THE CHRONOLOGY OF WATER vu à Cannes 2025 : le premier film de Kristen Stewart

Présenté dans la section Un Certain Regard, THE CHRONOLOGY OF WATER marque les débuts de Kristen Stewart en tant que réalisatrice de long-métrage. Adapté du texte autobiographique de Lidia Yuknavitch, le film suit le parcours chaotique d’une femme blessée, en quête de repères entre les éclats de la mémoire, du sexe, et du deuil. Une œuvre fragmentée, physique, dérangeante et pleine de rage contenue.

Kristen Stewart ne cherche pas la facilité pour sa première réalisation. Elle filme une trajectoire cabossée à hauteur de sensation, refusant tout récit linéaire. Imogen Poots incarne une femme qui tente de se reconstruire après une enfance traumatique, la perte d’un enfant, et l’échec de toutes les normes sociales imposées à son corps. Le film est habité par le mouvement, la nage, les corps nus, les cris étouffés, et la mer comme unique refuge possible. Il ne s’agit pas d’un récit à comprendre, mais à traverser. Stewart emprunte une grammaire sensorielle, multipliant les ellipses, les ralentis, les fragments de souvenirs éclatés. L’image est souvent saturée, presque éblouissante, et le son laisse entendre plus de douleur que de parole. C’est un film qui dérange, parce qu’il ne guide pas. Il laisse son héroïne errer dans une temporalité flottante, où les repères sont brouillés. Une proposition radicale, imparfaite, mais habitée par une vraie vision.