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Cannes : John Carpenter honoré à la Quinzaine des Réalisateurs

Le réalisateur américain John Carpenter a reçu le Carrosse d’Or mercredi 15 mai pour l’ensemble de son oeuvre. La distinction cannoise consacre un auteur parmi les plus brillants du cinéma de genre.

C’est un des grands maîtres du cinéma qui a été honoré à Cannes. Un réalisateur à part, qui l’a toujours été, entretenant un rapport très sincère au cinéma, avec ce que la sincérité peut provoquer de mise à distance. Prince du fantastique, maître de l’horreur, John Carpenter a reçu un Carosse d’Or pour l’ensemble de sa carrière, remis par la Quinzaine des réalisateurs.

Une carrière et une filmographie exceptionnelles

Halloween, New York 1997, Los Angeles 2013, L’Antre de la folie, autant de films cultes qui ont valu à leur auteur une reconnaissance mondiale, mais particulièrement hors des Etats-Unis où la passion allait régulièrement de l’admiration au désamour. L’Europe, bien plus constante dans son appréciation, lui a offert une considération qu’il n’a que rarement éprouvé chez lui. Comme une évidence, un des ses maîtres à penser contemporains est Dario Argento, un autre très grand réalisateur du cinéma d’horreur. Une admiration doublée d’une jalousie, celle de la grande liberté attachée au cinéma européen, quand lui devait se battre avec acharnement pour imposer sa vision aux studios américains.

Le réalisateur d’Halloween, malgré une marginalisation croissante à Hollywood due à son refus de penser « grand public », est une influence majeure pour le cinéma qui lui succède. Pour ne citer qu’eux, Wes Craven multiplie les références à Halloween dans Scream, et Jean-François Richet réalise Assaut sur le central 13, remake d’Assaut de Carpenter.

Captée par un journaliste du magazine Le Point, sa Master Class a donné lieu à une belle ovation.

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C’est une des phrases ironiques de sa Master Class, donnée à l’occasion de la remise de sa distinction. S’il se refuse à faire pleurer les spectateurs, à les émouvoir gentiment, il sait les effrayer et aussi les faire rire. Bien loin de critiquer le réalisateur de Jurassic Park, dont Carpenter loue l’immense talent, sa déclaration fait référence à un épisode décisif dans la filmographie et la vie du réalisateur.

Il s’agit de l’épisode de la sortie de The Thing, au même moment que E.T., en 1982. Une sortie conjointe de deux films diamétralement opposés, qui se conclue en succès planétaire pour E.T. et en très mauvaise réception pour le film de John Carpenter.

De succès en échecs, John Carpenter reste un artiste, et son art s’épanouit dans la mise en scène de la peur, une émotion universelle. Il s’est ainsi affirmé comme un grand cinéaste de genre, entre horreur et science-fiction, aux manières très personnelles. Il est de ces réalisateurs qui exigent le final cut, et de ces auteurs qui composent aussi la plupart de leur musique.

L’authenticité de sa démarche puise ses racines dans son enfance, dans un amour profond du cinéma, l’art comme la salle, où les spectateurs, ensemble, vivent une expérience unique. Autant que sa filmographie, c’est son intégrité qui était aussi célébrée ce mercredi 15 mai.

La Quinzaine des Réalisateurs, en l’honorant du Carrosse d’Or 2019, célèbre une filmographie exceptionnelle, un auteur à l’intelligence et à l’ironie mordantes, et dont l’intégrité fait de lui un artiste essentiel du 7ème art.

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