Dans "Le Placard", Daniel Auteuil incarne un comptable qui décide de se faire passer pour un homosexuel afin d'éviter le licenciement, ses employeurs redoutant une procédure discriminatoire. Une comédie avec laquelle le réalisateur et auteur Francis Veber a voulu dénoncer le "politiquement correct" ressenti lors d'une expérience hollywoodienne.
Le Placard : le retour de François Pignon
Après L'Emmerdeur, Les Compères, Les Fugitifs et Le Dîner de cons, François Pignon a droit à une nouvelle aventure cinématographique en 2001 avec Le Placard. Daniel Auteuil succède à Jacques Brel, Pierre Richard et Jacques Villeret dans le rôle de ce personnage sympathique et discret, régulièrement méprisé et pris pour un imbécile. François Pignon est ici le comptable d'une usine de caoutchouc spécialisée dans la production de préservatifs.
Lorsqu'il apprend son licenciement, il décide de mettre fin à ses jours en sautant de son balcon. Il est cependant stoppé in extremis par son voisin Jean-Pierre Belone (Michel Aumont), psychologue d'entreprise à la retraite. Ce dernier conseille à Pignon de prétendre qu'il est homosexuel, pour que ses employeurs annulent son renvoi par crainte d'une procédure discriminatoire. Une stratégie qui fonctionne puisque le comptable conserve son poste.
Ce choix de la direction exaspère au plus haut point Félix Santini (Gérard Depardieu), chef du personnel homophobe et raciste. Voulant éviter à tout prix le scandale, Guillaume (Thierry Lhermitte), bras droit du PDG, conseille à Santini de revoir son attitude et de faire preuve de bienveillance à l'égard de Pignon, sous peine d'être viré.
Jean Rochefort, Michèle Laroque et Alexandra Vandernoot complètent la distribution du long-métrage. À sa sortie, la comédie réunit plus de 5,1 millions de spectateurs dans les salles françaises.
Une mauvaise expérience liée au remake de La Chèvre
Francis Veber a l'idée du Placard une dizaine d'années plus tôt, en 1991, lorsqu'il travaille sur un remake de La Chèvre. Intitulé Danger public, ce long-métrage de Nadia Tass est porté par Danny Glover et Martin Short. Le réalisateur occupe le poste de producteur exécutif sur ce projet oublié.
Impliqué, Francis Veber propose d'embaucher un acteur latino-américain qu'il juge talentueux pour prêter ses traits au méchant. Il se heurte alors au refus de Nadia Tass. Elle lui assure que son choix pourrait être mal pris par la communauté latino et lui donnerait une mauvaise image, d'après les informations d'Allociné. Face à la pression et aux menaces de représailles de la réalisatrice, le Français préfère jeter l'éponge.
https://www.youtube.com/watch?v=EetZcl4KBLk
S'il ne renonce pas à tourner aux États-Unis puisqu'il signe ensuite la comédie Sur la corde raide ainsi que le scénario de My father, ce héros, Francis Veber déplore l'aspect "politiquement correct" de Hollywood. Une expérience qui sert donc de base au Placard, où le cinéaste transpose l'hypocrisie qu'il a ressentie outre-Atlantique dans le monde de l'entreprise.