Partir : Kristin Scott Thomas avait peur de trop se dévoiler lors des scènes de sexe

Dans le film "Partir", Suzanne ne désire plus son mari et tombe folle amoureuse d'Ivan, un ouvrier venu faire des travaux chez eux. Cet amour passionnel va faire tout basculer et les scènes intimes, comme celle de violences, seront alors exacerbées.

Partir : entre passion et trahison

En 2009, Catherine Corsini réalise son septième long-métrage Partir. L'histoire est celle de Suzanne (Kristin Scott Thomas), une mère de famille de 45 ans qui habite sous le doux soleil de Nîmes et est mariée à un chirurgien. Cependant, l'oisiveté bourgeoise de cette vie commence à lui peser et elle décide donc de reprendre son activité de kinésithérapeute, qu'elle avait mis entre parenthèses pour élever ses deux enfants.

Son mari, Samuel (Yvan Attal) engage une entreprise de BTP pour aménager son futur cabinet médical dans une dépendance de la maison. C'est ainsi que Suzanne fait la connaissance d'Ivan (Sergi López), en charge du chantier, qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et Suzanne décide de se laisser emporter par la passion et de vivre pleinement cette histoire d'amour. Cette romance ne va évidemment pas plaire à son mari qui va tout faire pour garder sa femme près de lui...

Dans son film Catherine Corsini dresse le portrait d'une Emma Bovary d'aujourd'hui, animée par l'envie féroce de vivre ses passions. On pourrait presque croire qu'il s'agit d'un roman de Françoise Sagan, ou bien d'un film de Truffaut sur l'enfer des relations amoureuses. Cependant, le cœur du problème n'est pas la puissance de ces sentiments, mais bien l'argent. Les classes sociales s'opposent, entre cette femme issue de la bourgeoisie et cet ouvrier. Le mari trompé n'a donc aucun mal à couper les vivres de son épouse infidèle et à priver de travail son rival.

Des scènes de sexe crûment filmées

Dans Partir, Suzanne est ballottée entre la froideur de son mari mesquin, incarné par Ivan Attal, et la chaleur d'un Sergi López bon et rassurant. Dans la folie de cette romance qui débute sur les chapeaux de roues, l'épouse infidèle et le prolétaire s'unissent avant tout lors de nombreuses scènes de sexe. Ces séquences sont filmées très sobrement par la caméra de Catherine Corsini, qui souhaitait mettre en évidence la beauté de la femme, comme elle l'explique dans une interview pour Canal + :

Je voulais que ce film puisse permettre aux actrices et aux femmes de se dire que même à 45 ans passés, on peut montrer son corps, on peut être belle, on peut être désirable, on peut avoir des histoires d'amour magnifiques et ce n'est pas réservé qu'aux jeunes femmes de 25 ans.

Une présence féminine importante

L'actrice principale, Kristin Scott Thomas, qui est assez pudique, a appréhendé ces scènes de sexe. Pour se sentir à l'aise lors du tournage, elle était donc entourée d'une équipe féminine :

Dans les scènes d'amour, on a toujours peur de se dévoiler, on a peur d'être ridicule, on a peur de plein de choses. Moi, j'avais peur de me trahir. Pour moi c'était plus facile parce que j'avais Agnès Godard derrière la caméra, il y avait Colline qui faisait le point, il y avait Catherine (la réalisatrice), il y avait Camille au scripte. Il y avait beaucoup de filles, donc ça allait.

https://www.youtube.com/watch?v=-5NJdtZWJIA&t=251s

Dans une interview pour Teva, l'actrice britannique explique également que les scènes intimes étaient tout aussi difficiles à tourner que les scènes de violences. Que ce soit pour exprimer la colère intense ou bien le plaisir, cette dernière avait peur de trop se dévoiler : 

Les scènes intimes ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile. Et les scènes de violences avec Ivan, étaient aussi difficiles. Parce qu'on a tellement peur dans ces moments-là de se dévoiler. Quand on tourne les scènes d'amour, j'avais peur de me dévoiler personnellement, j'avais peur de montrer Kristin, car je suis pudique.