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Lily et Lana Wachowski, la grande émancipation : essai sur un cinéma sans frontières

Après Christopher Nolan, Ridley et Tony Scott, les films de zombie ou encore le studio Ghibli, les éditions Playlist Society continuent leur exploration d’univers cinématographiques. Dernier ouvrage en date : un essai sur le cinéma des sœurs Wachowski.

Sans doute favorisé par la renaissance médiatique de Keanu Reeves, acteur talentueux et éminemment sympathique, un quatrième Matrix a été annoncé par Warner Bros. Si la saga peut se prêter au jeu du reboot par l’histoire même qu’elle raconte, on pourrait se demander s’il s’agira d’un film aussi personnel que les précédents, ou d’un simple travail de commande, énième long-métrage jouant sur la nostalgie du spectateur.

Mais il faut dire que la présence de Lana Wachowski derrière la caméra est là pour rassurer : dans leur filmographie, les deux sœurs ont rarement fait des compromis. Même des films moyennement appréciés comme Jupiter : Le Destin de l’univers ont le mérite d’aller au bout des ambitions artistiques des deux cinéastes. Créatrices d’univers, leur oeuvre est analysée dans un ouvrage sorti le 24 septembre chez l’éditeur Playlist Society.

« La grande émancipation » : le sous-titre du livre d’Erwan Desbois convient à merveille au cinéma des Wachowski. Comme le montre brillamment l’auteur dans ce court essai, les films des deux sœurs font exploser la notion de frontières. De Bound à Sense8, de Matrix à Speed Racer, leur filmographie déborde de personnages voulant s’échapper de carcans, qu’ils soient familiaux ou sociaux, voire qu’ils concernent la réalité elle-même !

Les Wachowski : deux cinéastes engagées

De plus, les sœurs Wachowski se sont affranchies de leur genre. A l’époque de Matrix, on parlait de deux frères, avant que Larry ne devienne Lana, puis qu’Andy devienne Lily. Erwan Desbois ne cherche pas à connaître la vie privée des deux réalisatrices. Leur biographie n’est évoquée qu’au prisme de leur filmographie. On apprend ainsi à les connaître à travers leurs films, qui évidemment reflètent leurs personnalités.

Sense 8 semble être le terrain idéal pour comprendre les deux sœurs, mais s’il est un film qui a marqué le cinéma dans son ensemble, c’est bel et bien Matrix (un peu moins ses suites). Le long-métrage marque non seulement la transition entre deux époques, mais aussi un certain cap technique. Surtout, on se rend compte à la lecture de l’essai de la portée politique que les Wachowski ont insufflé à leur oeuvre, comme le montre l’extrait suivant.

Cette conclusion porte Matrix au-delà de la mise en garde allégorique contre le danger global des simulacres totalitaires, pour se confronter à un problème de société crucial : l’incapacité à endiguer totalement et définitivement le racisme et les autres formes de discrimination haineuse.

Tout en étant un peu court (une centaine de pages qui se lisent d’une traite), La Grande émancipation a le mérite d’être dense, et cite du Baudrillard tout en étant facilement compréhensible. Le cinéma des Wachowski est un cinéma « positif », dans le sens où il fait du bien au spectateur. En toute logique, on ressort de cette lecture en ayant envie de revoir Speed Racer avec un regard neuf, et surtout de se replonger dans Cloud Atlas, grande oeuvre qui contenait déjà en son sein ce qu’allait devenir Sense 8.

Lilly et Lana Wachoski, la grande émancipation d’Erwan Desbois, disponible à la Fnac et sur Amazon.

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