Sandrine Bonnaire : "Un film doit nous éduquer ou créer des émotions"

Une des premières actrices de cinéma à tourner pour la télévision française

Sandrine Bonnaire : "Un film doit nous éduquer ou créer des émotions"

Sandrine Bonnaire est la présidente du jury du Festival de fiction TV de La Rochelle, qui se déroule du 13 au 18 septembre 2022. Elle nous a parlé avec enthousiasme de son rôle de présidente de jury, de ses goûts en matière de télévision, de ses projets de réalisation mais aussi de sa structure de production.

Sandrine Bonnaire prend à cœur son rôle de présidente du jury

Pour l'édition 2022 du Festival de la fiction TV de La Rochelle, Sandrine Bonnaire succède à Guillaume de Tonquédec et endosse le rôle de présidente du jury. Comédienne, scénariste, mais également réalisatrice, c'est elle qui jugera les nombreuses fictions en compétition. Rencontre.

Son rôle de présidente :

Je suis honorée d’être pour la première fois présidente d’un jury de télévision. Cela me plaît beaucoup de découvrir des films que je ne verrais pas forcément dans la vie, parce que je n’ai pas toujours le temps. Je trouve enrichissant de découvrir des auteurs, des acteurs, des formes de travail. En tant que présidente, je pense qu’on a une responsabilité quand on récompense certaines œuvres.

Sandrine Bonnaire
Sandrine Bonnaire © DR

Pour avoir déjà été présidente de jury, je pense qu’il y a des évidences, des films qui s’inscrivent vraiment, mais ça devient compliqué et douloureux de choisir parmi de belles choses proposées, et je pense que ça va être le cas. Mais une présidence c’est avant tout la démocratie. On va faire des rendez-vous pour déjà éliminer les fictions que l’on n’aime pas car sans se voiler la face, il y a dans toutes les sélections des films auxquels on n’est pas sensible. Mais il faut aussi tenir compte du temps de gestation des films qui font leur chemin en nous.

Ce qu’elle aime dans une œuvre de fiction :

L’utilité d’un film, à la télévision ou au cinéma, ou d’une série, au-delà du divertissement, c’est de nous éduquer ou créer des émotions, de l’ordre du rire ou des pleurs. Je m’attacherai avec les membres du jury au fond du sujet, mais aussi à sa forme, l’écriture, la mise en scène. Sans avoir un côté moraliste, je trouve que certains programmes proposés pensent souvent trop à la place des spectateurs, et ne leur font pas assez confiance. Quand on essaie de trop racoler ou de trop séduire, le résultat est trop formaté. Je ne suis absolument pas sensible à ces formes de création, elles me mettent même en colère.

L’importance des récompenses qu’elle a reçues en tant qu’actrice :

Il ne faut pas faire ce métier en attente de ça mais c’est toujours gratifiant et honorifique de recevoir un prix. Les récompenses sont utiles pour les œuvres parce qu’elles permettent de les mettre en lumière, même si c’est parfois à double tranchant.

À propos de ses choix de rôles, de l’équilibre entre cinéma populaire et cinéma d’auteur :

J’ai été une des premières actrices en 1996 à faire de la télévision avec la série Une femme en blanc, qui a eu un énorme succès sur France 2. Alors qu’à l’époque il y avait un snobisme de la part du cinéma. On considérait la télévision moins qualitative. On me demandait si je faisais une série parce que j’avais besoin d’argent ! Aujourd’hui, ça ne veut plus rien dire et je fais encore de la télévision (NDLR : elle sera dans Les Combattantes présenté hors sélection au festival fiction).

Les Combattantes
Les Combattantes ©TF1

Sur le registre de comédie ou de comédie romantique dans lequel on l’a peu vue :

J’ai l’air d’être une actrice intello mais pas du tout, j’adore la comédie, comme Le Père Noël est une ordure, Les Compères, Dany Boon, Franck Dubosc. J’adore l’humour belge, Kervern, Delepine, Benoit Mariage. Mais c’est un vrai paradoxe pour moi, car on dit que je fais des films sombres et on n’arrête pas de me parler de mon sourire. Ce n’est pas que je veux absolument faire des comédies, je fonctionne plus aux beaux rôles qu’on me propose. J’ai déjà refusé certaines comédies, je n’avais pas envie de me voir dedans ni d’aller les voir. C’est surtout l’écriture qui doit être drôle dans la comédie, les acteurs sont là pour exécuter des rôles.

Ses projets de réalisation :

Pour la télévision, je vais réaliser une mini-série dans laquelle je vais jouer, avec ma fille aînée Jeanne qui sera moi jeune. C’est une adaptation du livre Les Dessous des chandelles de Valérie Hervo, produit par Fabienne Servan-Schreiber. Pour le cinéma, je vais réaliser Le Bruit du silence, que je coécris avec une scénariste belge, sur les naissances sous X, et qui sera produit par Dominique Besnehard. Je souhaite aussi refaire un documentaire.

Sa structure de production :

Avec ma fille Jeanne, nous avons créé A nos amours Productions, société de production pour les formats courts métrages. Ce n’est pas tant de produire nos propres projets mais de produire et accompagner des jeunes auteurs et de faire découvrir des talents. Jeanne vient d’ailleurs de terminer un court-métrage.

Les prix décidés par le jury et sa présidente seront annoncés samedi 17 septembre au Festival de la fiction TV de La Rochelle.

 

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