acteur dramatique". En 2004 sort aussi Mariages !, comédie chorale qui, à la différence de Bienvenue chez les Rozes, est un joli succès avec plus d'1,8 million de spectateurs en salles. La carrière de Jean Dujardin est enfin lancée, avec preuves à l'appui d'un registre étendu. Et le tsunami Brice de Nice est en approche. Rapidement, Bienvenue chez les Rozes n'est déjà plus qu'un mauvais souvenir...