La Zizanie : pourquoi le film avec Louis de Funès a été attaqué en justice ?

La comédie "La Zizanie" de Claude Zidi avec Louis de Funès a bien failli ne jamais sortir au cinéma en raison d'un procès pour plagiat. Le réalisateur Jean-Pierre Mocky avait en effet attaqué en justice le producteur Christian Fechner.

La Zizanie : Louis de Funès retrouve Claude Zidi

En 1978, la comédie La Zizanie sort au cinéma en France. Elle marque la deuxième collaboration entre le réalisateur Claude Zidi et Louis de Funès, deux ans après le succès retentissant de L'Aile ou la Cuisse. Dans ce long-métrage, Louis de Funès donne la réplique à Annie Girardot.

Le film suit Guillaume Daubray (Louis de Funès), un industriel et maire d'une petite ville de province. Son entreprise fabrique des machines qui aident à dépolluer l'environnement et une délégation japonaise est intéressée par l'un de ses produits : le CX 2 avaleur de fumée. Ils signent un contrat pour l'achat de 3000 machines, mais Daubray doit les livrer dans un délai de 90 jours. Malheureusement, le préfet refuse de lui donner l'autorisation d'étendre son usine sur un terrain voisin.

Pour résoudre ce problème, il décide d'agrandir son usine en envahissant sa maison et en détruisant le potager que sa femme Bernadette (Annie Girardot) avait soigneusement cultivé en raison de sa passion pour l'horticulture. Bernadette, furieuse, quitte son mari et part vivre à l'hôtel. Lors des élections municipales, Bernadette se présente contre Guillaume sous la bannière "Défense de la nature".

Mocky vs Fechner

En 1977, Louis de Funès contacte le cinéaste Jean-Pierre Mocky car il souhaite travailler avec lui (ce que Mocky avait tenté de faire depuis longtemps, en vain). Il écrit donc le scénario d'un film intitulé Le Boucan à l'été 1977, et souhaite également engager Annie Girardot, pour donner la réplique à Louis de Funès. Il leur envoie le scénario, et n'a plus de nouvelles.

Quelques temps plus tard, Jean-Pierre Mocky apprend par Pierre Mondy que le producteur Christian Fechner prépare son nouveau projet, avec un scénario et un casting très proches de celui qu'il a écrit. Jean-Pierre Mocky décide alors de porter plainte pour plagiat contre le producteur, et l'affaire est jugée devant les tribunaux. Ce dernier déclarera :

La justice a retenu 108 points communs entre mon scénario et celui signé Jardin. Fechner a le bras long et le réseau m'a coupé les ailes. Ca a été le début pour moi d'une mise à l'index.

En septembre 1977, la justice interdit toute publicité pour le film de Claude Zidi, qui est saisi. Le film sera finalement autorisé à sortir l'année d'après, visiblement en raison des avocats de Christian Fechner, qui auraient fait valoir le grand préjudice économique qu'aurait entraîné la non-sortie de ce film.

Finalement, Jean-Pierre Mocky est indemnisé à hauteur de 250 000 francs par Christian Fechner (somme qui correspond au travail de préparation de son film). Mais le réalisateur estime qu'il a ensuite été exclu des circuits de la distribution, et traité comme "un SDF de la pellicule".