La Terre et le sang : comment le réalisateur a puisé dans son quotidien pour écrire ce thriller ?

Un survival redoutablement efficace

La Terre et le sang : comment le réalisateur a puisé dans son quotidien pour écrire ce thriller ?

Dans "La Terre et la sang", Sami Bouajila incarne le gérant d'une scierie qui voit débarquer un trafiquant et ses hommes dans son usine, prêts à faire un carnage pour récupérer leur marchandise. Le réalisateur Julien Leclercq a eu l'idée de ce thriller en voulant confronter l'environnement dans lequel il vit avec l'univers urbain de ses films, comme il nous le confiait en 2020.

La Terre et le sang : un affrontement sanglant dans une scierie

Après Braqueurs et Lukas, Julien Leclercq collabore à nouveau avec Sami Bouajila pour La Terre et le sang. Dans ce thriller sorti sur Netflix en 2020, le comédien prête ses traits à Said, gérant d'une scierie qui emploie principalement des jeunes en réinsertion et d'anciens détenus.

Alors qu'il vient d'apprendre qu'il souffre d'une maladie grave et qu'il n'a plus beaucoup de temps, son monde s'écroule encore un peu plus lorsque Yanis (Samy Seghir), un membre de son équipe, dissimule une voiture remplie de drogue dans son usine.

La Terre et le sang
Said (Sami Bouajila) - La Terre et le sang ©Netflix

Rapidement, Adama (Ériq Ebouaney) débarque dans le scierie avec plusieurs de ses hommes et fait un véritable massacre, ayant pour seul objectif de récupérer la marchandise qui lui a été volée. Se retrouvant malgré lui au coeur d'un règlement de comptes sanglant, Said fait tout pour préserver le peu qu'il lui reste et sauver sa vie ainsi que celle de sa fille Sarah (Sofia Lesaffre).

"Un décorum de fou"

C'est durant le tournage du film d'action Lukas, porté par Jean-Claude Van Damme, que Julien Leclercq découvre le lieu qui servira de cadre principal à La Terre et le sang. Un endroit qui inspire profondément le réalisateur et duquel il va savoir tirer profit pour écrire des séquences tendues et créer un personnage attachant avec son coscénariste Jérémie Guez, comme il nous le confie lors d'un entretien en 2020 :

J'avais repéré la scierie quand je tournais Lukas, je suis passé plusieurs fois devant, et je me disais "c'est un décorum de fou". Ça me passionne parce que j'aime les artisans, les gens qui travaillent de leurs mains, je suis petit-fils d'agriculteur et je sais ce que c'est de se lever à 5h du matin en ayant du doute sur la paie en fin de mois. C'est quelque chose qui me touche, les artisans ruraux, je trouve qu'il y a de l'héroïsme.

La Terre et le sang
Said (Sami Bouajila) - La Terre et le sang ©Netflix

La rencontre entre l'urbain et le rural

Par ailleurs, l'idée d'orchestrer une confrontation dans un milieu isolé en pleine campagne lui vient de l'environnement dans lequel il vit au quotidien, et qui détonne totalement de l'univers de ses films :

Quand je ne travaille pas, je vis à la campagne dans une ferme au milieu des champs, et quand je reviens du cinéma, et que je fais le lien entre mes voisins agriculteurs et ce que j'ai pu faire avec Braqueurs, je me demande ce que donnerait la rencontre de l'univers urbain et celui de la campagne. J'ai toujours fantasmé cette rencontre de ces univers très différents, et je voulais faire depuis très longtemps un film de 'run'. (...) Je suis au milieu de mon garage à la ferme, j'ai des voitures, des tracteurs, des tondeuses, des motos... c'est ma vie.

À cela s'ajoute une véritable passion pour le Rambo de Ted Kotcheff et Les Grandes gueules de Robert Enrico, ultimes inspirations qui lui permettent de donner naissance à un long-métrage redoutablement efficace.