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Polisse : pourquoi le titre du film de Maïwenn a une faute d'orthographe ?

Polisse : pourquoi le titre du film de Maïwenn a une faute d'orthographe ?

En 2011 Maïwenn obtenait un important succès avec "Polisse", son troisième long-métrage, qui suit le quotidien des policiers de la brigade de protection des mineurs de Paris. Un film marquant, autant par ses images que par son titre.

Polisse, le succès de Maïwenn

En 2011 Maïwenn obtient un succès important avec Polisse. D'abord actrice, elle était déjà passée derrière la caméra en 2006 avec son premier long-métrage Pardonnez-moi, puis en 2009 avec Le Bal des actrices. Deux films dans lesquels elle apparaît également à l'écran. Rebelote pour Polisse, mais cette fois le succès est autre. D'abord présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2011, il y remporte le prix du jury. Et plusieurs mois après, c'est lors de la Cérémonie des César 2012 que le film repart avec le César du meilleur espoir féminin et celui du meilleur montage pour huit nominations, dont Meilleur film et Meilleure réalisatrice. Enfin, du côté des salles, plus de 2 millions de spectateurs se sont déplacés pour découvrir le film qui relate le quotidien des policiers de la brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris.

Maïwenn, dans le rôle de Mélissa, va en effet plonger dans cet univers en suivant les différents membres du groupe avec son appareil photo à la main pour immortaliser des moments durs et frustrants pour les policiers, mais également d'autres plus légers et de détente.

Cette brigade traite des affaires de viol, de pédophilies, de maltraitance et de dérives sexuelles. Certaines affaires sont particulièrement difficiles à encaisser. D'autres inimaginables. Quand quelques-unes font étonnamment rire. Comme lorsqu'une adolescente, confrontée aux policiers qui tentent de lui expliquer qu'il ne faut pas pratiquer des fellations à des garçons contre un téléphone portable, rétorque, presque innocemment, "c'était un beau portable", provoquant l'hilarité des agents.

Du réalisme, du cinéma, et un titre original

Avec Polisse Maïwenn a cherché à capter ce milieu avec un réalisme profond. Caméra toujours en mouvement, laissant la place à l'improvisation pour ses interprètes (Karin Viard, Joey Starr, Marina Foïs, Emmanuelle Bercot, etc). Elle est cependant parvenue en même temps à proposer des vrais moments de cinéma. D'ailleurs, elle expliquait à l'époque avoir puisé son inspiration, autant dans des films sur la police que dans des documentaires de Virgil Vernier. Elle a également passé du temps avec la vraie brigade des mineurs pour les observer, avant même de se lancer dans l'écriture de son film.

S'il s'agit bien d'un film coup de poing, le premier élément qui frappe le spectateur est probablement le titre : Polisse. On note immédiatement une faute d'orthographe volontaire qui laisserait à penser qu'il s'agit d'un jeu de mots entre "police" et une "peau lisse". En réalité cette écriture est d'abord apparue à Maïwenn par hasard, grâce à son fils :

Le titre qui s’est d’abord imposé à moi était "Police", mais il avait déjà été pris, et pas par n’importe qui ! J’ai ensuite eu envie d’intituler le film "Vous êtes de la police ?" et je me suis rendu compte qu’il avait également été utilisé il y a quelques années. Un jour, alors que mon fils faisait de l’écriture, le titre "Polisse", avec la faute d’orthographe et l’écriture d’un enfant, est d’un coup devenu évident pour le sujet du film.

C'est donc par l'erreur de son fils que Maïwenn a trouvé le titre de son troisième long-métrage. Un heureux hasard tant cette écriture marque les esprits et offre au film une singularité avant même ses premières scènes.

Quelle suite après Polisse ?

Si Polisse fut un énorme succès pour Maïwenn, elle a pris un peu de temps avant de repasser derrière la caméra et pour un projet encore plus intimiste. C'est quatre ans après, en 2015, que sort Mon roi, qui met en scène Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot dans une relation passionnelle et destructrice. Puis, cinq ans après, revoilà Maïwenn devant et derrière la caméra avec ADN, sorti le 28 octobre 2020, quelques jours avant que le reconfinement n'oblige les salles à fermer à nouveau.

 

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