Lorsque Patrice Leconte se retrouve aux commandes de la comédie culte "Les Bronzés", Coluche essaie de dissuader la troupe du Splendid de faire appel au metteur en scène. Les acteurs et scénaristes ont alors peur que l'humoriste "les dépossède" de leur travail.
Les Bronzés : amour, coquillages et crustacés
Avec Les Bronzés, sorti en 1978, la troupe du Splendid adapte sa pièce Amour, coquillages et crustacés, inspiré de ses années d'animation au Club Méditerranée. Le film culte raconte le séjour de Jérôme (Christian Clavier), Popeye (Thierry Lhermitte), Gigi (Marie-Anne Chazel), Nathalie (Josiane Balasko), Bernard (Gérard Jugnot), Jean-Claude (Michel Blanc) et Christiane (Dominique Lavanant) en Côte d'Ivoire.

Entre tentatives de séduction plus ou moins fructueuses, récitations de poèmes en minuscules slips de bain et cours de karaté qui dérapent, les vacances s'avèrent mouvementées. Réunissant plus de 2,3 millions de spectateurs dans les salles françaises, Les Bronzés s'impose progressivement comme un classique de la comédie française et marque avec brio le passage au cinéma d'une troupe qui se retrouve par la suite dans Les Bronzés font du ski, Le Père Noël est une ordure ou encore Papy fait de la résistance.
Coluche jugé "trop autoritaire" par le Splendid ?
Les Bronzés est la première collaboration entre le Splendid et le réalisateur Patrice Leconte, qui n'a alors réalisé qu'un seul long-métrage, la comédie Les Vécés étaient fermés de l'intérieur portée par Jean Rochefort et Coluche. Ce dernier va jusqu'à essayer de dissuader les acteurs et scénaristes de faire appel au jeune cinéaste, voulant lui-même réaliser le film. Dans l'émission Un jour un destin consacrée à la troupe et diffusée sur France 3 en juillet 2023, Patrice Leconte se souvient :
Coluche est intervenu parce qu'il voulait réaliser le film, et il a dit au Splendid : 'Prenez pas Leconte, il est naze'. Je sais pas pourquoi il disait que j'étais naze, peut-être parce que je l'étais, je ne sais pas. En tout cas, la troupe a dit non.
Si le Splendid refuse la proposition de Coluche, c'est parce qu'il craint que l'humoriste un peu trop "autoritaire" à son goût s'approprie son travail. Josiane Balasko, Christian Clavier et les autres préfèrent ainsi décliner l'offre, son amitié pouvant s'avérer "envahissante". Patrice Leconte conclut à ce sujet :
Ils avaient peur que Coluche les dépossède de ce qu’ils voulaient faire.
