Top Gun Maverick : l'introduction du film a failli être "déprimante"

"Top Gun : Maverick", tel un aigle royal, plane majestueusement sur le box-office et aligne les records. Une suite au film culte de 1986 qui ravit le public, enchaînant à un rythme effréné des séquences spectaculaires et déployant encore plus loin le mythe Tom Cruise. Mais il s'en est fallu de peu que l'introduction de "Top Gun : Maverick" soit très différente, et potentiellement "déprimante"...

L'ivresse de la vitesse et des records

Sorti le 27 mai 2022 aux États-Unis, Top Gun : Maverick n'en finit plus de ravir les spectateurs, qui se sont rendus en nombre dans les salles obscures. Sur le territoire nord-américain, au soir du 6 juin, la suite de Top Gun a dépassé la barre symbolique des 300 millions de dollars de recettes, devenant le plus grand succès domestique de Tom Cruise. Au box-office global, il a pour le moment accumulé plus de 550 millions de dollars de recettes.

Un succès financier qui va de pair avec des critiques élogieuses, mettant en avant la qualité unique des séquences d'action du film et l'émotion générée par la quête d'immortalité de sa superstar. Presque parfait, Top Gun : Maverick aurait cependant pu rater son décollage, avec une séquence d'ouverture différente.

Une séquence plus intime et confuse

Dès les premières images de Top Gun : Maverick, le mythe Maverick construit par Top Gun est mis à l'honneur et un hommage est rendu à son réalisateur, le regretté Tony Scott. En effet, c'est un hommage et une séquence-miroir fidèle à l'ouverture du film de 1986, avec des décollages et des appontages sur le pont d'envol d'un porte-avions, sur le thème musical de Harold Faltermeyer suivi de Danger Zone de Kenny Logins.

Comme le raconte chez Variety le monteur Eddie Hamilton, collaborateur proche de Tom Cruise puisqu'il est aussi à l'oeuvre sur les deux derniers et les deux prochains Mission : Impossible, une autre option a été envisagée.

À un moment, on quitte le pont d'envol pour passer en-dessous. On y voit alors Maverick contempler la mer et dire "Parle-moi, Goose". D'une certaine manière, on rattrapait le début du troisième acte.

Mais ça avait quelque chose de déprimant, et on a finalement estimé que c'était un peu trop confus, parce que les réactions étaient : "Attendez, c'est un flashback ? Qu'est-ce que c'est ?"

Alors on s'en est débarrassés pour faire un magnifique fondu au noir sur ce beau plan plan aérien du porte-avions, puis arriver sur Maverick. On attend un petit moment puis on rouvre sur Maverick.

Le bon choix de montage final

La décision de garder la séquence-miroir puis de passer directement au temps présent de Maverick, dans son hangar avant de partir pour son vol d'essai, est la bonne, parce qu'elle refait en l'actualisant la présentation du personnage. Dans le premier film, on enchaîne avec l'ouverture sur Maverick qui vient en aide à son co-équipier Cougar, tétanisé, en dépit de l'ordre de retour donné par son commandant. Dans Top Gun : Maverick, il est toujours aussi rebelle, aussi tête brûlée, puisqu'il effectue son vol d'essai alors que l'amiral Cain (Ed Harris) arrive pour interrompre le programme. Ainsi, il aide de nouveau son équipe en atteignant l'objectif de Mach 10 et en maintenant de fait le programme en vie.

La ligne "Parle-moi, Goose", reviendra à plusieurs moments dans le film, dans une narration linéaire et aux bons moments pour que cet enjeu personnel - le deuil de Goose - soit central sans écraser les autres enjeux du film.

https://www.youtube.com/watch?v=Y3RSkiZFmG8